‹ Histoire de Saint Ignace de Loyola d'après les documents originauxChapitre 152 sur 168 · Page 57.) — Cf. Imago i; sœc. Soc, lib. m, cap · texte numérisé non relu

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70. (Page 63.) — Le personnage, dont le P. Bartoli tait le nom, est le célèbre Melchior Cano, dominicain, originaire de Tarancon, théologien distingué, mais esprit obstiné dans ses préventions. Nommé évêque des Canaries, il ne prit pas possession de son évêché et mourut Provincial de Castille, en 1560. Jusqu'à sa mort, il poursuivit la Compagnie de Jésus d'une haine implacable. Rien ne put arrêter ou modérer ses attaques passionnées ; ni les appréciations d'hommes du plus grand mérite comme celles du Dr Pena, son confrère, qui écrivit une apologie des Jésuites, ou comme celles du vénérable Jean d'Avila à qui saint Ignace écrivit une lettre sur ce sujet (Cf. Cartas de san Ignacio, clxi) ; ni le désaveu de ses frères et du P. Romeo, Général des Dominicains (Ci. Hist. Soc, P. 1, lib. vin, n° 46), ni enfin un Bref de Paul III. — Melchior Cano dut connaître saint Ignace, en 1527, à Salamanque, lorsque les Dominicains du couvent de Saint-Etienne le retinrent prisonnier, comme suspect dans sa doctrine. Un peu plus tard, en 1542, à Valladolid ou en 1545, à Alcala, Melchior dut traiter avec le B. Pierre Le Fèvre. Envoyé à Rome, en 1542, pour prendre part au chapitre général de son Ordre, il put revoir saint Ignace, et dut entendre parler de lui. Canonousapprend que son antipathie contre la Compagnie datait de cette même année. Cette antipathie grandit encore, les quatre années suivantes qu'il passa comme professeur à l'université d'Alcala. Mais c'est surtout en 1548, qu'elle éclata, à Salamanque, où, devenu maître en sacrée théologie, il se trouvait en face des Pères de la Compagnie Michel de Torres et Jean-Baptiste Sanchez, eux aussi professeurs à l'Université. — La chaire de sa classe et la tribune sacrée, les conversations et les leçons, la parole sainte et la plume de l'écrivain furent mises par Cano au service de ses violentes rancunes. A son avis le nom de Compagnie dt Jésus ne pouvait être adopté sans orgueil, ni même sans prétention schismatique (Delocis, lib. iv, c. n). L'Institut était nouveau et par trop contraire aux autres Ordres. Il se plaignait de l'absence de Constitutions, juste au moment où saint Ignace travaillait à composer celles qui ont fait l'admiration des plus grands esprits. Il réprouvait l'absence de costume. Le livre des Exercices spirituels,^, unanimement loué parles saints contemporains de saint Ignace, par ceux qui ont vécu après lui, approuvé et recommandé par le Saint-Siège apostolique, lui paraissait, à lui, un livre dangereux, digne des hérétiques illuminés. Il traitait ouvertement le Fondateur et ses enfants d'hérétiques secrets, d'illuminés, de gnostiques, d'hommes plus à redouter que les Luthériens d'Allemagne. Ces hommes étaient, disait-il, les précurseurs de l'antechrist, chargés de lui préparer les voies. Cano leur appliquait, dans ses prédications et dans ses leçons publiques, les passages prophétiques des Livres saints (Matth., xxiv, 24; II Thess., 11,3, 7,9,

10; I Tim., iv, 12 ; II Tim., m, 1, 2, 5, 6). Cf. Carias de san Ignacio, tom. il, Append. 11, n°8 — 14.

71. (Page 67.) — « Documenta et Exercitia prsedicta, ac omnia et singula in <L eis contenta, auctoritate praadicta, tenore praesentium, ex certa scientia no- « stra, approbamus, collaudamus et praesentis scripti patrocinio communimus. » Bulle de Paul, m.

72. (Page 67.) — Cf. Carias de san Ignacio, tom. 11, Append. 11, pag. 504 ; tom. v, Append. 11, pag. 441 — 460.

