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l’année
les Sauvages lui mettent leur sagamité, qui est un composé de blé d'Inde bouilli ; quand ils ont du gibier, ils lui en font part. Il s'accommode à leur genre de vie, et il s’est tout dévoué à leur conversion. Cet exemple seul est capable de les entretenir dans cet esprit de religion que le Seigneur leur a donné par un effet de sa miséricorde.” (1)
Le 14 octobre 1702, en la maison seigneuriale de Saint-François, par devant Daniel Normandin, notaire, demeurant à Champlain, Marguerite Hertel, veuve de Jean Crevier, seigneur de Saint-François, tutrice de ses enfants, et Joseph sieur de Saint-François, officier d'une compagnie du détachement de la marine, tous deux demeurant à Saint- François donnent à Jean-Baptiste René, sieur Deschenaux (:) demeurant aussi à Saint-François, en pleine propriété et dégagée de tous les droits (3) et redevances seigneuriales, “ une terre qui est entre le chenal Tardif et le marais, avec ce qu’elle peut contenir de front depuis le dit chenal et le dit marais, sur toute la profondeur de la seigneurie, suivant la longueur des terres ; ensemble une île qui est vis-à-vis la dite terre, nommé l’île à Laye, avec ces petits îlets qui sont audessus et audessous de la dite île.”
Le juge Gill m'écrit à ce sujet: “Il n'y a pas à s'y tromper; on reconnaît à cette description le terrain même. Je vois que c’est ce que l'on a appelé la terre des marais (car il y en a deux) et qui est passée aux Jésuites avec l’île à Laye et que les Jésuites ont eusuite annexée à la réserve des Sauvages. J'ai vu, parmi les papiers des Sauvages un fragment de résolution entre les Jésuites (dont trois présents) à Saint- François par laquelle cette annexion était décidée, et elle a pris effet car ce terrain appartient encore aux Sauvages et.forme partie de leur commune. L'ile à Laye leur appartient aussi, moins une partie, vendue à des Canadiens, il y a longtemps, avec les îlots audessus et audessous. ”
Dans une note annexée à l'acte ci-dessus, Marguerite Hertel dit : ‘“ Mes autres enfants pourront prendre autant de terre dans la dite seigneurie que le dit Deschenaux en aura dans celle que je lui cède ce jour.”
Il est réglé, en plus, que les deux fils Crevier ci-dessus, et leurs sœurs, Maguerite et M.-Anne, venant à partager la succession, prendront d’abord les terres indiquées dans la note en question de leur mère, à même les terres non concédées, et qu’ensuite on fera le partage de la seigneurie concédée d’après les droits d’héritiers.
(1) AZistoire de l'Amérique Septentrionale, 1, 307-310. (2) Celui-ci, frère de Joseph Crevier ici nommé, a eu pour descendance les Deschenaux.
(3) L'acte de confirmation en faveur des droits du premier seigneur le Saint- Français, est du 23 mai 1701. (7ïtres Seigneuriaux, II. 70.
1702-1709—Expéditions militaires.— Captifs anglais. — Les terres de Saint-François.—Carte cadastrale.
Le 4 mai 1702 éclata en Europe la guerre dite de la ‘succession d’Espagne.” La France et l'Angleterre s'ÿ trouvaient engagées. La population des colonies anglaises, nos voisines, s'élevait à deux cent soixante et deux mille âmes, sans organisation de milice et sans troupes réglées. Un mémoire de 1701 dit : “Ces peuples sont d’une lâcheté surprenante et sans expérience de la guerre ; le moindre parti sauvage les fait fuir.” (1) La population de la Nouvelle-France était de seize mille âmes, mais, ajoute le même mémoire : “Il y a vingt-huit compagnies d'infanterie détachées de la marine. Les Canadiens sont braves, très aguerris, et infatigables dans les voyages. Deux mille d’entre eux battront toujours par tout pays les sujets de la Nouvelle-Angleterre.”
