Chapitre tnngt>cinquièmc
de meilleurs résultats, il prit des dispositions de nature à la relever encore dans l'estime des hommes de bien. Par une lettre pastorale, il la recommanda comme digne de louanges et il exhorta les fidèles à faciliter à ses membres le moyen d'exercer librement leur amour envers Dieu et leur charité envers le prochain. Le sénat de Milan, par un décret rendu le 22 mars 1566, appuyait le désir et les éloges du pieux cardinal.
La compagnie de la Doctrine chrétienne, reconstituée par saint Charles, ressemblait à une congrégation religieuse composée de personnes vivant dans lemonde; elle n'avait pas seulement pour but l'instruction des enfants, mais encore l'exercice et la pratique de toutes les œuvres de la charité chrétienne. Pour en faire partie, il fallait passer par certaines épreuves, et subir une espèce de noviciat. Quand la vie exemplaire, les bonnes œuvres, les aptitudes du postulant ne laissaient aucun doute sur sa vertu, on l'admettait au nombre des confrères avec un cérémonial public et réglé à l'avance.
L'archevêque a écrit une longue et importante instruction sur cette œuvre admirable. Il y règle minutieusement les devoirs généraux des confrères, ceux plus particuliers des dignitaires de la compagnie. Ces derniers se divisaient en assistants, en prieurs, en consulteurs, etc. Tous obéissaient à des officiers généraux chargés de visiter et de faire prospérer toutes les écoles de la ville et de la province. Un directeur spirituel était chargé d'entendre la confession des écoliers, de dire la messe, d'administrer les sacrements et, de temps en temps, de ranimer la ferveur de tous par de chaleureux discours. Il y avait des correcteurs dont la mission était d'avertir les délinquants, et au besoin, de les
La Doctrine chrétienne.
corriger. Des infirmiers s'occupaient des malades qu'ils allaient visiter et qu'ils devaient, si cela était nécessaire, secourir de leurs aumônes. Des conciliateurs ou pacificateurs devaient ramener la concorde et l'union entre les frères, si quelques discussions l'avaient troublée. Le saint avait même songé aux meilleurs moyens de réveiller la torpeur et d'exciter le zèle par des pénitences salutaires et par l'exercice de la mortification. C'était tout une organisation religieuse et ascétique.
Mais la grande œuvre, le principal objet de cette confrérie, c'était l'instruction de la jeunesse. La vertu privée des maîtres était, avec raison, aux yeux de saint Charles, la meilleure garantie du succès. Chacun était libre de suivre ces écoles: on n'avait qu'à se présenter. Les prieurs ou maîtres, chargés de présider aux exercices de la doctrine chrétienne, devaient examiner les enfants, les classer selon leur âge et leur savoir, noter leur absence et les encourager par tous es moyens à la fréquentation de l'école.
Ce dernier point était peut-être le plus difficile à atteindre, et le son de la cloche n'était pas toujours suffisant pour les y amener. Le cardinal introduisit alors l'usage d'envoyer, par les rues de la cité, des hommes de zèle et d'autorité, avec la mission de réunir tous ceux qui erraient çà et là et de les conduire aux écoles. Comme marque distinctive de leur mission, ils devaient porter à la main une baguette et ils reçurent le nom de Pêcheurs. Cet appel devait se faire avec des procédés pleins de charité et de douceur ; saint Charles voulait qu'on alléchât les écoliers, allettarc, par toutes sortes de moyens persuasifs et toujours puissants sur
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