Chapitre tungt^quattième
Sous l'impression de pareilles calomnies et de beaucoup d'autres, la Cour de Rome a pu recommander au saint la modération et l'indulgence, quand il le pourra, sans offenser Dieu et sans dommages pour l'Eglise. Le souverain pontife le faisait, en même temps, assurer des sentiments de bienveillance qui l'animaient pour sa personne et pour son Église : « il ne cessera de les prendre l'un et l'autre sous sa protection, lui disait-on : ce cas d'un ministre d'un si grand roi, qui se rend en Flandre pour une chose si importante de la chrétienté, ne peut tirer à conséquence, ni devenir un précédent (').
Le 22 octobre, le saint remerciait Grégoire XIII en ces termes :
« Je rends grâce à Votre Sainteté d'avoir bien voulu me donner l'assurance, par le cardinal de Corne, que je ne dois pas renoncer à sa protection, ni à ses faveurs pour mon Église qui en a vraiment grand besoin. Et puisque Votre Béatitude entend que je ne néglige, ni ne ralentisse rien de tout ce que je dois faire pour la défense de la dignité et de l'autorité ecclésiastiques, je ferai en sorte sur ce point de n'avoir jamais l'œil à autre chose qu'à satisfaire à mon devoir envers cette Église et à l'obéissance que je dois à Votre Sainteté. Je m'efforcerai de procéder en tout avec tant de justice, que celui qui ne sera pas passionné pourra facilement reconnaître combien je suis éloigné de me montrer pointilleux, d 'andar dietro a pontigli, en tout ce qui se peut tolérer, sans offenser Dieu et sans nuire à mon Église, conformément à la confiance que Votre Sainteté me témoigne. Je la supplie, avec
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tout le respect que je lui dois, de faire en sorte que mes actions, pour la défense de cette Eglise, ne soient pas jetées au vent, mais qu'en vertu de son autorité, elles puissent, pour l'honneur de Dieu, atteindre le but vers lequel elles sont dirigées. Ainsi les autres pasteurs de l'Église pourront prendre courage de cet exemple, ils ne seront pas tentés de fuir, comme des mercenaires, le loup qui s'approche du troupeau, ils en prendront au contraire motif pour rester fermes, faire l'office de vrais pasteurs et se confier ainsi en la juste protection de Votre Sainteté, à laquelle je souhaite grâce et prospérité du Seigneur Dieu, en baisant humblement ses pieds sacrés (*). »
Nous trouvons, dans une lettre du 22 octobre, à monseigneur Castelli, l'écho des sentiments intimes du saint pendant cette longue et pénible lutte : « Je ne sais si vraiment j'ai, comme vous l'écrivez, plus ou moins de foi que vous ; mais j'ai certainement ce sentiment : il y a beaucoup à craindre des espérances qui reposent sur des moyens humains. Ce sont, en effet, les plus trompeuses, les plus incertaines. Elles sont donc par conséquent plus près de s'évanouir. Mais, quand on a en main une cause, appuyée sur une justice aussi évidente et qui importe tant à la gloire de Dieu, comme est la mienne, j'estime que, plus elle est privée des faveurs et des secours humains, plus elle est près de recevoir la protection et l'aide de Dieu, et, en conséquence, plus il y a lieu d'espérer un meilleur succès. Le Seigneur a souvent le plus grand soin de ceux qui sont abandonnés du monde et dans de