D!«: SAINT FU.WT.OIS H' ASSISE, J
charité des fidèles ne vinl, à se lasser d'avoir une ("!!<' multitude d'hommes à DOUrpir. I rancois retourna sur la montagne cl consulta de nouveau la volonté divine. .1. Christ leur répondit :
a Je veux être leur partage et leur seul héritage ; je leur défends de s'emb des choses de la terre. S'ils
gardent exactement celte règle et qu'ils aient confiance en moi, j'aurai soin d'eux et ne permettrai pas qu'ils manquent des choses nécessaires à la vie. Plus leur nombre s'accroîtra, plus ils sentiront les eifets de ma providence sur eux. »
Nous emprunterons à M. Chavin de Malan le précis delà règle de saint François, afin d'en donner au lecteur une idée sufïisante.
« La règle et la vie des Frères-Mineurs consistent à observer 1(3 saint évangile de Notrc-Seigneur Jésus-Christ, vivant en obéissance, sans bien propre et dans la chasteté. Le frère François promet obéissance et respect à notre saint Pcre le pape Honorius et à ses successeurs canoniquement élus, et à rivalise romaine. » Le pape avait ajouté : « Que les autres frères soient tenus d'obéir au frère François et à ses successeurs. » Les seuls ministres provinciaux ont le pouvoir d'admettre les novices après un exaincn sur la foi catholique et jes sacrements de l'IOglise. Les postulants doivent vendre leurs biens, en di tribucr le prix aux pauvres ; mais, sous aucun prétexte, les pin is très provinciaux ne doivent se charger (h; cette affaire. Après une année d'épreuve, pendant laquelle les frères s'exerc ront a la pratique de toutes les vertus religieuses, et surtout à l'humilité, ne pigeant et ne méprisant qu'euxmêmes, ils seront admis à taire les vœux. Après avoir recommandé Je travail pour éviter l'oisiveté si pernicieuse à l'âme, de telle sorte néanmoins que IVsprit de la sainte oraison ne s'éteigne pas ; fixé les péni-
tences pour les fautes graves ; réglé les offices, les prières, l'élection du ministre général, l'assemblée des chapitres tant généraux que provinciaux, et les relations des Frères- Mineurs avec les évoques pour l'exercice du saint ministère; après quelques instructions spéciales sur les rapports i des frères avec les Pauvres-Dames, sur les missions étran- ! gères, et sur l'administration intérieure du couvent, François pose la pierre angulaire de son Ordre : « J'ordonne aux frères de ne recevoir aucune monnaie, aucun argent, / ou par eux, ou par une personne intermédiaire. Gepen- J dant, pour les nécessités des malades et pour le vêtement des frères, les ministres et gardiens y pourvoiront avec un soin vigilant, ainsi qu'ils le jugeront nécessaire, selon les temps, les lieux et les pays froids, sauf toujours ce qui a été dit, qu'ils ne reçoivent ni argent, ni aucune monnaie... Les frères n'auront rien en propre, ni maison, ni champ, ni autre chose; mais se regardant comme des étrangers et des voyageurs dans ce monde, servant Dieu dans la pauvreté et dans l'humilité, ils iront avec confiance demander l'aumône; et qu'ils n'en rougissent point, puisque Jésus- Christ s'est fait pauvre pour nous. Voilà, ô mes très-chers Frères, quelle est l'excellence de cette pauvreté sublime, qui fait des héritiers du royaume des cieux, qui vous a dénués des biens de la terre, mais qui vous a faits grands \ en vertu ! Que ce soit là votre partage et votre viatique «pour la terre des vivants; attachez-vous y donc entièrejment, et, pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ne désirez jamais posséder autre chose sous le ciel. Partout où les frères seront et se rencontreront, qu'ils se montrent les serviteurs les uns des autres et qu'ils se découvrent 1 confidemment leurs besoins spirituels; car si une mère aime et nourrit son fils selon la chair, avec combien plus d'affection chacun doit-il aimer et nourrir son frère selon l'esprit ! Et si quelqu'un d'eux tombe malade, il
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faut que les autres le servenl comme ils voudraient euxmêmes qu'on les servît. • Enfin il termine par ces belles, paroles: « Toujours soumis :i ta sainte Église romaine et abaissés à ses pieds, toujours inébranlables dans la toi catholique, pratiquons la pauvreté et l'humilité, et observons le saint Évangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ comme nous l'avons fermement promis. » Telle est la règle de saint François dans toute sa simplicité et sans glose aucune \
Elle comprenait vingt-trois chapitres et fut réduite à douze sous la dictée divine, dans la solitude de Monte- Columba. François disait souvent à ses religieux, pour les encourager à l'observer exactement :
« Mes Frères, mes chers entants, je n'y ai rien mis de moi-même ; je l'ai fait écrire telle absolument qu'il a plu à Dieu de me la révéler, il nous a fait une insigne faveur en nous donnant cette sainte règle ; car c'est le livre de vie, l'espérance du salut, le gage de la gloire, la moelle de l'Évangile, le chemin du ciel, la voie parfaite, la clef du paradis, le nœud d'une alliance éternelle ! »
Un siècle plus tard, sainte Brigitte, étant à Jérusalem, priait avec ferveur pour un Frère-Mineur qui lui avait confié les inquiétudes de sa conscience au sujet de l'observance de la règle. Notre-Seigneur dit alors à son illustre servante :
« La règle de François n'est point l'œuvre de l'esprit humain, mais la mienne ; elle ne contient pas un seul mot qui ne lui ait été inspiré par mon esprit, et il Ta donnée telle aux autres. »
Dieu, prévoyant le relâchement qui s'introduirait parmi les Frères-Mineurs, semblait multiplier les miracles et les révélations pour attester l'origine toute surnaturelle de