73. (Page 68.) — « Ut omnes quotannis vacent spiritualibus Exercitiis per « octo vel decem dies continuos, atque id efficaciter et omnino fiât, statutus « est iste annuus spiritualium exercitiorum usus, et omnibus summopere a Con- « gregatione commendatur ». Çongreg. vi, Dec. xxix, n° 2. — « Detur opéra ut « annua Exercitia spiritualia praescripta, exacte ab omnibus fiant, omni omnino « excusatione et occupatione seposita ac superata ; ita ut neque negotiis, neque « confessionibus eo tempore distineantur, servata etiam in illis proportione me- « thodoque, quibus intégra exercitia fiéri consueverunt, praesertim quod ad « recessum ab omnibus. » Congreg. vu, Dec. xxv, n° 5 ; Congreg. vin, Dec. xxxvm, n* 1, 2.

74. (Page 71.) — Cf. Epistola Prœpos. gen., tom. 1, pag. 276. Gandavi, 1847.

75. (Page 71.) — Cum sicut nobis nuper exponere fecit dilectus filius Goswi- « nus Nickel, Praepositus Societatis quotannis, et plerumque plurimae aliae, sive « ecclesiasticae et aliorum Ordinum et Congregationum Regularium, sive laicae, « exercitiis spiritualibus a sancto Ignatio dictae Societatis Fundatore institutis, in « domibus ejusdem Societatis peroctiduum vacare consueverint : Nos qui probe « scimus,quanto opère conducant exercitia hujusmodi dirigendis in viam Domini « et confirmandis in illa Christi fidelium mentibus, devotionem eorum, qui « operi adeo pio et salutari vacaverint, cœlestium Ecclesiae thesaurorum elargi- « tione magis incitare volentes... » Par un Bref du 29 mars 1753, Benoît XIV confirma le Bref d'Alexandre VII, et étendit la concession de l'indulgence plénière aux fidèles qui suivraient les Exercices, donnés publiquement dans une église ou chapelle delà Compagnie. Deux mois après, le 16 mai 1753, le même Pontife accorda la même indulgence, à tous ceux qui suivraient, dans toute autre église que dans celles de la Compagnie, ces Exercices donnés par un Jésuite. Enfin Grégoire XVI a accordé par un nouveau Bref, l'indulgence plénière à tous ceux qui assisteraient aux Exercices d'une mission donnée par un membre de la Compagnie. Cf. Instit. Varia rescripta et indulta pag. 54. Florentiae, 1886.

76. (Page 72.)— « Je lui (à saint Ignace) demandai, dit le P. Gonçalvès, com- « ment il avait écrit ses Exercices. — Je n'ai pas composé, tout d'un trait, les « Exercices, me répondit-il. A mesure qu'une chose me paraissait devoir être « utile aux autres, j'en prenais note. Comme, par exemple, la méthode de mar- « quer sur des lignes le résultat de l'examen de conscience.» Il m'affirma en par- « ticulier, qu'il avait rédigé ce qu'il dit des méthodes d'élection, d'après l'action € des esprits, action qu'il avait lui-même éprouvée durant sa maladie à Loyola. » Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 644,11099; pag. 432, n° 65 — 73 ; Christ. Gomez. Elogia, S. J., P. 1, El. vu, n° 9, 10.

77. (Page 75.) — On raconte que le nom d'/nigas, par allusion au nom d'Inigo (Ignace), fut donné aux personnes qui suivaient les Exercices spirituels. Dona Agnès Pascual eut tout particulièrement à souffrir delà part des ennemis du Saint. Elle dut même, pour se défendre, appeler à son secours Don Antonio Pujol, son frère, confesseur de l'archevêque de Tarragone. Cf. P. Fita, Santa Cueva, pag. 53, 55 ; Acta Sanciortim, Jul., tom. vu, pag. 428, n° 45.

78. (Page 76.) — D'après le témoignage de Jean Pascual, Ignace ne prit l'habit de clerc que plus tard, à son retour de Jérusalem. Cf. Acta Sanctonim, Jul., tom. vu, pag. 441, n° 110.

