‹ Histoire de Saint François d'AssiseChapitre 11 sur 23 · DE SAIN I · texte numérisé non relu

DE SAIN I

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r bravoure, c'était pour ce qu'ils a] pelaient le \ mneur.

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Débarqué à S religieux, il en a\ les dis leux à deux,

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François n'hésite plus: il se annonce

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milieu à. - sign >s ' ironiques

des chevaliers et des sol lats. Il i np.

que tous ces guerriers, brûlant les ennei ou et que

ctions ne sont que des rêveries.

Le 2!) août, les Croisés attaquent les infidèles, ils se battent comme des lions, cavaliers et fantassins font dés prodiges de valeur... Mais ils se laissent entraîner dans la campagne, croyant poursuivre des fuyards, et, tout k coup, l'ennemi fait volte-face , se précipite en désespéré sur les Croisés et les défait complètement. Six mille chrétiens perdirent la vie dans ce combat, un grand nombre resta au pouvoir des infidèles, tel fut le résultat de cette désastreuse journée. La prédiction de François n'était que trop réalisée.

Notre saint était venu en Egypte, non pour les chrétiens, mais pour les musulmans. Auprès des Croisés, il avait trouvé l'humiliation ; c'était quelque chose assurément; mais ce n'était pas assez pour lui, il avait soif du martyre et il espérait le recevoir de la main des infidèles, ou les gagner à Jésus-Christ. Il quitta donc le camp des chréiiens pour se rendre dans celui des infi lèles, avec la résolution de se présenter devant le sultan d'Egypte, ou le Soudan, ainsi qu'on l'appelait alors. On prévint François que ce prince avait promis un besant d'or pour chaque tète de chrétien qui lui serait apportée ; François s'en réjouit et marche d'un pas plus ferme encore vers le but de ses désirs. En approchant du camp ennemi, il aperçoit deux brebis :

— Mon Frère, dit-il à Illuminé, ayons confiance dans le Seigneur, la parole de l'Évangile s'accomplit en nous : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups.

Quelques pas plus loin, des Sarrasins, qui avaient aperçu les deux religieux, se jetaient sur eux, en effet, comme des loups sur des brebis, ils les accablaient d'injures et de coups et les liaient comme des malfaiteurs :

— Je suis chrétien, leur dit François, et je demande à être conduit devant le Soudan votre maître.

Les musulmans ne demandaient pas mieux:; ils espéraient double récompense pour des chrétiens vivants dont le Sultan disposerait à son gré. Ils conduisirent donc leurs prisonniers au palais, disant (pie ces chrétiens avaient demandé à paraître devant le prince. Le Sultan averti, s'étonne de leur courage et ordonne de les lui amener :

— Pourquoi êtes-vous venus à moi, leur dit-il en les voyant ; qui vous envoie ?

— Ce ne sont point les hommes qui m'ont envoyé vers vous, lui répondit François ; c'est de la part de Dieu que je suis venu, pour vous montrer, à vous et à voire peuple, le chemin du salut et vous annoncer l'Évangile de Jésus- Christ.

Et aussitôt il prêche avec feu un seul Dieu en trois personnes, et Jésus-Christ sauveur du monde. Le Soudan l'écoute jusqu'au bout, admire son courage, ne peut s'expliquer un tel dévouement, et prie le saint de passer quelques jours dans le palais. François se voyant écouté, continue ses instructions pendant son séjour auprès du prince et s'aperçoit qu'il en est aimé, mais que le moment de la grâce n'est pas venu pour cette âme infidèle. Il se décide à prendre con^é pour porter ailleurs la bonne nouvelle:

— - Non, lui dit le Soudan, restez avec moi; je vous vois, et vous entends avec plaisir.

— Prince, répondit l'apôtre, si vous et voire peuple voulez vous convertir, je demeurerai volontiers près de vous, pour l'amour de Jésus-Christ. Vous hésitez entre sa loi et celle de Mahomet ; ordonnez qu'un grand feu soit allumé, j'entrerai hardiment dans ce feu avec vos prêtres, et vous verrez par là, quelle est la véritable foi et la loi qu'il faut suivre,

— Je ne crois pas,, dit le Soudan, qu'aucun de nos prêtres voulût entrer dans le feu ni souffrir le moindre tourment pour soutenir sa foi.

