‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 144 sur 169 · Chapitre trentc^quatnème · texte numérisé non relu

Chapitre trentc^quatnème

maître des cérémonies et d'autres prêtres que l'archevêque, président de droit, pourrait désigner.

On lui reprochait à Rome d'être contraire à tout ce qui était pratiqué dans l'Eglise romaine et, peut-être, jamais aucun évêque n'a plus souvent que lui recouru à Rome, aux congrégations romaines, pour obtenir une solution aux difficultés qu'il rencontrait, une ligne de conduite dans ses doutes et réclamer des pouvoirs quand il croyait les siens insuffisants pour trancher les questions et mener à bonne fin ses entreprises. Pour être convaincu de cette vérité, il suffit de parcourir les riches archives de l'archevêché de Milan : on y trouvera un nombre incalculable de réponses émanant des congrégations romaines.

Il avait à cœur tout ce qui regarde le culte divin; il fit tout ce qu'il put pour contribuer à en rehausser l'éclat et la majesté ; mais il ne voulait rien laisser à l'arbitraire, en fait decérémonies et d'usages liturgiques. Il craignait de s'écarter des règles établies par l'Eglise; il s'informait partout, auprès des évêques les plus renommés par leur zèle, pour savoir comment ils appliquaient les règles liturgiques et la manière dont ils célébraient les offices divins. Les réponses du cardinal Paleotti, qui fut archevêque de Bologne, les consultations adressées aux cardinaux Sirletti, de Sainte-Séverine, Simonetta, à Speciano, à Galesini et à tant d'autres, conservées dans les archives de Milan, prouvent qu'il ne trouvait rien de petit ou d'inutile quand il s'agissait des cérémonies saintes.

Dans les règles qu'il donna aux Oblats, institués par lui pour être l'exemple et comme le miroir de tout le clergé diocésain, il recommande très chaleureuse-

le rite ambrosien.

ment l'étude et l'observance des rites et des cérémonies. Il veut que dans ses séminaires les clercs en soient parfaitement instruits. Il établit dans son église cathédrale une prébende en faveur d'un maître des cérémonies, il décrète que chaque paroisse de son diocèse aura un maître de cette sorte. Le culte extérieur, à cause du Dieu auquel il se rapporte et du bien qu'il peut produire dans les âmes, lui parut toujours digne de toute sa sollicitude.

Le mort vint l'enlever avant qu'il eût pu achever son œuvre entière. En 1574, il fit publier le premier ouvrage qui ait rapport à ce sujet. Camille Perego, notaire de la métropole, fut chargé de le composer, il a pour titre:Théorie et pratique du plain-chant etc. Il comprend beaucoup d'autres questions appartenant au rite ambrosien.

En 1579, il publia les instruc tions du cérémonial et du rituel pour la célébration de la messe, puis le livre des litanies majeures du jour de saint Marc et pour les jours solennels des Tridiii, selon le rite ambrosien.

En 1582, il publia le bréviaire ambrosien avec les rubriques. Il ne restait plus à publier à sa mort que le missel et le rituel dont la correction était très avancée.

Henri III, roi de Pologne, traverse le nord de l'Italie, pour aller occuper le trône de France vacant par la mort de Charles IX. — Saint Charles va le visiter. — Leur entrevue à Monza. — Le saint fait lui-même le récit de leur rencontre. — Portrait qu'il fait de ce prince et du duc de Nevers. — Guérison d'une possédée du démon. — Etat religieux de la France. — Intérêt de Charles pour ce royaume. — Son désir d'y voir promulguer le concile de Trente. — Le nonce Salviati et les évêques de la cour. — Le nonce Castelli se plaint des évêques de France. — Son découragement. — Saint Charles relève son courage. — Influence du cardinal Borromée sur les cardinaux français et en particulier sur le cardinal de Bourbon. — Belle action de ce prince de l'Église. — Le cardinal de Vaudemont demande des conseils à saint Charles. — Réponse du saint. — Portrait d'un bon cardinal. — La visite pastorale du diocèse. — Le nonce Castelli presse la Cour de publier le concile de Trente. — Inutilité de ses efforts. — <i Les prélats font tout le mal. » — Le pape désire que saint Charles écrive à Henri III. — Réponse du saint. — Sa lettre au roi de France. — Le duc de Joyeuse à Milan. — Ses entretiens avec saint Charles. — Guérison de la duchesse de Joyeuse et le vœu à Notre-Dame de Lorette. — Saint Charles écrit au duc pour lui rappeler l'obligation qu'il a de s'employer pour la cause de Dieu et de l'Église. — Relations du cardinal de Joyeuse avec le saint. — Saint Charles exhorte les évêques de France à observer, en leur particulier et dans leurs diocèses, les décrets du concile de Trente. — Les conseils au nonce successeur de Mgr Castelli. — L'étole de saint Charles et cor Galliœ exultans.

,HARLES IX venait de descendre dans la tombe : il n'avait eu d'autre politique que celle de sa mère. L'histoire peut lui reprocher d'avoir répondu aux sanglantes provocations des calvinistes par des représailles du même

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genre. Il ne laissait point d'enfants :1e sceptre, en passant aux mains de son frère Henri d'Anjou, serait toujours tenu par Catherine de Médicis et la France pouvait encore redouter des jours troublés et néfastes.

Les victoires de Jarnac et'de Moncontour avaient conduit le prince d'Anjou sur le trône de Pologne. A la nouvelle de la mort du roi de France, les Polonais, contents de son gouvernement, voulaient le retenir au milieu d'eux, ils crurent même avoir pris des mesures suffisantes pour empêcher son départ ; mais Henri, désireux de recueillir l'incomparable succession de Charles IX, trompa la vigilance de ses gardiens, s'évada de Cracovie et prit le chemin de l'Italie pour rentrer en France. Il ne se pressa pas, toutefois, d'arriver en son nouveau royaume, il voyagea à petites journées, savourant à longs traits les plaisirs et les agréments que lui offraient l'Italie et les provinces qu'il traversait.

Il faut revenir sur nos pas, pour raconter comment saint Charles eut occasion d'entretenir ce monarque. Lorsque le cardinal Borromée eut appris qu'il devait s'arrêter dans son diocèse, il résolut de le visiter. C'était moins le désir de lui rendre hommage, qui le portait à cette démarche, que l'espoir de l'exciter par ses entretiens à combattre vaillamment les hérétiques, qui avaient couvert l'Eglise de France de ruines et de scandales. Cette visite paraissait naturelle : le légat du saint père, le cardinal de Saint-Sixte avait salué le monarque à Ferrare, mais la maladie l'ayant contraint de s'arrêter à Bologne, sans pouvoir remplir jusqu'à la fin sa mission, le cardinal Borromée y suppléa par sa présence. Occupé à la visite pastorale, il chargea un de ses gentilshommes d'aller saluer le prince, en son

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