79. (Page 76.) — « Parmi la foule qui s'était réunie autour de lui, au moment « du départ, une femme portant un enfant dans ses bras, se faisait remarquer par « ses cris de douleur. Ignace se retourna vers elle, toucha de la main la tête de « l'enfant, engagea tous les assistants à élever chrétiennement la jeunesse et pro- « mit en particulier à cette mère, si affligée de son départ, que son fils vivrait « longtemps, embrasserait l'état de mariage et laisserait une nombreuse posté- « rite. » La prédiction se réalisa. Cf. Garcia, Vida, lib. 1, c. xn.

80. (Page 77.) — Le récit suivant du vénérable P. Dupont, dans sa vie du P. Balthazar Alvarez, chap. 43, vient à l'appui de cette tradition : « Parmi les « nombreuses âmes de haute oraison, avec lesquelles j'ai eu à traiter dans le « cours de ma vie, une d'entre elles que Notre-Seigneur et la sainte Vierge favo- « risaient de grâces extraordinaires, et dont la sincérité me donne toute la cer- « titude morale que l'on peut exiger en pareille matière, me dit un jour ce «que je vais rapporter. En l'année 1600, comme elle apprit que les membres « de la Compagnie allaient faire, selon leur usage, les saints Exercices, elle «voulut elle aussi, se recueillir, dans sa maison, et les faire le mieux qu'elle « pourrait. Elle commença donc sa retraite, et, un matin qu'elle était unie à Dieu « dans l'oraison, elle vit des yeux de l'âme s'approcher d'elle un ange d'une « grande majesté. Ce prodige la jeta dans l'étonnement ; elle ne savait qu'en « penser. Son céleste visiteur lui dit qu'il était l'archange Gabriel, envoyé par la « très sainte Vierge Marie pour la saluer et lui faire certaines communications. « Comme elle était fort humble, ces paroles augmentèrent sa surprise. Elle « se recueillit en elle-même, et demanda à l'ange, avant qu'il lui déclarât l'ob- « jet de son message, de lui permettre de traiter à loisir avec Dieu, Notre-Sei- « gneur, une affaire aussi importante : ce qu'elle avait coutume de faire en « semblables circonstances. L'ange, à qui l'humilité, la circonspection et le saint «recueillement sont très agréables, lui répondit qu'il acquiesçait volontiers à « sa demande. Alors cette personne, sans plus s'occuper de la présence de « l'envoyé de Marie, que s'il n'eût pas été là, s'approcha de Notre-Seigneur « que la foi nous montre présent en tout lieu; elle lui exposa avec un vif senti- « ment d'humilité sa misère et sa bassesse, implorant sa miséricorde, et le priant « de daigner la préserver de tout ce qui ne serait pas conforme à sa très sainte « volonté. Ayant passé un temps considérable absorbée dans ses pensées, elle « entendit en son âme la voix de Notre-Seigneur qui lui ordonnait d'écouter ce « que l'ange avait à lui dire. Rassurée intérieurement par ces paroles, elle ne « douta plus que tout ne fût l'œuvre de Dieu; elle reconnut l'action surnaturelle « dont la divine majesté se sert pour traiter avec ses serviteurs, et qu'elle em-

« ployait autrefois pour se communiquer aux prophètes (Cf. S. Thom., 2, 2, « qusest. 171, art. 5). Ainsi disposée, elle attendit à genoux, dans l'attitude du « plus profond respect, les paroles du messager céleste. Alors Gabriel lui dit au « nom de la Reine des cieux : Ces Exercices que vous avez résolu de faire, à peu «.près suivant la méthode de la Compagnie de Jésus, en méditant et en réfléchis- « sant sur la grandeur de Dieu et sur les biens infinis qu'il vous procure par <i Jésus-Christ, causeront un singulier plaisir à notre Reine. Car elle veut que je « vous le déclare : c'est elle qui fut en quelque sorte la fondatrice des Exercices, et « elle en est encore la patrotine; c'est elle qui en inspira à saint Ignace le dessein, « et qui l'aida à l'exécuter : à ce titre, c'est en elle que cette œuvre a pris com- <i mencement ; bien plus, Marie passa tout le te?nps de sa vie mortelle occupée <Lde ces saints Exercices. » Cf. Ribaden., Vida, lib. 1, c. 8; Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 431, n°58.

