‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 166 sur 169 · Lettre du 16 décembre 1580. — V. OLTROCCHi, p. 568, note · texte numérisé non relu

Lettre du 16 décembre 1580. — V. OLTROCCHi, p. 568, note

battit Charles et les princes ne roEurope. 415

il s'arrêta. Malgré la fatigue de la nuit, passée à cheval, il ne voulut pas se priver de célébrer les saints mystères ; les habitants de la ville l'ayant su, accoururent presque tous pour le voir. L'évêque de Novarre s'opposa à ce qu'il continuât la route à cheval, il lui offrit sa voiture, mais ce fut l'occasion d'un retard. Par suite du mauvais état des routes, la voiture versa et le cardinal fut jeté, au milieu du chemin, dans la boue. Cet accident impressionna vivement tous ceux qui l'accompagnaient ; au milieu du trouble de ses gens, il conservait son calme habituel et, loin de s'occuper de l'état dans lequel cette chute l'avait mis, il s'informait de tous les siens, ne pensait qu'à leur propre disgrâce. Ses habits étaient souillés et son chapeau couvert d'une boue si épaisse, qu'il fallut le mettre sécher au soleil pour la faire disparaître. On se remit en route ; afin d'éviter de nouveaux malheurs, un homme de la campagne, animé de la plus grande vénération pour le cardinal, se mit à la tête des chevaux : malgré l'opposition de l'archevêque, il les conduisait par la bride, en courant avec une merveilleuse rapidité. Quand le char, par suite de l'inégalité de la route, allait perdre l'équilibre, notre homme le retenait de ses épaules, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et avec une telle dextérité que les voyageurs en étaient étonnés. Le cardinal voyait avec peine les fatigues qu'il s'imposait ; il l'avait prié, supplié de s'abstenir ; voyant toutes ses prières inutiles, il lui commanda de cesser ce pénible manège. Notre homme, consterné d'un pareil ordre, s'arrêta, se jeta aux genoux du cardinal, en s'écriant : « Illustrissime, souffrez, du moins, que je vous suive, je vous vénère comme un saint ! »

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