‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 87 sur 169 · V. Oltrocchi, p. 422, note a · texte numérisé non relu

V. Oltrocchi, p. 422, note a

encore la lutte. 217

les décrets des conciles et ceux surtout du concile de Trente.défendant les jeux publics, aux jours de dimanche et de fête de précepte, à l'heure des offices divins, il excommunia ipso facto tous ceux qui prendraient part à ces jeux ou qui les auraient ordonnés et imaginés. Il alla même jusqu'à interdire l'entrée de l'église à tous ceux qui y assisteraient.

Le peuple obéit et le cardinal eut lieu de se réjouir des résultats de son édit : « non seulement, écrit-il à Speciano, on s'est abstenu de ces jeux profanes, mais le zèle pour les saints exercices est en pleine ferveur et la multitude est plus nombreuse qu'à l'ordinaire dans les temples sacrés. » Puis Charles s'étonnait de la colère du gouverneur contre cet édit. « Je ne blâme personne en particulier, je ne reprends que les vices. Je n'ai pas dit un mot dans mon édit de l'auteur de ces réunions. Si de lui-même il s'accuse, comme étant la cause de ces maux et de la corruption de la ville, il se condamne lui-même. Est-ce donc une nouveauté de me voir attaquer les vices ? Jésus-Christ lui-même, dans l'évangile, a pris cette méthode et tous les saints pères m'ont donné cet exemple. Bien plus, le devoir du pasteur, je le sais depuis longtemps, est de remédier par sa parole aux maux publics dont il ne peut approcher la main avec efficacité. Il doit au moins faire connaître combien ces crimes lui causent de peine et excitent la colère de Dieu. Son devoir de pasteur est de réclamer toujours, de s'opposer à tous les mauvais desseins, de les réprouver ouvertement, afin que les brebis qui lui sont confiées puissent plus aisément s'éloigner de ces crimes (x). »

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