Le prince souriait en parlant ainsi, car il venait d'apercevoir l'un des plus anciens et des premiers imans s'esquiver furtivement en entendant la propos tion de François. Cette fuite équivalait à une défaite. Notre saint reprit:

— Si vous voulez me promettre d'embrasser la religion catholique, et de la faire embrasser à votre peuple, dans le cas où je sortirai du feu sain et sauf, je suis prêt à y entrer seul ! si je suis brûlé, qu'on l'impute à mes péchés ; mais si Dieu me conserve, vous reconnailrez Jésus-Christ son Fils pour vrai Dieu et Sauveur de tous les hommes !

— Je ne saurais accepter cette épreuve, dit le Soudan, sans craindre d'exciter un dangereux soulèvement de la part du peuple ; et puisque je ne puis vous retenir près de moi, je vais vous donner des gardes pour vous accompagner, afin que vous arriviez en sûreté au camp français, avec les présents que je vous prie de recevoir et de conserver en souvenir de moi.

— Je suis voué pour toujours à la sainte Pauvreté, répondit François, j'ai renoncé à toutes les richesses de la terre et ne puis rien accepter.

— Eh bien, vous les distribuerez aux pauvres ou à vos églises, dit le Soudan.

— Non, prince, je n'accepterai rien, la vie dans laquelle je me suis engagé me le défend. Je ne vous demande qu'une seule chose, c'est de sauver voire âme !

— Frère François, reprit le prince, je me convertirais volontiers, mais si je le faisais à présent, mes sujets nous mettraient à mort vous et moi, ainsi que vos frères. J'ai d'ailleurs plusieurs affaires importantes à terminer auparavant, et plus tard j'y penserai. Dites-moi seulement maintenant ce que je dois faire pour me sauver.

— Seigneur, — lui dit notre saint, sur le ton de l'inspiration, — quand j'aurai quitté ce monde et que, par la miséricorde de Dieu, je serai dans son paradis, deux de

mes frères vieil Iront de ma |

vous baptiseront : Lelle i

J sas-Christ, par ({ni seul vous serez sauvé. En attendant»

disposez votre àmc à recevoir cet!

— Je vous le promets, Frère F je suivrai vos

conseils et compterai sur v ■ moi1...

Notre saint, heureux: de l'espoir qu'il e • portait, se para du Soudan et passa dans le camp des Croisés; il y prêcha la pénitence, exhorta ces hors guerriers à vivr< paix 1rs uns avec les autres, et y gagna p pies,

Jacques de Vitry, alors évêque d'Acre et plus tard cardinal et évêque de Frascati, é srivait à ses amis de Lorraine:

« Nous avons vu le Frère François, fondateur de l'Ordre des Frères-Mineurs, homme simple et sans lettres, mais chéri de Dieu et des hommes, et révéré de tout le monde. Il vint à l'armée des chrétiens devant Damiettc, et un excès de ferveur l'emporta de telle sorte, que, muni seulement du bouclier de la loi, il fut assez intrépide pour au camp de Soudan, prêcher à lui et à la foi de

\. « Après eelte entrevue, saint François el ' blés rom-

pariions quittèrent le pays <!<>s infidèles, et, quelques ani

Qt rendit son âme a Dieu.

« Cependant le Soudan, devenu infirme, attendait l'accompli s se-

de la promesse qui lui avait été faiie. l)»-s pardes qu'il avait fait placer en plusieurs endroits de ses fro

ient deux frères portant L'habit de saint Fran< ois, de l duire immédiatement. Son atten I

la, le saint apparut a deux de ses fn a d'aller,

tarder, trouver le Soudan, i u salut, suivant

la promesse qu'il lui eu avait faite. Ces d ur-le-

champ, traversèrent la mer et, furent les au S ui-

dan, qui, en les voyai t.

rnaiui Dieu lui-; -tour

me sauver ; et <

saint François m'en avait faitla promesse. » A jtruit ,

des vérités de la foi, reçut e

et, ainsi régénéré en Jésus-Christ, lie dont il

était atteint, u. sou âme l\ nores

de saint Fraurois.

Fiorelti (tiud. par M. l'abbé Riche).

Jésus-Christ.... Les Sarrasins même, tout aveuglés qu'ils sont, admirent l'humilité et la perfection des Frères-Mineurs ; ils les reçoivent et leur donnent de bon cœur les choses nécessaires à la vie, lorsqu'ils vont hardiment chez eux prêcher l'Évangile....

