‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 97 sur 169 · BaCCI : Vit a di santo Filippo Neri · texte numérisé non relu

BaCCI : Vit a di santo Filippo Neri

2. Foi communicè, dit l'ambassadeur de Venise, di sua ma/20 per tre ore continue piic di 1 500 persoiie, con infinito concorso di popolo. — Archives générales de Venise. - V. Document/, etc. tom. il, p. 471-

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Les deux saints se voyaient souvent, passaient plusieurs heures dans des entretiens, dont les anges seuls pourraient nous redire les ineffables douceurs. Pendant que le cardinal, dans l'excès de son humilité et de son admiration, se prosternait aux pieds de l'Oratorien, baisait ses mains, Philippe révélait à ses disciples qu'il avait vu le visage de son ami resplendissant d'une céleste lumière.

La nuit de Noël, le cardinal célébra solennellement l'office dans la basilique vaticane, puis il se rendit à Sainte-Marie-Majeure où il resta jusqu'à l'aurore prosterné devant les fragments de la crèche du Sauveur. Ce témoignage, pour ainsi dire vivant, de l'amour de l'Enfant Dieu pour le salut du monde, excitait sa dévotion, enflammait son âme, et ce ne fut pas sans peine qu'il se sépara de cette insigne relique pour retourner à Saint-Pierre assistera la messe papale.

Le peuple était témoin de ces actes admirables de piété et, partout où se répandait le bruit de la présence du cardinal Borromée, on le voyait accourir pour recevoir sa bénédiction, baiser ses vêtements et implorer le bienfait de ses prières. La renommée de l'accueil enthousiaste qui lui a été fait à Rome, se répandit promptement à Milan. Les amis de l'archevêque ne s'en étonnaient nullement ; ils en ressentirent une grande joie. Ce triomphe, au contraire, excita encore plus le mécontentement de ses détracteurs. Frémissant d'indignation, le gouverneur chercha de nouveaux griefs, combina de nouvelles démarches et, pour bien convaincre Rome et le pape de l'impopularité du cardinal, il ne trouva rien de mieux que de députer près du saint père deux décurions ; ils

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devaient se présenter au nom du peuple et de la ville de Milan, renouveler devant le pape toutes les anciennes accusations et protestations du mémoire, déjà envoyé à Sa Sainteté et, au besoin, en ajouter de nouvelles. Le dessein une fois conçu, il s'agissait de le mettre à exécution. Ce n'était pas chose facile. Parmi les soixante décurions qui administraient la ville, un assez grand nombre voyaient avec peine cette opposition du gouverneur; ils vénéraient l'archevêque, ils l'aimaient; si quelques-uns regrettaient la sévérité de quelques ordonnances pontificales, ou ils en reconnaissaient la nécessité, ou ils disaient qu'ils n'avaient ni la mission, ni le droit de contrôler les actes de l'autorité ecclésiastique. Néanmoins, d'Ayamont les convoqua en assemblée et il leur exposa «qu'il avait . résolu d'envoyer à Rome deux ambassadeurs, au nom de la ville, afin de mettre un terme aux controverses agitées sur le droit de l'Eglise de Milan. » Plusieurs répondirent : « Ces dissentiments ne regardent nullement les citoyens; cette légation serait une dépense pour la ville. » Mais il s'en trouva d'autres qui s'empressèrent de favoriser les desseins d'Ayamont. Ceux-ci eurent recours aux menaces : le gouverneur, dirent-ils, a tout pouvoir de créer des impôts et il peut parfaitement, si . vous lui résistez, réclamer des citoyens la somme de 60 mille écus d'or prêtés par le roi pendant la peste. Entre les menaces des uns et les supplications des autres, on jeta, comme par hasard, au milieu de la discussion, le nom des deux ambassadeurs que le marquis avait le désir de voir désignés. Cette manœuvre souleva les murmures de l'assemblée et, pendant que tous les esprits étaient hésitants, celui qui avait proclamé les noms

Oopagc à Home.

voulait qu'on les acceptât. Au milieu de cette tempête déchaînée par les partisans du gouverneur, les décurions saisirent, comme une ancre de salut, la pensée de nommer quatre patriciens qui signeraient des posiulata qu'on présenterait au pontife, au nom de la ville. Mais ils furent délivrés de ce souci ; la supplique avait déjà été rédigée et les légats préférèrent la recevoir des mains d'Ayamont. Il n'y avait plus lieu de délibérer ; l'on vota 1500 écus aux frais du trésor public pour cette mission. Cette mesure suscita une plainte universelle; l'on s'affligea de la note infamante qu'elle allait imprimer à la cité entière. « Beaucoup de personnes, dit en terminant Nicolas Galério, vicaire de saint Charles (!), sont venues me trouver, elles m'ont supplié de vous expliquer comment toute cette affaire s'est passée et de vous affirmer, en leur nom, que tout a été extorqué par la violence. »

Cette réunion des décurions, à laquelle n'assistaient que trente-six membres sur soixante, eut lieu le 18 novembre 1579. Les députés pour Rome furent Pierre Antoine Lonato et Camille Trotto, deux créatures d'Ayamont. Ils partirent de Milan le 26 décembre.

Averti par son vicaire général de l'arrivée de cette députation, saint Charles alla aussitôt prévenir le pape. Grégoire savait déjà à quoi s'en tenir sur les accusations portées contre l'archevêque, et il convint avec lui de la

1. Nous avons analysé cette lettre écrite à saint Charles et citée par Oltrocchi, p. 485, note c. — Jean Fontana écrit absolument dans le même sens à l'archevêque ; il dit avoir reçu tous les renseignements de Jean Arcimboldo, qui était présent à la réunion. — Ces témoignages paraissent plus que suffisants pour réfuter tout ce que dit à ce sujet un auteur contemporain. On conçoit du reste que cette façon libérale d'agir du marquis d'Ayamont trouve aujourd'hui de nombreux admirateurs parmi les libéraux cosmopolites du XIXe siècle.

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