‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 46 sur 169 · Chapitre tring^cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre tring^cinquième

l'aider dans sa difficile et importante charge de vicaire de l'archevêque. Le saint l'attacha ensuite à sa personne, quand il eut pris possession de son archevêché.

Mais qu'était devenu Castellino? Son zèle avait été méconnu, il avait même servi de prétexte aux calomnies des ennemis de la foi ; sa vertu, plus forte que les épreuves, les domina et il continua à inspirer l'œuvre tout en restant dans l'obscurité. Comme toutes les œuvres de Dieu, celle de Castellino fut traversée par mille difficultés. La division se mit parmi les membres de la compagnie elle-même, et l'on craignit, au milieu des tiraillements continuels qui l'ébranlaient, que son existence ne fût sérieusement compromise. Castellino, en présence de ces dissensions, restait calme : il affirmait la vitalité de son œuvre, il annonçait que, malgré les contradictions, elle marcherait et qu'il paraîtrait une lumière qui dissiperait toutes les ténèbres.

Il était depuis plusieurs mois malade, lorsqu'il eut la joie d'assister à la fondation d'une nouvelle école dans l'église de Saint-Michel in G allô, puis Dieu lui donna de voir l'accomplissement de la prédiction qu'il avait faite, il put assister à l'entrée du saint archevêque de Milan dans sa ville, et il mourut, peu de temps après, pouvant redire avec bonheur le Nunc dimittis.

A peine installé sur le siège de saint Ambroise, le jeune archevêque plaça parmi ses premières préoccupations l'œuvre de la doctrine chrétienne. Il travailla à mettre sur un meilleur pied le pieux institut créé à cet effet. Dans son premier concile provincial, il charge les curés de convoquer tous les jours de fête les enfants pour les instruire des principes de la foi, les former à

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l'obéissance envers Dieu et envers leurs parents. Non content de cette première ordonnance, il fait venir ses curés ; il les exhorte chaleureusement à remplir ce devoir, qui leur est imposé par le concile de Trente, et il leur recommande d'aider les pieux laïques dans la création de nouvelles écoles pour la doctrine chrétienne.

A cette époque, beaucoup de juifs étaient venus s'établir à Milan ; leur synagogue était située dans la région appelée i due Mûri et ils habitaient à l'entour (T). Saint Charles, dans ce même concile provincial, avertit les évêques de sa province, de choisir des hommes instruits, sachant l'hébreu et les usages de ce peuple, afin de les instruire dans la foi chrétienne et de recueillir les enfants qui donneraient des marques de bon vouloir.

Au milieu de toutes les corruptions de sa ville archiépiscopale, le cardinal trouvait encore un noyau de fervents chrétiens, ouvriers pour la plupart, peu instruits des lettres humaines, mais pleins de foi, de bonne volonté et remplis de la grâce de l' Esprit-Saint. Saint Charles fait ainsi leur portrait: « Ce sont des ouvriers vigilants dans les écoles chrétiennes ; ils emploient la journée entière, les jours de fête, à entendre les prédications, les sermons, les lectures sacrées, les divins offices et ils s'exercent dans les œuvres de la sainte charité (2). » Après ses curés, l'archevêque regardait ces hommes comme ses propres fils, il animait leur zèle pour toutes les œuvres saintes, appuyait leurs efforts; afin que cette compagnie devînt plus florissante, et pût obtenir

1. Il y a peu de temps, dans les environs du Dôme, on voyait encore une rue portant le nom de due Mûri.

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