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les prêtres de Santa-Corona ayant fait appel à tous les hommes de bien, il se forma aussitôt une compagnie connue sous le nom : Délia riformazione christiana in Carita. Cette compagnie se développa promptement, elle se répandit même en dehors de Milan. Il ne s'agissait plus seulement d'enseigner les vérités de la religion, premier devoir des maîtres chrétiens; on y ajouta l'enseignement de la lecture et de l'écriture.
Le cardinal d'Esté, archevêque de -Milan, avait approuvé cette pieuse association ; le duc d'Albuquerque, gouverneur, donna, en 1564, des lettres patentes en vertu desquelles il était défendu de molester ladite compagnie ; il ordonnait même aux autorités de la protéger et de la défendre, sans en exiger aucune rétribution.
Dès l'année 1563, le président de cette compagnie avait écrit au cardinal Borromée pour lui faire connaître cette œuvre, son origine, le bien qu'elle faisait et les approbations qu'elle avait reçues. Il demandait pour l'œuvre et pour ses membres, les indulgences dont Pie IV venait d'enrichir leurs confrères de Rome. Le saint renvoya la lettre à son vicaire Ormanetto, avec ces simples mots : « Ou'Ormanetto s'informe et avise. » Il fait bientôt suivre cet avis de deux autres lettres : «Le prêtre Jérôme Rabbia, prieur, disait-il, et les frères d'une compagnie qui, à Milan, enseigne gratuitement la doctrine chrétienne aux enfants voudraient que le saint père confirmât, cum motu proprio, leur institution. Ils m'ont écrit longuement à ce sujet afin que je les appuie. Informez-vous avec soin. »
Le résultat des informations fut excellent. Ormanetto voulut prendre avec lui Jérôme Rabbia pour