Page 32.) — Cf. Cartas desan Ignacio, vu
45. (Page 35.) — « Scripsit insignem de Sanctissima Trinitate tractatum in « ipso primo melioris vitse tirocinio, rudis litterarum : quem quis nobis inviderit, « aut cujus vitio interciderit, non habeo dicere. » Cf. Bibl. script. Soc; Orland., lib. 1, n° 27 ; Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 535, n°6o5.
46. (Page 35.) — Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 652, n° 30.
47. (Page 36.) — « His visis haud mediocriter tum confirmatus est, ut saepe « etiam id cogitaret, quod etsi nulla Scriptura mysteria illa fidei doceret, tamen « ipse, ob ea ipsa, quse viderat, statueret sibi pro his esse moriendum.» Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom vu, pag. 652, n° 29.
48. (Page 36.) — Sur le piédestal de la croix du Tort, on lit encore cette inscription :
Hic habuit S. Ignatius
Trinitatis visionem
49. (Page 37.) — « Un samedi soir, à l'heure de complies, Ignace tomba dans « un évanouissement si profond que ses amis le crurent mort. Ils l'auraient enterré, « si l'un d'eux n'avait eu l'idée de lui mettre la main sur le cœur qui battait
Histoire de S. Ignace de Loyola. 23
« encore, quoique bien faiblement. Ignace demeura ainsi hors de lui, en extase, «jusqu'au samedi suivant, à la même heure. Alors, en présence de plusieurs « personnes qui le veillaient, il ouvrit les yeux comme un homme qui sort d'un « doux et bienfaisant sommeil, et dit d'une voix suave et pénétrée : Ay Jésus! » Ribadeneira, Vida, lib. i, c. 7.
Les témoins de ce fait l'ont eux-mêmes raconté. Les Bollandistes citent en particulier le témoignage d'Agnès Pascual et de son fils Jean Pascual.Ce dernier disait, 39 ans plus tard : « Je m'en souviens à merveille. J'avais à cette époque « 16 ou 17 ans. Je le vis dans cet état et je courus l'annoncer à ma mère, en lui « disant: Notre saint maître est mort; Magis ter obiit sanctus ille. » Qi.Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 601, n° 948; pag. 676, n° 51. Le procès de Béatification parle longuement de ce rapto de huit jours. Cf. Mirioress., pag. 6, art. 6. — La chambre où saint Ignace eut ce ravissement fut restaurée et transformée en pieux sanctuaire, dès l'année 1625. Elle forme, avec la petite chapelle de Sainte-Lucie, deux annexes de l'église du collège de la Compagnie. Les briques, sur lesquelles le Saint était étendu, existent encore. Une statue d'Ignace en bois sculpté, revêtu d'un sac et couché sur les dalles, reproduit la scène d'une façon saisissante. A côté, sur le mur, une inscription rappelle le prodige. Saint Ignace — en priant dans cette chapelle — fut ravi en extase — il tomba le corps sur le sol — sur les mêmes dalles — qu'on voit et qu'on vénère aujourd'hui. — II monta en esprit au ciel — et vit le grand Ordre — qu'il devait fonder — sous le nom de Jésus — son blason, sa fin, son institut — sa propagation dans les deux mondes — ses entreprises, ses conquêtes et ses victoires — ses succès dans les lettres, sa sainteté et ses martyres — La vision dura huit jours — Lieu mémorable — à cause du ravissement de S. Ignace — et à cause de la révélation — de la Compagnie de Jésus.
Tous les ans, depuis plus de deux siècles, à partir de la veille du dimanche de la Passion, on célèbre, dans la chapelle del Rapto, une octave solennelle en mémoire du ravissement de saint Ignace. Cf. P. Fita, S. J. La santa Cueva, § 1, n° 4, pag. 26, 38; San Ignacio en Manresa. Album historico, n° 7.
50. (Pag. 37.) — Tous les samedis, dit un témoin, dans le procès de canonisation. Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 428, n° 46.