M. de Callières, gouverneur-général, refusait de laisser organiser un parti pour frapper coup sur les établissements anglais, disant qu'il fallait laisser les souverains régler entre eux leurs querelles, mais à sa mort, survenue le 26 mai 1703, M. de Vaudreuil devint son successeur et plaça LeNeuf de Beaubassin à la tête de quelques Français et d’un certain nombre d'Abénakis pour porter la guerre au cœur des colonies anglaises. C'était la coutume des Français d’être les premiers sur le terrain du combat. Ils n’attendaient jamais qu’on les inquiétât chez eux. Leur système consistait à frapper d’épouvante les populations dont ils pouvaient avoir à craindre les attaques. La troupe du sieur LeNeuf exerça des ravages dans le Maine sur quinze lieues de côtes, entre Casco et Wells, tua environs trois cents personnes (2) et ramena des prisonniers,
J'ai cru longtemps que Samuel Gill avait été enlevé durant cette campagne, mais il faut observer que LeNeuf de Beaubassin ne semble avoir eu avec lui que des Français de Québec et des Abénakis des environs de cette ville. Toutefois il était suivi par des Sauvages du lac des Deux-Montagnes. Il n’a pas dû passer par Saint-François-du-
(1) Documents publiés à Québec, 1884, tome II. 38r-2, (2) Charlevoix,—/istoire de la Nouvelle-France XX, 289. Ferland: Cours d’'Histoire IL.3 48.
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Lac puisqu'il avait devant lui la route de la rivière Chaudière et du Kénébec.
Il est possible que Samuel Gill, dont j'aurai à parler, ait été pris dans cette expédition et confié à des sauvages qui le conduisirent à Saint- François-du-Lac, mais avant que de débattre ce point parlons de la prise de Deerfield, qui peut aussi bien se rapporter à l'événement en question.
Dans le mémoire qu’il écrivit vers 1709 pour exposer ses services militaires et ceux de ses enfants, François Hertel s'exprime ainsi au sujet de l'expédition de Deerfeld.
‘“ Monsieur le gouverneur-général en 1704 honora le sieur de Rouville, , (1) la troisième de ses fils, du commandement d'un parti de deux cents (2) hommes, du nombre desquels étaient trois (3) de ses frères.
“Il enleva d'assaut, à la pointe du jour, (4) le fort de..(5) où il y avait cent vingt-sept hommes (6) armés.
“ Il tua tant dans cet assaut (7) que dans un combat qu’il soutint en faisant retraite avec son arrière-garde,de cent à cent trente hommes, (8) contre plus de cent cinquante personnes ; fit cent soixante dix (9) prisonniers. Son lieutenant fut tué et onze (10) autres de ses gens. Il fut blessé et vingt-deux autres, du nombre desquels étaient trois officiers et un de ses frères, qui faisait la fonction d’aide-major.”
(1) 11 se nommait Jean-Baptiste Hertel de Rouville, était âgé de trente-cinq ans, et lieutenant réformé.
(2) Le manuscrit de Hertel met en chiffres 200. Charlevoix écrit en toutes lettres deux cents cinquante. Garneau dit trois cents cinquante, dont cent cinquante Sauvages, (Voir première édition.)
(3) Charlevoix dit que Rouville avait avec lui quatre de ses frères,
(4) Le 29 février 1704. Garneau : Histoire du Canada II. 28, dernière édition,
(5) Mot illisible dans le manuscrit de Hertel, Il faut lire ‘‘ Deerñeld.”
(6) Le docteur M. Ethier dit que Deerfeld renfermait environ deux cents habitants (KNevue Canadienne, 1874, page 458.)
(7) A la prise de Deerfield même, Ferland dit que quarante-sept personnes furent tuées,
(8) Si l’arrière-garde était composée de cent à cent trente hommes, on peut croire que il y avait en effet dans l'expédition deux cents Français et cent cinquante Sauvages, comme dit Garneau.
