Chapitre tringt-quatrième
charge pastorale, je serai toujours disposé à me dépenser pour les gouverner et les régir, autant qu'il me sera possible, même sans la juridiction.
« Au contraire, si, après toutes les considérations que je viens de lui exposer et beaucoup d'autres qu'elle est mieux à même, sans aucun doute, de voir et d'apprécier, Votre Sainteté juge et approuve que je n'abandonne pas la défense de mon Église, alors je la prie d'ordonner, je suis prêt à obéir; mais je la conjure de ne pas me priver de son chaleureux appui, de sa protection, comme l'en suppliera, en mon nom, plus pleinement et de vive voix, Ms* Castelli. De mon côté, avec le secours de Dieu, je ferai en sorte que ni l'intérêt personnel, quelle que soit sa nature, ni les considérations humaines ne m'éloignent jamais de mon devoir sur ce point (z). »
Ces sentiments se retrouvent dans toutes les lettres du saint. Le cardinal de Corne lui dit combien le pape a regretté la confiscation de la Rocca d'Arona, il l'assure même que Sa Sainteté est décidée à employer tous les moyens possibles pour la lui faire restituer (2).
« Je vois qu'à Rome, écrit-il à Msr Castelli, vous vous êtes bien échauffés pour le château d'Arona. Je ne l'aurais pas voulu. On pouvait, me semble-t-il, mentionner ce fait comme une des preuves de la manière exorbitante avec laquelle on agit ici ; mais nullement dans le but de solliciter Notre Seigneur à traiter, soit ici, soit en Espagne, pour me le faire rendre. Une pareille démarche ne peut qu'être préjudiciable, à mon avis, au bien de l'Eglise : ils pourraient s'imaginer que,
i. Lettre du 15 septembre. — V. Docum. etc. tom. III, p. 499. 2. Lettre du 5 septembre 1573. — V. Docum. etc. tom. III, p. 495.
Le nouveau ^omietncur îjc a^tlan.
pour des intérêts temporels, nous sommes disposés à nous taire dans les causes ecclésiastiques. Au moins, (peut-être est-ce de l'orgueil ? je ne sais) je trouve qu'il est trop bas, dans des démêlés ecclésiastiques d'une si grande importance, de faire mémoire, ou même de paraître avoir une préoccupation, à plus forte raison, de prononcer des paroles, ou de faire des démarches relatives aux pertes temporelles qu'on peut subir. Non seulement pour la prise d'Arona, mais encore s'ils m'enlevaient mon patrimoine, les revenus de mon archevêché, je ne serais pas même tenté d'user contre eux des armes spirituelles, ni de prononcer une parole de plainte, à moins que cela ne me fût commandé expressément par Notre Seigneur, dans la crainte que mon exemple ne rendît les autres prélats plus timides dans la défense de leurs droits. J'ai fait tous mes cal-, culs, ajoute-t-il, il me resterait encore assez de quoi vivre... Chassez donc de votre esprit tout souci à cet égard ('). »
A ceux qui disaient qu'il aurait dû excommunier le gouverneur pour l'occupation d'Arona, il répondait : « Vous croyez ? J'avais donc un motif plus juste de le faire pour son édit, si préjudiciable à l'Église (2). »
Le saint avait à se défendre contre les accusations fausses de ses ennemis, et contre les excès de zèle de son clergé, dont on le rendait injustement responsable. Un matin, le curé de Saint-Barthélemi voit de loin le gouverneur se diriger vers son église, et i! en fait aussitôt fermer les portes ; mais le gouverneur allait au monastère de Saint-Ange. « On croira, peut-être, dit
i. Lettre du 7 septembre 1573. — V. Docum. etc. tom. III, p. 496. 2. Lettre du 7 septembre. — Ici.