‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 95 sur 169 · I. Lettre de Speciano. — V. OLTROCCHI, p. 473, note c · texte numérisé non relu

I. Lettre de Speciano. — V. OLTROCCHI, p. 473, note c

Oopage à îRome. 237

au cardinal de Sens, avec la mission de l'interroger et de lui exposer toutes les raisons qui militaient en faveur du cardinal Borromée et de son concile. Le cardinal de Sens, éclairé par cette conversation, prit tous les libelles qu'il avait reçus contre l'archevêque de Milan: « Voilà, dit-il, la cause de tant de retard : là, se trouvent les raisons de nos doutes et de notre hésitation. Maintenant, ajouta-t-il, que vous venez de m'exposer la chose, je n'ai plus rien à opposer et je reconnais volontiers, qu'il n'y a rien de plus dangereux, quand il s'agit de prononcer un jugement, que de se montrer trop facilement crédule. J'estime le cardinal Borromée, plus que tout homme en ce monde, et le Saint-Siège serait trop heureux s'il avait à son service seulement douze cardinaux comme lui. »

Grégoire XIII, après avoir lu de nouveau, en compagnie du cardinal Borromée, tous les décrets, proféra ces paroles : « Il n'y a rien dans ce concile qui ne soit saint, conforme à la discipline ecclésiastique et d'une grande utilité pour les âmes. » Puis, il l'approuva, ainsi que le cinquième réuni au mois de mai de cette même année, et dont le saint avait apporté le texte.

Le cardinal de Sens se plut à donner d'autres preuves de sa vénération pour l'archevêque de Milan. « Mon neveu, dit-il à Seneca, devait partir demain pour la France ; mais je retarde son départ, je ne veux pas qu'il entreprenne ce voyage, sans avoir reçu la bénédiction du cardinal Borromée. » Le saint était, en effet, à peine de retour à Rome, que ce jeune homme arrivait à Sainte-Praxède, pour y recevoir cette bénédiction qu'il regardait comme le gage d'un heureux voyage.

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