‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 49 sur 169 · Chapitre toingtscinquième · texte numérisé non relu

Chapitre toingtscinquième

tumultueuses, dans les assemblées de jeux et de plaisirs, pour en éloigner les garçons ; mais ils s'estimaient heureux de souffrir ces opprobres, et ils se trouvaient amplement payés de leurs labeurs, quand ils pouvaient conduire devant eux, dans les édifices sacrés, un essaim de ces jeunes enfants auxquels ils apprenaient à connaître et à aimer Dieu. Ce fut aussi un excellent moyen de ramener les parents eux-mêmes à la pratique de la Religion. L'ordre naturel des choses se trouvait ainsi renversé. Ignorant les principes les plus essentiels de la croyance catholique, la plupart de ces parents, excités par la curiosité, suivaient leurs enfants à l'église ; on y chantait des psaumes, des cantiques et, la grâce divine agissant, il arriva qu'un grand nombre de gens laissèrent les bals, les réjouissances publiques pour la réunion moins bruyante, mais plus consolante de l'église. Les enfants devenaient souvent les apôtres du foyer domestique : peu à peu, les mœurs se réformaient, la famille se faisait plus unie et plus chrétienne, le bien se communiquait par le bon exemple et à la mort du saint archevêque de Milan, un grand nombre de témoins purent déposer devant les examinateurs ecclésiastiques, chargés de procéder à sa cause de canonisation, qu'il avait complètement transformé son diocèse.

Les maîtres d'école n'échappent point à la sollicitude pastorale de l'archevêque, il veut qu'ils soient honnêtes et chrétiens, il n'oublie pas que son devoir de père et d'évêque l'oblige à veiller sur eux et sur la manière dont ils s'acquittent de l'enseignement religieux vis-à-vis des enfants qui leur sont confiés. Nous ne saurions mieux terminer ce chapitre qu'en citant le texte de l'instruction qu'il adressa à ses vicaires forains.

la Doctrine chrétienne. 1 1 1

« Le concile de Latran commande aux maîtres decole d'instruire également les laïques dans les choses qui touchent à la foi et à la piété, comme sont, par exemple, les commandements de Dieu, les articles de foi, les hymnes sacrés, les psaumes et les vies des saints. Bien plus, les jours de fête, ils ne peuvent leur enseigner autre chose, ils sont même tenus à les exhorter, à les obliger selon leur pouvoir, à aller à la messe, ainsi qu'aux vêpres et aux autres offices divins, aux prédications et aux sermons. Ils doivent les engager à ne lire rien qui soit contre les bonnes mœurs, ou qui les porte à l'impiété. Vous rappellerez souvent aux maîtres de votre vicariat l'obligation de satisfaire à ce devoir. Vous ferez en sorte que, selon l'intelligence plus ou moins développée des écoliers, ils leur fassent apprendre d'abord le petit livre de la doctrine chrétienne en usage dans les écoles du diocèse établies dans ce but. Si vous croyez que ces maîtres en soient capables, vous les exhorterez à expliquer le catéchisme du P. Canisius, à le faire également apprendre et réciter souvent, surtout les jours de fête. Les maîtres doivent, en effet, mettre tout en œuvre pour que ces jours soient entièrement consacrés à des exercices de piété.

« Faites en sorte,après l'explication de ce catéchisme, que les maîtres très intelligents passent à celle du catéchisme romain, surtout à celle des parties morales les plus faciles, comme le décalogue, l'oraison dominicale. Et vous nous informerez du zèle que les maîtres apporteront à ces choses. Donné à Milan dans notre palais archiépiscopal, le 20 décembre 1568 (1). »

Page 1