Lettre du 21 septembre
Cfmpttte vingtième.
fection, il écrivit deux lettres au duc d'Albuquerque. Il vengeait l'honneur du saint archevêque, et avertissait le gouverneur des dangers qu'il courait pour son âme en persévérant dans la voie où il était entré. Aux reproches du duc, le pape répliquait que ni lui, ni ceux qui avaient été témoins du zèle et de l'habileté du pieux cardinal dans le gouvernement de l'Eglise, sous Pie IV, n'avaient remarqué en lui rien qui pût ressembler aux défauts dont on l'accusait. « Ces reproches nous semblent durs, ajoutait le pontife, à l'égard d'un pasteur doué d'une telle intégrité de mœurs et d'une sainteté comme la sienne. Il n'a en vue que de sauver les âmes, de faire disparaître les mauvaises habitudes et de corriger tous les vices, et ce sont ceux-là mêmes, qui devraient l'aimer et l'estimer plus que tous les autres, qui lui font un crime de ce zèle et de cet amour (I). » Dans une seconde lettre, Pie V dit au duc : « Si je ne connaissais pas parfaitement la vie et les mœurs du cardinal, j'aurais pu être ébranlé par vos lettres ; mais, nous sommes certain que l'esprit mauvais, voyant que votre accord avec l'archevêque eût pu produire un grand bien dans les âmes, a semé, pour l'empêcher, la discorde parmi vous. Prenez donc garde que, sous le spécieux prétexte de défendre l'autorité royale, vous n'arriviez à prendre des mesures qui pourraient compromettre le salut de votre âme. Telle serait la réalisation de la menace que vous faites de chasser le cardinal, non seulement de la ville, mais encore de la province de Milan; vous vous jetteriez dans des extrémités dont vous pourriez difficilement revenir (2).»
i. Lettre du 10 septembre 1569.