‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 18 sur 169 · Chapitre tringt*Dcurième · texte numérisé non relu

Chapitre tringt*Dcurième

Le prévôt de l'église de Sainte- Marie délia Scala avait, dès le mois de septembre, demandé à l'archevêque pardon de sa révolte et l'absolution de ses censures. C'était le moins coupable ; le cardinal députa son vicaire Castelli pour recevoir sa rétractation, à la porte de l'église de Saint-Fidèle, et lui donner l'absolution. Les autres chanoines, promoteurs de la révolte, se montrèrent plus obstinés, ils refusèrent de faire acte de soumission et ils continuèrent à célébrer l'office canonial, comme s'ils n'avaient encouru aucune censure. L'un des chefs, Antoine Calabrese, était allé à Rome pour répondre de ses actes devant le Souverain pontife ; là, pris d'un mal subit, il avait été absous in extremis, sous la promesse de se constituer de nouveau prisonnier, s'il revenait à la santé, mais le mal s'aggrava et peu après il paraissait devant le tribunal de Dieu. La nouvelle de cette mort si inattendue ébranla un peu les chanoines de la Scala. Ils résistaient encore cependant. Le pape résolu de procéder contre eux, selon les règles établies par les constitutions de Boniface VIII, leur fait connaître ses intentions. Les moindres punitions étaient la taxe d'infamie et la privation de leurs bénéfices. Cette dernière menace agit sur leur esprit, d'autant plus puissamment qu'ils venaient d'acquérir la certitude que le roi ferait exécuter la sentence du pape : ils firent des propositions de soumission. Le cardinal, aussi tendre envers les coupables repentants qu'inflexible dans la défense des droits de l'Eglise, intervint entre le pape et les chanoines : il obtint que la cause serait entièrement remise entre ses mains.

Le dimanche, 5 février 1570, les chanoines de la

Châtiments et IRepentirs.

Scala se présentaient à la porte de leglise cathédrale de Milan, confessaient publiquement leur faute et en demandaient humblement pardon. Conduits vers le maître autel où l'archevêque les attendait, ils se prosternèrent en sa présence et, à genoux, ils déplorèrent de nouveau leur révolte, ils reconnurent la juridiction du prélat et, leurs mains dans les siennes, ils lui promirent une obéissance absolue. Le cardinal, plein d'une majesté à laquelle la joie de son âme ajoutait une expression d'ineffable mansuétude, se leva de son trône et adressa la parole à ses enfants coupables : « Ego szim frater vester, je suis votre frère, » leur dit-il. Jamais son cœur d'évêque ne trouva des accents plus paternels, empreints d'une plus douce allégresse. La bonté ne doit jamais dégénérer en faiblesse : le saint, pour l'exemple et pour maintenir les chanoines dans une soumission salutaire, leur imposa une pénitence solennelle. Il les obligea à venir chaque année, pendant dix ans, à la cathédrale, le jour de la Nativité de la sainte Vierge, fête patronale, à l'heure de la messe pontificale, afin d'y renouveler publiquement leur acte de soumission entre les mains de l'archevêque de Milan.

Pie V, en approuvant cette sentence, avait fait des réserves contre les plus coupables ; il ne voulait pas qu'on redonnât leur canonicat à ceux qui avaient appelé les laïques armés, avaient aidé à fermer les portes et avaient continué à célébrer l'office, malgré l'interdit épiscopal. L'archevêque implora de nouveau la clémence du pontife et il obtint qu'ils seraient seulement condamnés à une amende destinée à la reconstruction de la coupole de l'église de Saint-Ambroise.

La sentence rendue, les chanoines de la Scala

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