‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 28 sur 169 · Chapitre tîingt-troisième · texte numérisé non relu

Chapitre tîingt-troisième

loin, il continue à la gouverner, par ses lettres à son vicaire (') ; il y règle tout ce qui concerne les personnes et les choses avec les plus grands détails. Il ordonne de réunir son synode après la moisson et il expose les sujets qui devront y être plus particulièrement traités. Il demanda pour ses diocésains des faveurs signalées et, quand il revint à Milan, il put ouvrir pour sa ville bien-aimée le trésor des nombreuses indulgences qu'il apportait.

Sa santé s'améliorait lentement ; les médecins donnaient des avis divers et le saint, fatigué de leurs consultations, résolut de se soigner lui-même. Depuis plusieurs mois, il avait dû renoncer à ses pénitences, à ses mortifications quotidiennes et il avait un désir extrême de reprendre ses habitudes. Il laissa donc de côté tous les remèdes, se remit à une nourriture presque grossière, reprit ses jeûnes, ses veilles, ses rudes disciplines et, comme par miracle, sa santé se rétablit. Ce singulier régime eut toujours pour lui les meilleurs résultats. Dans la suite, on ne l'appela plus que le remède du cardinal Borromée.

Les chaleurs étant passées, la fièvre ayant disparu, le pieux archevêque n'ayant plus aucun prétexte de rester à Rome, prit congé du pape pour retourner à Milan. Il choisit la route la plus longue, attiré par les puissantes et ineffables séductions du sanctuaire de Notre-Dame de Lorette. Arrivé la veille de la fête de tous les saints, il passa la nuit en prières dans cette humble chambre où la vierge Marie reçut le message de l'archange et où, par l'opération du Saint-Esprit, s'accomplit le plus grand, le plus adorable et le plus

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aimable des mystères divins. Le lendemain , après avoir célébré la messe, au milieu d'une affluence considérable, il quitta cette terre bénie où nous le retrouverons, afin d'arriver à Milan pour l'A vent qui, dans le rit ambrosien, s'ouvre avec le dimanche qui suit la fête de Saint-Martin.

Le cardinal voulait se démettre de toutes les charges dont le souverain pontife l'avait honoré. « Depuis trois ans, écrivait-il en 15.71, à Mgr Speciano, je supplie le saint père d'accepter ma démission du protectorat des franciscains et des carmes. Je ne puis m'en occuper comme il conviendrait, à cause du fardeau de ma propre Église.» Il ordonne à son agent, pour la décharge de sa conscience, de dire au pape, s'il refuse toujours de l'écouter, qu'il ne peut qu'accidentellement s'occuper de ces ordres religieux. L'archiprêtré de Sainte-Marie- Majeure, la dignité de grand pénitencier, lui semblaient également incompatibles avec sa résidence à Milan et avec les devoirs qui l'y retenaient ('). Saint Pie V n'avait jamais consenti à accepter ces démissions. Saint Charles n'eut rien de plus pressé, pendant son séjour à Rome, que de les offrir à Grégoire XIII; le pape imita son prédécesseur, il insista pour que le cardinal conservât toutes ces dignités.

A peine arrivé à Milan, dès le 12 novembre, l'archevêque écrivit au pape pour « remettre entre ses mains et à sa disposition, comme dans les mains du Christ dont il était le vicaire, » toutes les dignités, fonctions et charges dont l'avait honoré son oncle, le pape Pie IV.

En priant Mgr Carniglia de présenter sa lettre au saint père, il disait: « Avant mon départ de Rome, j'ai

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