‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 152 sur 169 · V. Oltrocchi, p. 833, noter · texte numérisé non relu

V. Oltrocchi, p. 833, noter

Cïmpitre trente=cinqutème.

disait-il, la cause de la religion et de la piété ou plutôt, après l'avoir embrassée avec foi, soutenez-la et défendez-la avec une grande constance. Persuadez-vous bien qu'il n'y a rien à craindre. En effet, Dieu vous assistera par sa puissante présence et il vous donnera les forces nécessaires pour défendre sa cause. N'est-il pas dit dans les livres saints : Cette guerre ri est pas la vôtre mais celle de Dieu /En conséquence : Ce ne sera pas vous qui combattrez ; demerirez seulement confiants et vous verrez le secours de Dieu (*). »

Le nonce Salviati raconte comment le cardinal de Bourbon suivit les conseils du saint. Nous sommes en l'année 1576 : Henri III, fidèle à sa politique de bascule, se montre à cette heure favorable aux huguenots. Le cardinal de Bourbon, plus soucieux de remplir son devoir envers l'Église, sa mère, que de plaire au monarque, défend aux hérétiques de prêcher dans sa ville de Rouen. Le roi, fort irrité, ordonne au cardinal de venir à Paris, puis il fait publier à son de trompe, dans toute la ville de Rouen, qu'il entend que personne n'ose à l'avenir interdire le prêche des huguenots. L'ordonnance royale s'appuie sur des motifs assez bizarres : le roi ne veut pas qu'on trouble la paix du royaume, comme si les protestants n'avaient pas euxmêmes été les fauteurs du désordre, en venant au sein d'un état catholique disséminer leurs erreurs et leurs

Le cardinal de Bourbon ne se tient pas pour obligé par cet édit. Avant de se rendre à Paris, à l'appel du roi, il apprend que les huguenots ont résolu de faire le prêche dans un jardin. Aussitôt, il leur ordonne de

r. Oltrocchi,

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s'abstenir, espérant que, pendant son séjour à Rouen, ils ne manqueront pas au respect qu'on doit à un archevêque et à un prince du sang ; s'ils agissaient autrement, lui-même ferait l'office qui convient à un pasteur décidé à veiller sur son troupeau. Les huguenots se montrèrent honteux de leur hardiesse, ils témoignèrent hypocritement de leur désir d'obéir au prélat. Ils agirent néanmoins d'une façon toute contraire. Averti de cette conduite, le cardinal prend aussitôt son rochet et sa mozette et, précédé de la croix épiscopale, il se dirige vers le lieu de leur réunion. La demeure de l'archevêque en était assez éloignée ; avant qu'il y fût arrivé, le bruit de sa marche s'était répandu dans la cité et le peuple, dit le nonce, qui est presque tout entier catholique, se leva pour l'escorter, en disant que l'archevêque allait délivrer la ville des traîtres. A son entrée au lieu de la réunion, il avait plusieurs milliers de personnes à sa suite ; à la vue de la croix archiépiscopale, le ministre qui prêchait prit la fuite. Les auditeurs restèrent tout étourdis : les uns se cachaient, les autres se mettaient à genoux, en demandant pardon à l'archevêque, Le cardinal les rassura tous avec bonté et charité, leur adressa un petit discours qui les émut profondément, et un grand nombre, à la joie de toute la cité, revinrent à la foi. Dans la ville, on fit courir le bruit que le démon avait enlevé le ministre des huguenots, à l'arrivée de l'archevêque. La foule présente au prêche se composait de deux cent cinquante huguenots, parmi lesquels on compta cent Anglais tout récemment arrivés de Londres, pour donner courage aux Français.

A la suite de ce fait, le cardinal de Bourbon fut

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