Chapitre trcnte^irième
si heureux de ces témoignages d'affection que, dans sa réponse, il déclarait ne pouvoir trouver d'expressions capables de donner une idée exacte de sa reconnaissance, il suppliait l'archevêque de continuer auprès de lui ce bienveillant et charitable office. « Je l'avoue candidement, ajoutait-il, j'ai très grand besoin de votre direction et de me mettre sous vos auspices : je désire surtout porter dignement le lourd fardeau du gouvernement des peuples, placé sur mes épaules, comme le dit très bien Votre Seigneurie, avec l'obligation de procurer l'honneur et la gloire de Dieu, autant que cela est possible. Je le comprends très bien : si la grâce divine vient à mon aide, je ne cours aucun risque de faillir ; vos prières et vos avis surtout m'aideront puissamment à l'obtenir ([). »
Une véritable amitié s'établit entre ces deux âmes enflammées d'un égal désir de travailler à la gloire de Dieu et de contribuer au salut des âmes. Deux ans plus tard, le saint se trouvait à Rome et Charles-Emmanuel lui demanda une faveur. « Je ferai d'autant plus volontiers ce que me demande Votre Altesse, répond le cardinal, que jamais, dans aucun temps, je ne puis, ni ne dois rien vous refuser. »
En 1583, le duc fut atteint d'une grave et dangereuse maladie. A cette nouvelle, l'archevêque de Milan quitte sa ville épiscopale et se rend à Verceil où se trouvait l'auguste malade. Il désirait si vivement apporter au duc quelque soulagement par sa présence, qu'il marcha une nuit et un jour, sans prendre aucun repos. Il arriva le matin du 3 septembre à Novarre où