81. (Page 78.) — Ce crucifix, du temps de saint Ignace, occupait la place de la croix de fer, située près du couvent de Sainte-Claire et encore appelée aujourd'hui croix du Tort. C'est devant cette croix que saint Ignace eut entre autres merveilleuses visions, celle de la Très-Sainte-Trinité. Actuellement ce crucifix est au-dessus de la porte d'entrée dans la Santa Cueva. Une inscription placée au pied de la croix atteste que le prodige fut reconnu authentique par l'évêque de Vich, sur la déposition de 16 témoins dont deux chanoines, trois médecins et un docteur en droit. Hic habuit S. Ignatius Trinitatis visionem 1522. Cf" P. Fidel Fita, La sanla Cueva, pag. 113; San Ignacio en Manresa. Album historico, n° 28.

82. (Page 78.) — Ignace écrit Roser; Garcia*, Rosés; Gonçalvès, Rosellon, Rosella (cum Isabella Rosella). Cf. Carias de san Ignacio, iv.

83. (Page 79.) — Par une lettre que saint Ignace adressait de Paris, le 10 novembre 1532, à Isabelle Roser, on voit que Doua Cepilla ne cessa de se montrer dévouée au Saint. « Vous me demandez si je ne suis point d'avis d'écrire à « nos autres sœurs et mes bienfaitrices en Jésus-Christ, afin d'avoir désormais « recours à elles. En cela j'aimerais mieux me déterminer par votre jugement « que par le mien. Bien qu'une d'elles, Doua Cepilla, me fasse les offres les « plus obligeantes dans sa lettre et montre un sincère désir de me venir en aide, «je ne crois pas pour le moment devoir écrire dans le but d'obtenir des secours « pour les études, par ce que nous ne sommes pas sûrs d'avoir un an devant « nous. » Cf. Carias de san Ignacio, iv.

84. (Pag. 80.) — Au récit incomplet et inexact du P. Bartoli nous substituons le récit fidèle et complet que saint Ignace lui-même fit au P. Gonçalvès. Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom vu, pag. 653, n° 40.

85. (Pag. 80.) — Il lui restait cinq ou six petites pièces de. cuivre et d'argent 'appelées blancas. <l Comme il ne savait ni l'italien, ni le latin, ses amis, raconte

« le P. Gonçalvès, le sollicitèrent de prendre avec lui, au moins pour l'Italie, un « compagnon de voyage, connaissant la langue du pays, et qu'on lui désigna. « Mais il n'y voulut pas consentir, et répondit avec cette manière énergique qui « lui était propre,que lors même qu'on lui proposerait le fils du Duc de Cordoue, « il ne l'accepterait pas, et qu'il ne voulait pour société que la foi, l'espérance et

« la charité : que s'il prenait un compagnon, il aurait recours à lui lorsqu'il aurait « faim ; que s'il venait à tomber, celui-ci l'aiderait à se relever; que de cette « façon, il se reposerait sur lui et s'attacherait à lui, tandis qu'il ne voulait aimer « que Dieu, et ne mettre qu'en lui son espérance et sa confiance. Et Ignace « parlait ainsi avec une entière conviction. » Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 652, n°35.

86. (Page 81.) — « De Gaëte à Rome, Ignace eut beaucoup à souffrir.Comme «la peste sévissait, cette année-là (1523), des gardes défendaient l'entrée des « villages aux étrangers, et notre pèlerin ne put bien souvent trouver ni pain, ni « abri. » Ribadeneira, Vida, lib. 1, c. 10.

