‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 91 sur 169 · Bie. Ame. : Ms. C. S. I · texte numérisé non relu

Bie. Ame. : Ms. C. S. I

encore la lutte.

scandale universel du peuple. Ainsi fut méconnu mon titre de visiteur, et l'on ne tint nul compte des paroles que, le matin même et la veille, j'avais prononcées contre ces dissolutions et ces abus. Sa Sainteté peut se rendre compte, par cet exemple, du résultat que peut avoir le seul bruit qu'on répand qu'elle approuve ou même ne condamne pointées actions. » Et, insinue-t-il, si on ne dément pas ces bruits, le mal s'accroîtra et tout le bien qui s'est fait clans mon Église disparaîtra (*).

On comprend la douleur de l'archevêque : non seulement il voit le fruit de ses longues fatigues s'évanouir, mais il songe au mal, peut-être irréparable, que les oppositions constantes de l'autorité civile au libre exercice de son ministère peuvent engendrer dans son troupeau. La lutte toutefois semble lui donner une nouvelle vigueur : le danger couru par les âmes enflamme son zèle de continuelles et de plus généreuses ardeurs.

Si le marquis d'Ayamont pouvait trouver quelque excuse à sa conduite, envers le cardinal, il faudrait la chercher dans le concours malheureux, pour ne pas dire plus, qu'il rencontra de la part de trois religieux, qu'on peut à bon droit s'étonner de trouver dans cette affaire. L'un d'eux était dans son rôle de religieux déjà condamné par l'inquisition; les deux autres, sans être au même degré coupables, furent au moins très imprudents. Le père Parra, de la Compagnie de Jésus, espagnol, confessait depuis trois ans le gouverneur ;

i. Le saint fait ici allusion aux lettres que Riccardi envoyait de Rome et dans lesquelles il prétendait que le Pape autorisait les bals et toutes les fêtes publiques, en dehors de l'heure des offices. — V. lettre du saint du 28 juillet 1579.— BlB. Amb. : Ms. C. S. I. 12.

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