Bib. Amb : Ms. C. S
2. Par un bref du 10 septembre 1576, Grégoire XIII donne au cardinal Borromée la faculté d'accorder des indulgences, même la plénière, aux pestiférés et à ceux qui les assistent. Le 12 mars 1577, il accorde l'indulgence plénière à tous les prêtres réguliers et séculiers qui administrent les sacrements aux pestiférés ou aux malades suspects de ce mal. — Enfin, le 7 mai 1577, il accorde la même indulgence à tous ceux qui jeûneront le mercredi, le vendredi et le samedi qui suivront la réception du bref et qui assisteront aux processions pour la cessation du fléau. — V. Docum. etc. Tom. I, 2e partie, nos XCIII, XCVII, XCVIII.
148 Chapitre pingt*geptféme.
grande éloquence, se plaignit de ce que, tandis que les prêtres séculiers s'offraient avec empressement, les réguliers, au contraire, qui étaient tenus à donner lebon exemple, se retiraient. — Cependant, ajoute le bon religieux, il n'obtint rien : chacun présenta des excuses et se retira dans son couvent. Mais il signor cardinale, tout affligé, se mit à faire oraison avec une grande ferveur, selon que je l'ai appris de personnes dignes de foi, en priant le Seigneur de vouloir bien le pourvoir des personnes dont il avait besoin (x). »
Nous avons le texte de la touchante homélie qu'il adressa aux religieux : « Certes, leur dit-il, nous sommes à un temps digne d'être envié : en effet, sans être exposés à la cruauté des tyrans, sans les chevalets, sans les flammes, sans les bêtes, enfin sans tous ces différents genres de supplices qui sont si redoutables à la faiblesse humaine, nous pouvons obtenir la palme du martyre. Bien plus, nous pouvons l'acquérir même sans cette souffrance... Chacun peut espérer sortir sain et sauf de cette contagion... Mais si quelqu'un d'entre vous venait à contracter le mal, quand même tous les autres vous manqueraient, moi je serai là, au milieu de vous : votre double salut, du corps et de l'âme, sera l'objet de mes soins. Je vous secourrai volontiers, et, si cela est nécessaire, je serai moi-même, je m'offre même dès maintenant, comme votre ministre pour vous donner les sacrements ; appuyé sur le secours divin, j'ai résolu de n'épargner aucune fatigue, aucun danger pour remplir mon devoir de pasteur et travailler au salut du troupeau qui m'est confié (2). »
1. Extrait du dialogue de Fra Paolo Bellitano da Salo, Capucin, publié par Oderici Federico. — Milan 1857.