51. (Pag. 38.) — Les Bollandistes citent quelques traits intéressants de la déposition de Jean Pascual, au procès de Béatification de saint Ignace. « Le lendemain « du jour où je revins de Tarragone, en compagnie de D. Antoine Pujol, mon « oncle, ma mère voulut aller faire une promenade hors de Manrèse, et je l'ac- « compagnai. Elle m'entretint de la sainteté du P. Ignace. Ses sublimes vertus « le lui faisaient regarder comme un apôtre. Aussi, me disait-elle, j'ai un vif désir « de l'emmener à Barcelone, et je t'ai fait venir avec ton oncle, afin que vous « exécutiez ce projet. Je suis persuadée que Notre-Seigneur, par les mérites de « ses prières, veillera avec sollicitude sur ma famille, sur ma fortune, sur mon « âme surtout et sur la tienne. Je désire fort que tu fasses sa connaissance, ajouta « ma mère, car je ne l'avais pas encore vu : il passait, en effet, toute sa journée « au milieu des pauvres, dans les hôpitaux ou dans les églises. Je veux, conti- « nua ma mère, que tu l'aimes et que tu le respectes comme un père. Or, tandis « qu'elle me parlait ainsi, elle avait peine à retenir des larmes de tendresse et de « dévotion. Au moment où nous arrivions près du pont de la ville, Ignace vint
« au devant de nous, avec la modestie, la gravité et le maintien d'un ange. Il « était vêtu en pèlerin, la besace sur l'épaule pour porter le pain et les autres « aumônes qu'il avait reçues. Il marchait en récitant je ne sais quel office, et « portait au cou un grand chapelet. Lorsqu'il s'aperçut que ma mère l'appelait, « il vint à nous, la figure riante, et se mit à parler de choses de dévotion. Ma « mère lui demanda s'il irait volontiers à Barcelone, s'il consentirait à vivre dans « sa maison, où il pourrait se livrer à ses pieux exercices et faire des aumônes à « son gré. Ignace répondit: Oui, bien volontiers; d'abord parce que je crois que « tel est le bon plaisir de Notre-Seigneur, et ensuite à cause de vous à qui je <.< dois autant qu'à une mère; j'ai déjà parlé de mon départ avec D. Antoine « Pujol, votre frère. Ma mère lui dit alors en me montrant: voici mon fils; il ira «avec vous. Je l'ai fait venir exprès. Je l'aime comme la prunelle de mes yeux, « parce que de mes deux mariages, je n'ai eu d'autre fruit que cet enfant; et, « pour que vous intercédiez pour lui auprès de Notre-Seigneur, je vous le recom- « mande comme un frère. Enseignez-lui des pratiques de dévotion : il vous obéira « fidèlement en tout ; ne le perdez pas de vue ; je voudrais qu'il fût vertueux, et « j'espère qu'il le sera en votre compagnie. Ma mère m'ayant dit de lui baiser la « main, Ignace ne voulut point le permettre; il m'embrassa tendrement et dit à « ma mère: je suis bien heureux que vous ayez un tel fils, et moi un si bon « frère. Il me regarda au visage, à deux ou trois reprises, en disant : C'est la phy- « sionomie d'un homme de bien; j'en suis content. Nous traiterons ensemble de « matières importantes pour le salut, et qui le consoleront. Ce sera un plaisir pour « moi; car je me sens bien disposé à son égard, parce qu'il est chrétien et qu'il « est fils d'une telle mère. Les deux jours suivants, il fit ses adieux aux gens de « Manrèse qu'il laissa dans une désolation incroyable. La meilleure et la plus « grande partie des habitants pleuraient son départ, comme s'ils avaient perdu « un ange ou un saint. Il partit pour Barcelone avec mon oncle, tandis que je « demeurai avec ma mère pour achever quelques affaires à Manrèse, d'où nous « ne pûmes partir que trois semaines après. » Histoire ms. de la Prov. d'Aragon, liv. i, c. 8 ; Carias de san Ign., tom. i, pag. 5, note 4 ; Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 428, n° 45, 46.
