Lettre publiée par Boi'ERO
^atnt Cjmrles et les princes ne r€urope, 409
les yeux fixés sur celui qui est le chef de la guerre, le maître de la paix, notre refuge dans le malheur, notre force dans la prospérité : vous vaincrez en ce signe et c'est à ses pieds que vous devez mettre les dépouilles des ennemis et les trophées de la victoire (I). »
Si le pieux archevêque de Milan honorait les princes dans tout l'éclat de leur puissance et de leur autorité ; si, sous les paroles de louange et d'admiration, il faisait toujours monter jusqu'à leur trône des leçons capables de les rappeler à l'accomplissement de leurs devoirs ou d'exciter leur zèle pour la défense de l'Église il savait également les assister dans leurs infortunes et trouver des paroles égales à leurs douleurs et conformes à leur dignité. Une femme, que ses malheurs ont rendue encore plus illustre que sa dignité, Marie Stuart, a connu l'efficacité de la prière et des consolations du saint archevêque de Milan. Epouse de François II, roi de France, restée veuve après dix-huit mois de mariage, elle avait repris le chemin de l'Ecosse son pays pour y exercer son autorité de reine. Là, Marie Stuart, jeune et belle, voulut épouser son cousin, le beau et jeune Henri Darnley. A l'occasion de ce mariage, elle échangea une correspondance avec le cardinal Borromée alors secrétaire d'État. Nous avons trouvé à la bibliothèque ambrosienne la réponse du saint. Il la loue de sa prudence et de sa piété dans le gouvernement de son royaume ; il en espère des fruits abondants et il se réjouit de son attachement à la foi catholique. « Le Saint- Père, lui dit-il, vous approuve autant qu'il vous veut du bien. Aussi il