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romain, serait contente qu'on lui donnât satisfaction. Nous désirons lui donner le plus promptement possible cette consolation : nous ne voulons négliger aucun moyen pour aider les âmes à avancer dans la vie chrétienne. En conséquence, nous avons jugé ne pas devoir attendre notre retour à Milan pour décider cette affaire. Nous vous accordons la faculté, et nous vous ordonnons, d'établir le rite romain pour les offices du chœur, l'administration des sacrements, soit à l'intérieur, soit au dehors de l'église, et en tout le reste. Usez en cela d'une grande diligence. Rien ne se devra plus faire selon le rite patriarcal. Vous ne vous servirez plus des rituels écrits à la main ; mais jusqu'à ce que le rituel qui doit se publier à Rome soit paru, vous vous servirez de celui imprimé à Brescia ou à Bologne (I). »
Un des premiers résultats de cette mesure, ce fut la démission de l'archiprêtre de Monza. Le 31 octobre, il écrivait en ces termes à l'archevêque: «J'ai communiqué, aussitôt sa réception, votre lettre du 16 octobre aux seigneurs procureurs de cette terre; je leur ai dit tout le fruit chrétien que Votre Seigneurie Illustrissime espérait de cette mesure pour lésâmes. Ils montrèrent une grande joie, un grand contentement et ils exprimèrent toute leur reconnaissance pour Votre Seigneurie. Je les priai de ne faire à cette occasion aucune manifestation publique, mais plutôt de tourner leur allégresse vers le Seigneur, par des œuvres de pénitence, de conversion et par des louanges spirituelles.... Je pourrais en écrire plus long à Votre Seigneurie ; mais j'irai lundi lui offrir mes hommages et je lui racon-
I. V. Memorie storiche di Monza e sua corte, par le chanoine Francesco Frisi — 1 vol. Milano 1794.
ïle rite amfctosten.
terai de vive voix tout ce qui sera nécessaire. Pour moi, Mgr Illustrissime, je n'ai plus l'espérance de pouvoir faire quelque bien au milieu de ces âmes (je parle du peuple) ; on a mis entre elles et moi un sujet de discorde: on a prétendu que j'avais accepté ce béni archiprêtré à la condition, imposée par Votre Seigneurie Illustrissime, d'être ambrosien. Quelques-uns pour ce motif ne me voient pas volontiers : s'il paraissait bon à Votre Seigneurie de me décharger de ce poste dont je n'attends plus aucun bien, j'en serais heureux (I). »
A Monza on avait voulu s'affranchir du rit ambrosien, moins par amour de la liturgie romaine que dans l'espérance de conserver la liberté de ne suivre aucun de ces deux rites. Cette espérance ne fut pas de longue durée. Le cardinal Borromée n'était pas homme à négliger son devoir ; il apporta pour le maintien de la liturgie romaine à Monza, la même énergie qu'il déployait pour la conservation et le respect des rites ambrosiens là où ils étaient en vigueur. Une de ses lettres adressée à l'archiprêtre de Monza fournit la preuve de l'obstination des Monzéens à vouloir suivre dans le chant et les cérémonies le rite patriarcal; mais S. Charles ordonna d'observer exactement le romain en tout (2).
Dès ce jour, on peut dire que les habitants de Monza entrèrent en lutte ouverte avec leur archevêque; le saint ne veut rétablir dans cette ville que deux monastères et ils en veulent quatre. L'année suivante, ils se révoltent contre ses édits, envoient de nouveau des ambassadeurs au pape pour se plaindre, ils se