V. Oltrocchi, p. 981, note a, vers la fin
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à sa tête un homme énergique et expérimenté. Le souverain pontife, sur le conseil de plusieurs cardinaux, renonça à ce projet. Le cardinal Borromée, alors secrétaire d'Etat, annonce au cardinal d'Esté, légat du pape près de la Cour de France, le changement survenu dans les desseins du souverain pontife et il en donne les motifs suivants : « Le pape était vraiment disposé à nommer le cardinal de Bourbon à Avignon ; mais après avoir pris conseil et considérant la faiblesse de caractère dudit cardinal, qui a laissé envahir son diocèse de Rouen par l'hérésie, il craignit qu'il ne sût pas l'extirper d'Avignon (*). » Le cardinal était frère du prince de Condé, qui s'était fait le chef armé des huguenots, et du roi de Navarre dont la foi était vacillante ; ces liens de parenté, aux yeux de quelques membres du sacré collège, étaient loin d'offrir des garanties suffisantes de vigueur et d'incorruptibilité. Ce manque d'énergie, toujours regrettable dans un prince de l'Eglise, va disparaître sous l'influence des lettres et des exemples du cardinal Borromée. Cette influence est si réelle et si volontiers acceptée, que le cardinal de Sens écrit à saint Charles : « Le cardinal de Bourbon fait de vous un si grand cas, il a une telle vénération pour votre personne, qu'il est disposé à accepter tout ce que vous lui écrirez, comme venant d'un autre Ambroise (2). »
Le saint savait que cette faiblesse de caractère chez le cardinal venait plutôt de la nature que du manque de foi, il l'excitait à ne rien craindre : « Embrassez, lui
1. Lettre du 10 février 1562. — Archives secrètes du St-Siege : Nonciature d'Espagne, tom. IV.