52. (Pag. 38.) — En allant de la rue Sobreroca vers l'église del Carmen, avant de monter l'escalier qui conduit à l'ancien couvent, on trouve à gauche l'oratoire de San Ignacio enfermo. Le Saint fut plusieurs fois accueilli et soigné en ce lieu par les maîtres de la maison. Depuis l'année 1354, cette pieuse famille recevait continuellement, chez elle, deux pauvres malades de l'hôpital, qu'elle traitait comme N. S. J.-C. en personne. En 1522, le chef de la famille se nommait André Amigant, la mère Angèle, et le fils aîné Joseph. Même lors des deux autres maladies, malgré l'avis des médecins qui déclaraient ces maladies contagieuses, ils n'hésitèrent pas à visiter et à soigner Ignace, Dans leur maison, ils le traitèrent comme un des leurs. Saint Ignace se montra reconnaissant, pour tous les soins affectueux dont il avait été l'objet de la part de cette famille que plus tard, dans ses lettres, il appelait sa famille, su casa payral. Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 652, n° 32-34. P. Fita, La santa Cueva, § 1, n° 4, pag. 31-33 ; San Ignacio en Manresa. Album historico, n° 18. Barcelona, 1891. Un ancien tableau de famille représente saint Ignace et, autour de lui, ceux qui
le soignent. Au-dessus du lit, le peintre a écrit : S. Inatius — de Loyola — languens ; et au pied : Hi«c omnia — Evenerunt 22 Julii anno 1522. Sur un des murs de la chapelle, on trouve encore ime croix qui fut tracée par le pieux malade.
53. (Page 39.) — A côté de la chapelle dcl Rapto, on a conservé, dans le mur, le seuil de la porte d'entrée de l'hôpital et la pierre, sur laquelle saint Ignace s'asseyait, pour enseigner le catéchisme. On lit au-dessus : S. Ignace de Loyola — assis sur ces pierres — enseignait la doctrine — aux pauvres de l'hôpital — et aux enfants du voisinage. A l'entrée de la chapelle Sainte-Lucie, au-dessus du bénitier, on a écrit : C'est dans ce bénitier que S. Ignace prenait de l'eau bénite. Cf. P. Fita, La santa Cueva, § 1, n° 4, pag. 26 ; San Ignacio en Manresa, Album historico, n° 6, 7, 8.
54. (Page 39.) — « Quo tempore, homo, litterarum plane rudis, admirabilem « illum composuit Exercitiorum librum, Sedis Apostolicœ judicio et omnium « utilitate comprobatum. » Lect. Brev. rom. D'après les meilleurs calculs, les Exercices furent écrits, avant le 22 juillet 1522. Que saint Ignace ait été aidé par la très sainte Vierge, pour la substance première des Exercices et pour leur marche générale, on en a un grand nombre de preuves qui paraissent concluantes. Le P. Fita cite, pour la première fois, le témoignage suivant, tiré de l'histoire manuscrite du collège de Belen, à Barcelone (folio 22, ann. 1606). Il y est question du P. Lorenzo de Saint-Jean qui vint à Manrèse, à la fin du XVIe siècle ou au commencement du XVIIe. « Passant par Manrèse, il sut du « seigneur Amigant que la Vierge avait dicté les Exercices à notre Père, après « un ravissement qu'Ignace eut devant l'image de l'Annonciation de cette « maison, comme on l'avait appris de la bouche môme du Saint, pendant son « séjour à Manrèse. » Le médaillon de marbre qui représentait la Vierge de l'Annonciation fut retrouvé par Joseph de Amigant, comte de Foullar, quand il fit restaurer la chapelle de San Ignacio enfermo. Cf. Acta Sanclorum, Jul., tom. vu, pag. 430, n° 52 ; P. Fita, La santa Cueva, § 1, n° 7, pag. 47.