87. (Page 85.) — « Le jour même où il devait s'embarquer, saint Ignace fut « saisi par une fièvre violente. Malgré l'avis des médecins , il monta sur le « navire dont le mouvement, au lieu d'aggraver son mal comme on pouvait «le craindre, le guérit bientôt complètement.» Ribadeneira, Vida, liv. 1, c. 10.

88. (Page 86.) — Ignace, qui comptait restera Jérusalem, venait d'écrire une lettre pour Barcelone, et en commençait une autre, lorsque on vint le chercher de la part du P. Provincial revenu de Bethléem. Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 954, n° 46.

Les Bollandistes signalent, d'après une vie du Saint écrite par ordre du P. Général Mutius Vitelleschi, une lettre de saint Ignace écrite de Jérusalem à Agnès Pascual. Le Saint parlait de tout ce qu'il avait visité à Jérusalem et y exhalait son ardent amour pour Jésus-Christ. Cette lettre n'existe plus. Cf. Acta Sanctoriim, Jul., tom. vu, pag. 440, n° 106.

89. (Page 87.) — Padre, yo os obedeceré, y lo haré asi como me lo ordenais : « Père, je vous obéirai, et je ferai comme vous me l'ordonnez. » Ribadeneira, Vida, lib. i, c. il.

90. (Page 87.) — Dib à la guardia un cuchillo de escribanias que llevaba: « il donna au garde un canif qu'il portait. » Un peu plus loin, Ribadeneira raconte que saint Ignace donna encore las tijeras (les ciseaux) que le habian quedado de las escribanias ; ce qui suppose évidemment que le Saint avait une sorte de portefeuille ou d'étui (escribania) contenant ce qu'il fallait pour écrire, tailler les plumes, couper le papier, etc. Cf. Ribadeneira, Vida, lib. 1, c. 11.

91. (Page 89.) — Bartoli parle de Jules : I giuli interi, dei quali havea ifitorno a quindici. Ribadeneira parle de reaies: Hasta darles todos los reaies. Le jules valait 25 ou 30 cent; le real, 25. Saint Ignace avait, en argent, environ 3^,75.

92. (Page 91.) — Le P. Ribadeneira ne dit pas que cet espagnol fût un officier : Un espaùol de pura Idstima le llevô consigo, y le albergo y reparb ddndole de co7ner. Cf. Ribadeneira, Vida, lib. 1, c. 1 2.

93. (Page 91.) — Le capitaine français savait qu'Ignace était espagnol, mais il ne savait pas qui il était. Ribadeneira n'indique pas que ce capitaine fut basque. Le basque, c'est Rodrigo Portundo qu'Ignace rencontra, quelque temps après, à Gênes. Llegado d Génova, topo con Rodrigo Portundo, vizcaino, que era entonces General de las gâteras de Espana, y habia sido su conocido en la cbrte de los Rcyes calblicos. Este le amparo y diô orden para que se embarcase en u?ia nave que pasaba â Espana. Cf. Ribadeneira, Vida, lib. 1, c. 12.

94. (Page 91.) — Avant de suivre les leçons d'Ardebalo, Ignace se rendit à Manrèse pour voir un saint religieux, d'après Gonçalvès, de l'Ordre de Saint- Bernard. Il se proposait de s'occuper d'études auprès de lui, tout en ne négligeant point le soin de sa perfection. Ce religieux étant mort, Ignace revint à Barcelone. Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 656, n° 54; pag. 441, n° 108.

