‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 94 sur 169 · Chapitre trentième · texte numérisé non relu

Chapitre trentième

Loin de se laisser émouvoir, ou détourner du but de son voyage, par ces honneurs exceptionnels, l'archevêque de Milan, dès sa première entrevue avec le pape, traita la question de son IVe concile provincial qui n'avait point encore été approuvé. Le pape s'étonna qu'on eût pu refuser l'approbation à ce qu'avait fait le cardinal Borromée.

Ce concile, pour l'approbation duquel on avait fait naître tant de difficultés, comme nous l'avons dit, avait été remis entre les mains du cardinal de Sens, qui devait l'examiner. Le pape voulut en prendre luimême connaissance, et, pendant plusieurs jours, il employa quatre heures, chaque fois, à examiner avec l'archevêque tous les décrets qu'il avait portés. Grégoire XIII n'y trouva rien qui ne fût digne de la sainteté de Charles, de son zèle ardent pour la réforme de la discipline ecclésiastique : tout lui parut mériter des éloges et il voulut que le saint envoyât quelqu'un au cardinal de Sens pour connaître les motifs du refus de son approbation. Ce cardinal, s'en rapportant plus au jugement d'autrui qu'au sien propre, avait remis l'examen de ce concile à des hommes que la haine contre le saint aveuglait (') ; ils avaient tellement corrigé, retranché, que le concile de Milan n'était plus reconnaissable. Ils ne s'étaient pas seulement servi de la lime, dit Oltrocchi, mais ils avaient passé l'éponge sur le tout. Ils avaient remis le manuscrit ainsi corrigé, entre les mains du cardinal de Sens, avec une quantité considérable de libelles, de mémoires, de plaintes envoyés de Milan contre les décrets de ce concile. Sur l'ordre du pape, l'archevêque envoya Antoine Seneca,

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