(9) Charlevoix dit cent cinquante, Ferland dit que Rouville amenait cent douze prisonniers lorsqu'il abandonna Deerfield aux flammes. Bancroft dit que cent vingt furent faits prisonniers du côté des Anglais. ‘
(10) Charlevoix dit : ‘ils ne perdirent que trois Français et quelques Sauvages.” Le révérend John Williams prétend que M. de Vaudreuil lui déclara que les Français n'avaient perdu que onze hommes, mais ils ajoute que par suite du combat livré dans le plaine et des blessures mortelles reçues dans ces rencontres, un Anglais lui a dit que la perte des Français devait être de quarante hommes.
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Monsieur l'abbé Ferland donne quelques détails supplémentaires : ‘ Le parti du sieur Rouville (1) remonta le lac Champlain (2) et, par la rivière aux Français (Orion River) passa à la rivière Connecucut, qu'il suivit sur la glace jusqu’à Deerfield, établissement le plus voisin du Canada sur cette rivière...Le retour dura vingt-cinq jours.” M. Maurault dit que au retour de l'expédition, F ouville arriva à Chambty le 25 mars, n'ayant alors que ceac prisonniers ; les autres avaient succombé en route, Le Révérend John Williams fait comprendre qu’une cinquantaine de prisonniers périrent dins le trajet {3) et il dit qu’il srriva lui-même à Chambly le 25 mars, puis à Saint-François, puis à Montréal après huit semaines de marche.
Citons maintenant un texte qui a été mentionné et qui renfe:me une erreur évidente. C’est celui de Gédéon de Catalogne. Cet officier dit dans son mémoire, sous la date de 1697: ‘* Comme on ne craignait plus l'essor de l’Iroquois (4) en ce que les Abénakis venaient s'établir à Saint-François, (5) on forma un parti pour aller enlever Guarfil, (6) village anglais, d’où l’on amena grand nombre de prisonniers, qui restèrent presque tous aux Sauvages. Le ministre Williams (7) fut amené à Montréal et de là à Québec; se: deux filles parmi les Sauvages. dont une en a épousé un, malgré toutes les oppositions des gouverneurs.”"—( Documents publiées à Québec, 1884, I, page 6co.)
C'est le moment de parler du pasteur Williams et des captifs anglais.
Les Sauvages qui avait accompagné Hertel de Rouville étaient des Iroquois du Saut Saint-Louis et des Ahénakis. (8) Ils commirent des
cruautés, selon la coutume des rares barbares. Ce n’est pas ici le lieu de raconter de telies norre Bornons-nous à suivre les pauvres prisonniers au moment où il: atteignirent Chambly, et où ils ren-
contrèrent une population chrétienne qui sut prendre pitié de leurs misères. En descendant la rivière Sorel, nos habitants eurent pou: eux mille attentions charitables ; le pasteur Williams le constate dans
{1) D'apr Maurault cette troupe pertit de Montréal. listoire des Abénakis, (2) Ailant de Montréal à Chambly en raquette ie là ar la rivière Chambly
atteignant le lac Cu
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(4) En 1697, on craignait ll juois ; rtir de 1699 que l’on commença à croire qu’ils allaien et rre.
(5) Je persiste e qu’il f ttre 1699 et non 1697.
6) Dans le texte publié } < uvernement de Québec on lit ‘* Guardfi<ld .”’ Lisons ‘ Deerfield ” et rep ns l'affaire à 1704 et non en 1597.
(7) Il n'y a pas à contester que Williams fut enlevé en 1794 et non pas en 1697.
(8) Mawsaul Histoire inakis, 318.
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en 1697.
son récit. À Saint-François ils virent plusieurs enfants de leur na
tion qui avaient été enlevés l'été précédent, probablement par des bandes isclées (1) qui n’appartenaient pas à la troupe de M. Leneuf de
Beaubassin.* M. Williams raconte qu'il eut, à Saint-François une discussion religieuse avec deux Pères Jésuites. Les prisonniers furent
ensuite transportés à Montréal. Williams passa ] tard à Québec.