« Reynier, prieur de Saint-Michel, est entré dans cet Ordre, trois des principaux de mon clergé l'y ont suivi, j'ai peine à retenir le chantre et d'autres encore qui veulent embrasser ce genre de vie. Cette religion se répand fort dans le monde, parce qu'elle imite exactement la forme de la primitive Église et la vie des premiers apôtres. »

Après quelques prédications parmi les fidèles d'É^ypte, François visita la Palestine, mais les documents font défaut sur ce voyage. Au retour, il allait prêcher à Antioche, et voyait venir à lui, processionnellement tous les religieux Bénédictins d'un monastère des environs de cette ville. Leur abbé venait de mourir peu de mois auparavant, et sur son lit de mort, il avait dit à la communauté réunie près de lui :

a Mes frères, vous verrez bientôt un homme d'éminente sainteté, chéri de Dieu, patriarche d'un nouvel Ordre déjà très-répandu. Il est pauvrement vêtu, de chétive apparence, mais de haute vertu. Il viendra avant peu. »

L'abbé était un saint religieux ; toute la communauté ne douta pas que sa dernière prédiction ne s'accomplit, et elle attendait l'arrivée du personnage annoncé, lorsqu'enfin elle apprit la présence de François en Syrie et dans la ville d'Antioche. Tous les religieux allèrent le chercher, l'amenèrent dans le monastère, recueillirent pieusement ses avis, et lui demandèrent de les recevoir dans on Ordre. François ayant consulté Dieu, les admit et vit venir à lui d'autres religieux des monastères voisins qu'il reçut

également; tous durent faire une entière renonciation des biens communs, et les meure à la disposition (lu patriarche d'Àntioche.

François était tout occupé des divers établissements des Frères-Mineurs en Syrie, lorsqu'un jour il voit arriver frère Etienne qu'il avait laissé à la Portioncule, et qu'il n'avait point appelé en Orient. Il l'accueille avec bonté et lui demande le motif de son voyage :

— Mon Père, lui répond Etienne, Frère Élie, que tous avez nommé votre vicaire-général, travaille activement à introduire ses idées dans l'Ordre et les frères qui veulent s'en tenir à la règle que Notre-Seigneur vous à donnée pour nous, m'envoient vous supplier en leur nom de revenir au plus tôt pour remettre les choses dans l'état où elles étaient avant votre départ.

— Et quels sont les changements que veut faire Élie ?

— Il dit aux Frères, dans toutes les conférences, que votre vie est digne des plus grands éloges, mais qu'il n'est pas donné à tous de l'imiter. Entre les choses prescrites par la règle, plusieurs paraissent, dit-il, aux yeux des hommes prudents, trop difficiles à observer ; d'autres sont absolument impraticables et au-dessus des forces humaines. Il ajoute que, de lavis des hommes sages, il est indispensable d'y apporter des modifications, d'y faire îles retranchements, et de tolérer certains usages, d'une régularité moins étroite, par condescendance pour la fragilité humaine, puisque nous vivons dans un temps d'affaiblissement et de décadence pour la foi. Plusieurs, séduits par les discours de Frère Elie, approuvent le relâchement qu'il propose. Et, chose étrange I la règle permet, hors les jours de jeune, de manger, selon le conseil évangélique, ce qui nous sera présenté, et le vicaire-général veut prescrire l'abstinence de la viande, toute Tannée , dans le cloitre et hors du cloitre.

10 ï HISTOIRE

— Ainsi, dit François, la sagesse humaine est préférée à la volonté divine ! Je consulterai le Seigneur.

Puis s'adressant à Pierre de Catane, en ce moment près de lui :

— Que pensez-vous, lui dit-il, au sujet de l'abstinence de la viande ? Puis-je l'accepter, ou dois-je m'en tenir à la règle que nous avons adoptée?

— Il ne m'appartient point d'en juger, répondit le religieux ; le législateur a seul le droit de prononcer sur ce point comme sur tout le reste.

— Eh! bien, reprit François, un navire va mettre à la voile pour l'Italie, je vais m'embarquer et retourner à Sainte-Marie-des-Anges. Dieu décidera toutes choses ; il n'abandonnera pas son œuvre.

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