Bib. Amb.: Aïs. G. 30, p
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doit être, leur misère passe avant mes propres besoins. J'ai donc cru que vous m'aviez choisi pour être votre intermédiaire et que votre don devait servir à apaiser la faim des autres ; je viens en ce moment offrir un stimulant à votre charité. Les malheureux, enfermés à la Victoire, peuvent vous fournir l'occasion de donner des preuves splendides de votre munificence, c'est un vaste et noble champ pour l'exercice de votre générosité. Leur nécessité ne réclame pas seulement des secours ordinaires en vivres et en argent, mais elle est si grande qu'elle peut suffire pour vous arracher tout ce que vous avez de précieux dans votre palais. Depuis longtemps je me sentais secrètement poussé à vous faire cet appel : votre libéralité vient de m'ouvrir la voie et je m'empresse d'y entrer. Je vous prie, de toutes mes forces, ne me renvoyez pas les mains vides (x). » L'exemple du pasteur avait produit son effet, il avait donné jusqu'à ses vêtements, et souvent, quand il rentrait le soir, vers minuit,àson palais, après un long jeûne et épuisé de fatigue, il ne trouvait même pas un morceau de pain pour apaiser sa faim, ni une pièce de monnaie pour en acheter. Les riches ne voulurent point rester en arrière, ils envoyèrent aussi leurs aumônes : beaucoup étaient heureux de le choisir comme leur intermédiaire, et plus d'une grande dame se dépouilla de ses anneaux, de ses colliers et de ses bijoux les plus précieux en faveur des malheureux. Le saint n'avait pas seulement excité la générosité des riches, il avait relevé tous les courages et suscité d'admirables dévouements. On voyait aux hôpitaux un grand
1. Lettre du mois de janvier 1577. — Citée par OLTROCCHI, p. 292, note c.