‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 150 sur 169 · Chapitre ttente^cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre ttente^cinquième

au temps opportun. » Dans une autre circonstance, il l'engage à la constance: «Vous apprendrez, dit-il, du jugement même des hommes, qu'il faut toujours avoir la même fermeté d'esprit et la même sainteté de vie ; si les mondains détestent dans leur propre conduite l'égalité et la constance de la vie, ils louent et ils admirent ces qualités dans les autres (J). »

Le saint était autorisé à donner ces conseils ; nul peut-être ne témoigna plus que lui, la même constance dans la poursuite de ses desseins et la même égalité d'humeur dans toutes les extrémités de sa vie épiscopale, tourmentée et agitée de tant de manières différentes. Depuis longtemps, il poursuivait vis-à-vis de la France, avec une sainte opiniâtreté, le même but et Castelli pouvait lui-même dès maintenant recueillir les fruits de cette action. Il nous faut remonter plus haut pour embrasser toutes les démarches du saint, dans leur ensemble. Nous l'avons vu s'adresser d'abord au monarque ; il ne négligera pas de le faire de nouveau pour atteindre son but ; ce n'était pas assez pour son zèle : il mit à profit toutes les circonstances que la providence lui envoyait, toutes les relations qu'elle lui avait ménagées, pour arriver à ses fins.

Charles connaissait le cardinal de Bourbon, archevêque de Rouen, et il exerça une heureuse influence sur ce prince, que sa naissance plaçait au premier rang dans l'État. En 1562, pour être agréable à la cour et- dans l'espérance aussi d'obtenir de meilleurs résultats, Pie IV avait songé à confier à ce cardinal la légation d'Avignon. Les menées des hérétiques menaçaient la foi de cette province, il fallait

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