Samuel, fils du pasteur Williams, se fit catholique, en 1705. Ses deux sœurs restèrent en Canada. La femme de Williams, avec d’autres de ses enfans, avaient été du la mar: de Deerfield à Chambly. (2)
Ce n’était pas la prem'ére foi pi ers anglais embrassaient nos croyances et se fxaicut en Cana La liste de leurs noms est longue. Citons quelques « \u mois de juillet 1876 je recevais la lettre suivante, signée de S. P. Mayberry, de Portland dans le Maine : ‘ Entre les années 1690 et 1703, les Français et les Sauvages ayant attaqué Falmouth (Portland aujourd’hui) enlevèrent des prisonniers, parmi lesquels ‘ abella Jordan, qui fut conduite aux Trois-
Rivières et qui s’y maria. Les archives de la ville furent emportées par les vainqueur Je n'ai rien retrouvé concernant ces archives, ni même la personne ici mentionnée.
Un chercheur un peu tenace ferait une liste de plus de quatre cents noms d’Anglais enlevés durant les années 16oo-1711. Je vais citer ceux qui me paraissent se rattacher plus directement à l’histoire de Sairt-François ou des localités environnant ce lieu. Bien entendus les registres et les pièces qui nous parlent de ces captifs traduisent leurs noms en français, mais il est facile de le: omprendre mêmnt sous cette forme :
Jean-Baptiste Oicbac, âgé de quatre ans et demi, pris par M. Hertel, est baptisé, le 8 septembre 1690, au Trois-Rivières.
Au registre des Trois-Rivières, le 10 septembre 1690, on lit l'acte de baptêine d'une Anglaise, âgée de sept à huit ans, nommée Fouise, ‘amenée captive par les Sauvages et rachetée d’entre leurs mains Parrain : Messire Jean-Louis Dehennot, écuyer, sieur de la Croix, lieu nant réformé ; marraine : Demoiselle Louise, fille de Pierre Boucher.
Marthe, née le 18 janvier 1653 à Bristol, fille de ‘Thomas Mills,
d'Exeter, Angleterre, et de Marie Wadel, mariée à Jacques Smith, pui à Christophe Grant, prise le 18 novembre 1690, par M. Hertel, et demeurant chez M. Crevier de Saint-François, est baptisée, le 29 juin 5693, à Montréal.
(x) Samuel Gill et la jeune demoiselle James pouvaient être du nombre de € enfants.
{2} Voir Zaocuments publiés: à Québec, 1884, If, 430, 524 III. 4.
Elizabeth Wentworth, né en 1653 à Piscatoué, prise le 18 mars 1690 par M. Hertel, était au service de M. Pierre Boucher, seigneur de Boucherville.
Louise, née avant 1683, à Pescatoué, Nouvelle-Angleterre, fille d'Antoine Hurtado, de Fayol, en Portugal, et de Marie Hyrt, d’York, prise le 18 mars 1690, par M. Hertel, est baptisée, le 24 mai 1692, à Montréal.
Thomas Moire, Anglais de nation, baptisé, 29 mai 1604 à Batiscan.
