Lettre du 12 octobre. — Id
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peu d'égard témoigné par le saint cardinal à la personne des ministres du roi ('), qu'il s'était permis d'excommunier. » Dès le 22 août, l'archevêque avait chargé le nonce de rendre compte à Sa Majesté de tout ce qui s'était passé : sous le prétexte de servir Sa Majesté, les ministres empêchaient l'autorité ecclésiastique d'agir. Dans l'espace de 1 5 jours, ils avaient défait tout le bien et détruit l'édifice spirituel que, par la miséricorde de Dieu, on avait mis plusieurs années à élever, au prix de grandes fatigues. <( Votre piété, écrivait-il au roi, ne pourra apprendre ces procédés et les conséquences qui vont en découler, sans le ressentir au plus vif du cœur... Votre Majesté voudra sans doute faire connaître au monde entier combien cette manière d'agir est éloignée de son esprit, de sa piété, de son zèle... J'ai voulu écrire tout cela à Votre Majesté pour n'avoir pas à rendre compte au tribunal de Dieu de mon silence, en présence des dommages causés aux âmes confiées à ma sollicitude pastorale... Personnellement, je n'ai qu'à rendre grâce à Dieu : par ces épreuves, il veut me corriger, me visiter, m'exciter à la pratique d'œuvres meilleures et, par sa grâce, mieux m'affermir et me retenir dans son service. Dans les choses temporelles, Votre Majesté trouvera toujours en moi, pour lui obéir, la promptitude que j'ai apportée dans la remise de la Rocca d'Arona, dès que j'ai eu connaissance des ordres du gouverneur : cette conduite de ma part est conforme à mon devoir, à mes désirs et à la satisfaction que j'éprouve à servir Votre Majesté, en toute
1. Lettre d'Ormanetto au cardinal de Côme du 21 septembre 1 573 . — Archives secrètes du St-SiÈGE : Nonciature d'Espagne, tom. 7.
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occasion, comme je le fais encore, je crois, en m'employant au prix de tant de fatigues, au salut de toutes ces âmes (*). »
Le 29 août, il écrit de nouveau : « Je prie Votre Majesté de vouloir bien considérer, avec les yeux de sa piété, le danger couru par ses sujets et par beaucoup d'autres et de faire comprendre à ses ministres qu'on ne doit plus voir dans son État de pareils scandales. Je suis obligé, presque chaque jour, de me servir des armes spirituelles pour défendre ma pauvre Eglise ; je dois me fatiguer pour réparer le dommage fait à mon gouvernement spirituel par les personnes qui devraient m'aider comme, je n'en doute pas, c'est l'intention de Votre Majesté (2). »
Le roi, mécontent de l'excommunication lancée contre le gouverneur, impressionné par les rapports qui lui sont adressés chaque jour contre le cardinal, de la part de Requesens, jaloux surtout de son autorité royale, se montre indécis : « Chacun, dit-il au nonce, devrait rester dans ses attributions : j'écrirai dans ce sens à mes ministres; le pape, j'espère, en fera autant vis-à-vis de l'archevêque. Sans doute, le cardinal Borromée n'a rien perdu, dans mon esprit, de la bonne opinion que j'avais de sa sainteté et de son zèle ; mais les hommes animés des meilleures intentions, peuvent quelquefois se tromper dans la pratique. » C'est tout ce que le nonce obtient d'abord, mais il ajoute: « Sa Majesté est très circonspecte dans ses paroles et elle n'en prononce aucune capable de blesser qui que ce soit (3). » Les
1. Archives secrètes du St-Siege: Nonciaùtre d'Espagne, tom. 7.