Lettre du 13110V. 1578, BlB. AsiB. :Ms. G. S./. II
3. Ce jeu était encore en grand usage du temps de saint Charles. Les cavaliers, qui y prenaient part, devaient s'efforcer d'enlever de la pointe de leurs lances la bague suspendue vers l'extrémité de la carrière. Ce jeu donnait lieu à un grand mouvement et à de nombreuses réunions.
4. Le saint fait allusion à la situation si grave faite à la domination de l'Espagne en Flandre par la famine, la révolte des Pays-Bas et l'insuccès des armées du Roi.
CFmpitre tringt-neutrtème.
temps de Notre-Seigneur, malgré les contradictions des Pharisiens, les peuples ne profitaient pas moins de la parole divine. Ainsi j'ai ici, par la grâce de Dieu, un peuple très obéissant et généralement dévoué : chaque jour, je constate qu'il avance un peu plus dans cette voie (:). »
A Rome, on travaillait puissamment à influencer le saint père et les cardinaux, par des accusations presque continuelles; on représentait l'archevêque comme ayant toujours à la main les foudres de l'Église et se plaisant à les lancer contre tous, pour les motifs les plus futiles. En présence de pareilles attaques, son agent le pressait de venir à Rome: il était convaincu que sa présence et ses explications suffiraient pour détruire, en un instant, tout l'échafaudage de calomnies et de mensonges élevé contre lui.
Mais devant le tribunal du pape, la question se présentait sous deux aspects : d'un côté la juridiction même des évêques en général était engagée, de l'autre côté la question semblait toute personnelle, car c'étaient les mesures, les ordonnances épiscopales de Milan qui étaient en jeu. Quant à la première question, le cardinal écrivait à Mgr Speciano: «Ceci en somme intéresse tous les évêques et Sa Sainteté doit en avoir grand soin. Aller à Rome pour défendre ma cause ne serait pas sans inconvénient pour les intérêts de mon Eglise ; puis cette absence pourrait se prolonger et n'aurais-je pas l'air d'y aller, comme procureur et avocat de ces causes jurisdictionnelles, qui sont communes à tous les évêques (2) ? »
i. Lettre du 21 mai 1578. — BlB. DES Barn., tom II, del Gov. 2. Lettre du 13 nov. 1578. — BlB. Amb. : Ms. G. S. I. il.
encore la lutte. 215
Les choses en étaient là, lorsqu'au commencement de l'année 1579, Charles reçut avis de Mgr Speciano que le saint père avait résolu de traiter définitivement la question de la juridiction ecclésiastique, qu'il n'attendait plus que l'arrivée du marquis Alcanisio, envoyé du roi Philippe. Ce gentilhomme était fils de saint François de Borgia; c'était un homme pieux, prudent et qui nourrissait une grande estime pour le cardinal Borromée. Les négociations auxquelles il devait prendre part loin de diminuer cette estime, ne firent en quelque sorte que la rendre plus solide et plus justifiée.
Saint Charles se réjouit de cette nouvelle et il écrivit à son clergé pour solliciter ses prières et celles des peuples qui lui étaient confiés. « L'heureuse issue de cette affaire intéresse le bonheur et l'équitable administration des peuples, dit-il, bien plus elle répondrait aux plus chers désirs du roi. Vous exciterez, pour votre compte, l'assemblée des fidèles à obtenir de Dieu par ses prières quotidiennes, une action très efficace du pape, qui mette fin à cette cause, et tourne à l'honneur et à la gloire de Dieu. »
Le marquis d'Ayamont, de son côté, cherchait tous les moyens de déplaire au cardinal : au commencement de l'année 1579, il fit comprendre à son entourage qu'il lui serait agréable de voir célébrer, avec plus d'éclat et d'ensemble les réjouissances du carnaval ; lui-même prépara des tournois, des jeux, des bals et des mascarades pour le premier dimanche de carême. Il était sûr de mécontenter le saint et de provoquer ainsi des mesures répressives, dont il pourrait ensuite profiter pour l'accuser d'intolérance.
L'archevêque n'hésita pas un instant- à faire son
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devoir: le 22 février, il publiait une lettre pastorale dans laquelle il s'élevait avec force contre ces désordres. Il engageait les Milanais « à ne pas se montrer ingrats envers Dieu qui les avait délivrés de la peste, à ne pas s'attirer de nouveaux et plus terribles fléaux ; » et enfin à respecter le deuil du roi. Après la mort de son fils aîné, ce monarque avait écrit une très pieuse lettre pour enjoindre au gouverneur de faire faire des processions, des prières publiques et de supprimer les scandales qui attirent la colère du Seigneur.
D'Ayamont regarda cet acte épiscopal comme une injure dirigée contre sa propre personne, il décida que les fêtes se continueraient pendant tous les dimanches de carême. Un premier succès l'encouragea à persévérer dans cette voie. Il y eut une foule si considérable pour voir ces nouvelles fêtes, ces courses de chars et de chevaux, raconte le maître des cérémonies du Dôme, Jean Paul de Chierici, que nous pûmes difficilement nous rendre à l'église. Le cardinal lui-même vit cette foule et il en fut très affligé. Mais la sagesse triomphe dé la malice : il eut l'heureuse pensée d'envoyer vers tous ces hommes quelques-uns de ses ministres, avec la mission de les éloigner de ces folies, en leur promettant de sa part cent jours d'indulgence, s'ils venaient au temple; un grand nombre de ces curieux les écouta, ils abandonnèrent le spectacle et bientôt l'église fut pleine: le Christ eut ainsi une meilleure part que Bélial (r).
L'archevêque crut devoir faire davantage : devant cette persistance à violer les lois de l'Église, il publia un édit ; après avoir rappelé les lois ecclésiastiques,