On lit au registre de la paroisse des Trois-Rivières : “ L'an mil six cent quatre-vingt quinze, le vingt-unième jour de décernbre, est décédé, dans la communion de la Sainte Eglise, Jeau Rel, de Gentilly, après avoir reçu les sacrements nécessaires au salut, et a été enterré le lendemain dans le cimetière des Trois-Rivières.” Ce nom de ‘“Rel” m'est inconnu d’ailleurs. Ce pouvait être Reel tout aussi bien. Dans le dictionnane de M. Tanguay (1. 11) on lit, à la date du 27 janvier 1704, (registre de l'ile Dupas) la meution du mariage de “ Jean-Baptiste, fils de Jean-Baptiste Reel et de Louise Lafontaine, de Saint-Pierre de Limeric, en Irlande, avec Louise, fille de François Cottu.” Je serais porté à écrire John au lieu de Jean-Baptiste et Fountain au lieu de Lafontaine, puisqu'il s'agit d'une famille irlandaise. (x: Louis Riel, qui a tant agité notre pays, ces années dernières, descendaït en ligne droite de ce Jean-Baptiste Réel-—et celui-ci était peutêtre parent de Rel cité un peu plus haut, Il est probable que ces frlandais avaient été enlevés de la Nouvelle-Angleterre par nos troupes. La carte cadastrale de 1709 raontre la terre de Jean Reel du côté droit de la rivière Saint-François.
Deux Anglaises sont envoyées des Trois-Rivières à Québec, par Mgr de St Valligr, vers l'année 1700.
Le 11 novembre 1102 M, de Beauharrois, intendant de la Nouvelle- France, Scrivait au ministre :.,% dès que monsieur l'évêque aura fait distribuer aux pauvres Anglais qui furent faits prisonniers à Boston et préférent s'habiter ici et embrasser la foi catholique, la somme de deux mille livres qui lui a été accordée par Sa Majesté.” (1)
‘ La plus grande partie des prisonniers furent ernmenés en Canada où, malgré le cruel mode de guerre qu'on suivait à cette époque, on accueillait toujours bien ces malheureux. Les enfants et les jeunes gens faits prisonniers étaient tendremént traités par les Canadiens, et
finissaient souvent par embrasser la religion catholique et par se fixer dans le pays. On leur accordait alors des lettres de naturalisat on. Nos archives renferment de ces lettres qui contiennent des pages en-
tué
»s de noms.” (2)
(2) Crarneau, iséeire ‘nu Canada 4e édition, XII, 2
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Le 19 septembre 1608 le colonel Peter Schuyler, commandant d'Albany, ét M. Dallius, firent une échange de prisonniers, aux Trois- Rivières. Hertel était présent.
James Adams, de Wells, Nouvelle-Angjleterre, pris le 22 août 1703, avec sa femme, Catherine Ford, celle-ci eut un enfant qui naquit à Montréal le 9 novembre 1704 et mnirut le 11.
Anna Odihorn, femme de John Batson, prise avec ses enfants, le 21 août 1703, fut baptisée à Montréal, le 24 juin 1704, ainsi ue sa fille Marie-Marguerite, née à Piscadoué le 5 février 1697.
Le ro janvier 1704, à Montréal, est baptisée Catherine, enfant de William Parsons et d'Anne Wheelright, né en 1701, à Wells, Nouvelle- Angiéterre. KElle avait été prise, avec sa mère, le 22 août 1703, par les Sauvages du lac des Deux-Montagnes.
Le 17 janvier 1704, à Montréal. est baptisé Thomas Hust, né le 3 juin 1690 à Dearfeid, pris le x1 mars 1704.
Le 15 jnin 1704 à Montréal, est baptisée Abigail-Marie-Elizabeth Nimbs, née le :x inin 1709, à Dearfield, Nouvelle-Angleterre, prise, par les Sauvages le 11 mars 1704.
Le 28 octobre 1705 est baptisée, à Sorel, Marie-Madeleine Atchers, prisonnière de guerre, demeurant chez mademoiselle de Sorel. 1)
Le 6 avril 1706, à Montréal, est baptisée Marie-Françoise French, née le 39 novembre 1692, à Dearñeld, fille de Thomas French et de Marie Catlin. prise le 11 février 1704.
Le 28 mai 1708, est baptisée à Montréal Abigaïîl-Marguerite née en 1684 à Dearfield, fille de John Stebbens et de Dorothée Alexander ; elie avait été mariée, à Dearfeld, le 14 février 1704, à Jacques Denoyon qui vint s'établir avec elle dans la paroisse de Boucherville. M. de Rigaud, gouverneur-général, fut son parrain, et Marguerite Bouat, femine d'Antoine Pacaud sa marraine.
