‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 35 sur 169 · Chapitre tnngt=quatrièmc · texte numérisé non relu

Chapitre tnngt=quatrièmc

l'archevêque, que j'ai donné des ordres à ce sujet, mais cela s'est fait à mon insu ('). »

Ses correspondances ne sont pas respectées, elles lui arrivent décachetées. «J'ai été averti, dit-il, qu'aux postes voisines on avait envoyé des personnes chargées d'intercepter mes lettres pour Rome; il faut user d'une grande vigilance pour les faire arriver en sûreté, au moins jusqu'à Bologne, si l'on doit user encore envers nous de cette industrie (2). »

Le gouverneur avait donné ordre au maître des postes de ne prendre aucune des lettres du saint pour l'Espagne. Il s'en plaint à plusieurs reprises (3).

Le cardinal s'était empressé d'écrire au roi d'Espagne. En le faisant, son intention n'avait pas été de déférer cette cause ecclésiastique à son tribunal ; il le regardait comme incompétent (4); mais de lui rappeler ses devoirs de prince catholique et de lui faire connaître toutes les responsabilités dont le chargeaient les actes de ses ministres. Il écrivit également au nonce du saint père, Msr Ormanetto, évêque de Padoue,qui avait été son vicaire général. Ce prélat connaissait Milan, le nom, les habitudes, les mœurs des sénateurs qui étaient à la tête de l'opposition ; il avait pu d'un autre côté apprécier la vertu de l'archevêque, il avait été témoin de sa prudence, de sa fermeté, il avait été son conseiller, il était son ami : nul n'était plus apte que lui pour traiter cette question auprès de Philippe II.

A Madrid, on avait pris fait et cause pour le gouverneur de Milan. L'orgueil castillan s'était révolté « du

i. Lettre du 10 septembre. — Id.

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