55. (Page 41.) — « Le titre complet est Principe et fondement ( Principio y Fun- « damentoJ.Le Principe indique quelque chose de plus spéculatif. C'est du principe à poser que l'auteur des Exercices déduira toutes les propositions particulières «de son ouvrage; c'est ce principe qui pénétrera toute la substance des Exer- « aces, et c'est à ce principe que tous les Exercices pourront se réduire. Le prin- « cipe est, en même temps, dans la pratique un fondement, sur lequel s'appuie « l'ensemble des Exercices et repose tout l'édifice de la vie spirituelle, principe « et fondement. Celui qui vit sans ce principe est le jouet de ses passions; on vit « au hasard,tantôt bon, tantôt mauvais, selon les circonstances de temps, de lieux, « de personnes, d'objets. Sans ce fondement, la vertu elle-même n'est point « solide, et la vie, lors même qu'elle est bonne, ressemble à une maison bâtie sur « le sable dont on doit toujours craindre la ruine. » P. Roothaan, Comment, des Exercices.
56. (Page 42.) — Cf. Oliv. Manare, Comment, dereb. Soc, pag. 129, § 16.
57. (Page 43.) — «Cette première semaine est le fondement et la base de toutes « les autres, et il ne faut jamais l'omettre. Ainsi, eût-on déjà fait les Exercices de « cette semaine ou les Exercices entiers, c'est encore par cette première semaine
« qu'il faudrait commencer, mais on pourrait s'y arrêter un temps moins consi- « dérable. » Directoire, c. xi, § 4. Le but de tous les Exercices de cette semaine « est de reconnaître que nous sommes éloignés de la voie qui devait nous con- « duire à la fin pour laquelle nous avons été créés, de nous repentir par consé- « quent d'une erreur si grave, de concevoir un désir intense de rentrer dans cette « voie et d'y persévérer. » Directoire, c. xi, § 3.
58. (Page 46.) — « La fin de la seconde semaine est de nous proposer JÉsus- « Christ, Notre-Seigneur et le Sauveur de nos âmes, comme la véritable voie, «ainsi qu'il le dit lui-même: Ego sum via, veritas et vita ; nemo venit ad Patrem « nisi per me. » Joan., xiv, 6. Directoire, c. xxm, § 1.
59. (Page 46.) — « Preparare et disponere animum ad solvendas affectiones « omnes maie ordinatas, et, iis sublatis, ad qugerendam et inveniendam volunta- « tem Dei, circa vitse sua institutionem, et salutem animas. » Annotation.
60. (Page 47.) — Après l'approbation de l'Institut par Paul III, Miona se rendit à Rome et devint à son tour le disciple d'Ignace. Les grands exemples d'humilité, d'obéissance et de mortification qu'il donna, dès les premiers jours, eurent, parmi ses anciens amis, un si merveilleux retentissement qu'ils suffirent à déterminer bien des vocations incertaines ou chancelantes. Il fit sa profession des quatre vœux, le 15 août 1549, entre les mains de saint Ignace, qui l'envoya ensuite à Palerme. Le P. Miona consacra, durant vingt ans, ses dernières forces au bien des âmes, à Rome et en Sicile. Ne pouvant plus dans sa vieillesse, que s'entretenir avec Dieu dans la prière, il se levait trois heures avant la communauté, et demeurait en contemplation jusqu'à midi. Le soir, il consacrait plusieurs heures à chanter les louanges de la très sainte Vierge, qui daigna le visiter aux approches de la mort et lui donner l'assurance qu'il jouirait bientôt de la gloire des saints. Il mourut à Rome, le 4 mars 1567. Cf. Oliv. Manare, De reb. Soc. comment., cap. vm, § 21; Hist. Soc, P. 1, lib. 1, n. 123; lib. ix, n° 2; Patrign., tom. 1, 4 mars, pag. 29 ; Alcazar, Cro?io-Hist., P. ni, lib. ix, n° 2.