Chapitre tring;i>t)curièmc
en le dénonçant dans l'espérance de pouvoir ainsi échapper lui-même à toute punition, révéla le lieu de sa résidence. Farina fut redemandé au duc de Savoie et emprisonné avec ses complices : ils furent tous condamnés à mort et exécutés le n août 1570, sur la place de St-Étienne in Broglio; les prières du saint archevêque n'avaient pu fléchir le gouverneur. Condamné comme parricide, Farina eut la main droite tranchée, au moment où, conduit au lieu du supplice, il passait devant l'archevêché. Les coupables acceptèrent cette punition comme un juste châtiment de leur crime et publiquement, sur le lieu même du supplice, ils exprimèrent leur repentir. Nassino fut condamné seulement à cinq ans de galères, parce qu'il était moins coupable et qu'il avait fait les premières révélations ; il fut bientôt remis en liberté, grâce à l'intervention de saint Charles.
La justice humaine avait fait son œuvre, Dieu allait faire la sienne. Un ordre religieux, déchu à ce point de sa ferveur primitive, n'avait plus de raison d'être. La piété et l'énergie du nouveau supérieur général ne le pouvaient protéger. Ses efforts étaient demeurés inutiles et impuissants, en présence d'une obstination invincible et d'une opposition constante à toute sage réforme. Pie V résolut de le supprimer.
A cette nouvelle, les religieux restés fidèles s'émurent, leur général résolut d'aller à Rome dans l'espoir de fléchir le saint père. Le cardinal Borromée le recommanda à Pie V et intercéda une dernière fois en leur faveur. « Le général des Humiliés, écrit-il, a pris la résolution d'aller se prosterner aux pieds de Votre Sainteté, malgré son grand âge et les continuelles
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indispositions qui aggravent encore son état. Il m'a prié de lui donner une lettre et je le fais volontiers, m'y sentant obligé comme protecteur de cet ordre religieux. Très Saint Père, je ne dirai pas autre chose à Votre Sainteté que ce qu'elle a pu déjà, ces jours passés, apprendre par Msrde Padoue, touchant le mode qui me paraissait le plus propre à conserver cette congrégation : ce serait de la renouveler entièrement sans faire fond sur les religieux qui la composent actuellement, à l'exception de quelques-uns. J'ajouterai que le général susdit et le prévôt de Verceil qui l'accompagne sont les meilleurs membres de cette congrégation ; ils méritent d'être connus de Votre Sainteté et d'être accueillis avec bonté (x). »
La visite du général des Humiliés était trop tardive, il ne put rien obtenir, la décision du pape était prise et, par une bulle du 7 février 1 5 7 1, il déclara l'ordre des Humiliés supprimé, ses couvents, au nombre de cent, fermés (2) ; il assigna aux religieux la pension nécessaire pour leur nourriture et leurs vêtements ; il se réserva le droit de distribuer leurs commandes.
La suppression des Humiliés était une perte pour le diocèse et la ville de Milan et saint Charles songea à rendre cette perte moins sensible; il envoya M.S1 Speciano à Rome afin d'obtenir pour son diocèse quelques-uns des couvents des Humiliés. Il désirait surtout vivement avoir la prévôté de la canonica 011 était son séminaire. La demande était si légitime qu'elle fut accordée. Il songeait déjà à donner aux pères Jésuites