Guillaume, Aaglais de nation, âgé de 15 ans, fut baptisé le 22 avril 1705, à Batiscan.
Jean-François, captif anglais, âgé de 13 ans, fut baptisé aux Trois- Rivières, le 30 mai 1711. (2)
D'après tous les calculs qui ont été faits il paraitrait que Samuel Gill, âgé de sept à huit ans, fut enlevé de Dover, New-Hampshire,
entre les années 1702 et 1710. Une petite fille, dont le père aurait
(1) On a déjà remarqué que cette famille épelait son nom ‘‘ Saure’ ” au lieu de ‘4 Sorel.”
(2) Consultez : London Documents LV. 343,351, 40$. Tanguay : Lictionnaire Le 8,09, 10; À Travers les Registres 96-103.
Les Ursulines de Québec 1. 486; et l'ouvrage du Révérend Williams.
été un pasteur protestant du nom de James, habitant de Quembanc ou Quenibanc ou Kimmibunk, Etat du Maine, fut capturée aussi et menée à Saint-François. Dover et Quembanc sont situés sur le bord de la mer, dans le région parcourue en 1703 par la troupe de Leneuf de Beaubassin. (C2s deux enfants étaient peut-être du nombre de ceux que le Révéreud John Williams a vus en 1704 à Saint-Françoisdu-Lac. Ils peuvent aussi avoir été enlevés par des bandes de Sauvages qui opéraient isolément dans les colonies anglaises.
Le nom de “ james ”et la qualification de ‘“ ministre protestant ” ne se justifient par d'autre preuve que la tradition populaire. Le document du 26 février 1768 que je citerai plus tard fait supposer que Samuel Gill ne savait pas le nom de la localité d’où il avait été enlevé, ou bien que ses enfants n’en avaient point gardé le souvenir.
M. l'abbé Maurauilt fait décendre Samuel Gill du caporal Gill, etc, mais c'est pure imagination. Il ne suffit pas d’avoir rencontré un nom quelque part pour établir une parenté avec un autre nom. Tout récemment la même chose m'est arrivée : on a voulu me rattacher à ine famille étrangère à la mienne et dont je savais l’histoire —de sorte que j'ai édifié mes “ parents ” sur isurs origines.
C'est à Gilltown, dans le Massachusetts que fut enlevé Simuel Gill, dit M. Maurauit. Or, ce village de Gilltown a été fondé 1l y a soixante ans à peine, M. Maurauilt ne s'était donc pas rens2igné ; il parlait sur un à peu près.
1} semble bien certain que en 1715 Samuel Gill était âgé de vingt ans ; donc, il était né en 1695 et s'il vint en Canada à l'âge de huit ans ce fut en 1703.
Le document de 1768 dit que mademoiseile James fut enlevée de la Nouvelle-Angleterre après Gill et qu’elle était âgé de sept ans. Nous avons de la marge entre 1703 et 1710.
Samuel est mentionné comme fils du “ sergent Gil.”
A défaut de dates précises tenons-nous en à la période de 1703- 1710 ; pendant ces sept ou huit années les Sauvages alliés des Fran çais ne cessèrent de faire des prisonniers chez nos voisins.
Les Abénakis dont les villages se trouvaient rapprochés des Anglais et qui craignaient d’être maltraités par ceux-ci en représailles des campagnes de 1703 et 1704, demandèrent un refuge au Canada. On les établit sur la rivière Bécancowur, près des Trois-Rivières, où vi vaient déjà plusieurs familles de leur nation. (1)
C'est à Saint-François-du-Lac que se réunit le gros de l'expédition qui, en 1708, sous les ordres des sieurs Saint-Ours des Chaillons et
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