‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 79 sur 169 · Chapitre tringt>fnuttèmc · texte numérisé non relu

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ment votre retour. Reprenez votre ancien courage, revenez à vos anciennes habitudes; ne détruisez pas vous-même les louanges que vous avez méritées par votre dévouement envers les malades. Il ne faut pas laisser s'éteindre un zèle que la violence du mal doit au contraire enflammer. »

Il avait pensé à aller lui-même à Brescia; l'évêque l'en détourna, lui disant que sa présence serait de nature à faire naître des discordes. Le cardinal suivit ce conseil; mais non sans regret : « C'était mon devoir, comme archevêque, dit-il, de me rendre dans cette ville qui est l'un des ornements de ma province. »

D'un autre côté, il cherchait de nouveaux moyens de confirmer son peuple dans ses sentiments de foi et de reconnaissance envers Dieu. Il demanda au pape la faveur d'un jubilé, regardant ce moyen comme le plus propre à atteindre le but qu'il se proposait.

Au milieu de la plus grande effervescence de la peste, il avait suggéré aux magistrats de Milan la pensée de faire un vœu, pour obtenir la cessation du fléau. L'église dédiée à saint Sébastien tombait en ruines; il exprima le désir de la voir reconstruire. « Plusieurs villes, et surtout le peuple romain, dit-il, doivent au puissant crédit de ce saint la délivrance de maladies épidémiques; nous pouvons, à plus forte raison, compter sur sa protection, puisque par sa mère il est notre compatriote. » Les magistrats avaient fait le vœu de relever le sanctuaire de Saint-Sébastien, il s'agissait maintenant de l'accomplir. L'archevêque résolut de faire coïncider les processions du nouveau jubilé avec le premier anniversaire de ce vœu, le 15 octobre, jour

3près la peste.

auquel le sénat avait promis de célébrer, pendant dix ans, une fête solennelle en l'honneur du saint martyr. Le 7 septembre, veille de la Nativité, il avait bénit la première pierre du futur édifice de Saint-Sébastien et, le 1 5 octobre, il inaugura les processions et les trois jours de jeûne du jubilé.

Les trois processions se firent avec un immense concours de la population. L'archevêque recueillit d'abondantes aumônes destinées à l'érection, dans l'église souterraine du Saint-Sépulcre, d'un monument commémoratif de la Passion du Sauveur, à lareconstruction de l'église de Saint-Laurent, et enfin à la création d'un hôpital pour les mendiants. Les circonstances ne lui permirent pas de mettre lui-même à exécution ces trois projets. Saint-Laurent fut reconstruit après sa mort; mais il prédit à l'avance les faits qui donneraient lieu à cette reconstruction. Un jour, il excitait les fidèles à multiplier leurs aumônes dans ce but : « Il viendra un temps, dit-il, où ce lieu sera très célèbre par les miracles qui s'y opéreront. » Il venait à peine de mourir et le bruit de nombreux miracles, obtenus par l'intercession d'une madone peinte dans le voisinage de cette église, se répandit dans la ville. La foule y accourait en si grand nombre qu'il fut nécessaire de reconstruire l'église elle-même.

Après la fête de saint Martin, on célébra de solennelles funérailles pour le repos de l'âme des victimes de la peste dans la cathédrale, et par ses ordres, dans toutes les paroisses du diocèse.

La santé publique avait repris sa vigueur; le cardinal, voulant remercier Dieu d'une façon spéciale, convoqua de nouveau les fidèles dans les églises et,

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