95. (Page 94.) — Cf. Carias de san Ignacio, du. — « Des hommes savants « et pieux, raconte le P. Ribadeneira, conseillèrent à Ignace la lecture du « livre d'Erasme, intitulé: Le soldat chrétien; De Milite Christiano. Il y trou- « verait, disaient-ils, une belle latinité et, en même temps, un aliment pour « sa dévotion. De fait, Erasme, à cette époque, avait la réputation d'un « savant et habile écrivain. Le confesseur même d'Ignace fut d'avis que « cette lecture lui conviendrait. Ignace se met à l'œuvre avec simplicité ; « il lit attentivement, il note les phrases et les locutions. Mais bientôt « il remarque un phénomène qui ï'étonne: à mesure qu'il avance dans la « lecture d'Erasme, sa dévotion se refroidit et la tiédeur le gagne. Plus « il le lit et plus il décline. La lecture terminée, il lui semble que toute sa « ferveur a disparu, et qu'il est devenu de glace; son cœur n'est plus le même. « Enfin, après plusieurs expériences, il jeta loin de lui le livre et voua dès lors « à l'auteur une telle aversion et une telle horreur qu'il ne voulut plus jamais, ni « le lire lui-même, ni en permettre la lecture aux membres de la Compagnie, «sans de sérieuses précautions. » Cf. Vida, lib. 1, c. 13; Inslit., P. iv, c. v. Ignace lisait, au contraire, tous les jours, avec grand fruit et un goût marqué, limitation de J.Ch. connue alors sous le nom de Coniemptus mundi. Il s'inspirait de l'esprit de ce livre dans toutes ses pensées et dans toutes ses démarches. Aussi le P. Gonçalvès, disait-il: Voir saint Ignace, l'e?itendre et le considérer, c 'est faire une lecture dans le livre de Thomas à Kempis. D'autres Pères qui avaient pu observer saint Ignace dans les moindres détails de sa vie ordinaire disaient encore: ou' il était un portrait vivant de toute la perfection contenue dans les Constitutions, dans le livre des Exercices où, sans s'en apercevoir, il s'était peint lui-même, et dans le livre de l'Imitation de J.-Çh. par Thomas à Kempis.

96. (Page 94.) — Jean Pascual raconte que sa mère, Agnès Pascual, persuada à saint Ignace de quitter son habit de pénitent pour prendre un habit noir, tout semblable à celui des clercs. (Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag, 441, n°no.) Plus tard, sur un ordre formel de son confesseur, il dut prendre sa nourriture à la table d'Agnès Pascual. (Cf. Garcia, Vida lib. 11, c. 4.) La maison où logeait Ignace était située dans la rue de Los cotoners (tisseurs de coton), la dernière à gauche, au coin de la rue, quand on se rend à la mer. Il habitait une petite chambre au haut de l'escalier au milieu de l'étage. « Il couchait très souvent sur la terre nue, « rapporte Jean Pascual, et passait la majeure partie de la nuit à prier à genoux, « au pied de son lit. Je l'observai,et plus d'une fois, je vis sa chambre resplendis- « santé; il était à genoux et élevé au-dessus de terre, poussant des gémissements <L et des soupirs, fondant en larmes et s'écriant: O mon Dieu, que vous êtes « infiniment bon de supporter un être aussi méchant et aussi pervers que moi !. « Le Saint, ajoute Jean Pascual, me prédit tout ce qui m'arriverait dans le « cours de ma vie ; il m'annonça que je me marierais,que mon épouse serait une

« grande chrétienne, que j'aurais plusieurs fils et plusieurs filles, que ces enfants « seraient pour moi une source de tourments, que je perdrais mes biens, que « Dieu, en témoignage de son amour pour moi, me soumettrait à des grandes « épreuves, pour me faire expier ainsi mes péchés et assurer mon salut. Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 441, n° ni, 112.

97. (Page 95.) — Dans le couvent des religieuses Hiéronymites, on conserve un coffret dont saint Ignace fit présent à la sœur tourière, en retour des aumônes reçues. Le Saint avait apporté ce coffret de Jérusalem, tout rempli de terre blanche, de fleurs, de feuilles qu'il avait recueillies en Terre-Sainte II ne contient plus aujourd'hui qu'un peu de terre blanche qui répand une suave odeur. Le coffret lui-même est bien conservé; il est peint, verni, et porte, sur le couvercle, le nom de Jésus et ces mots français : Prenez en gré.

98. (Page 97.) — « Loué et glorifié soit mon Dieu ; je pardonne de tout « mon cœur à ceux qui m'ont offensé et mis dans cet état» : telles furent les premières paroles d'Ignace en revenant à lui. Cf. Garcia, Vida, lib. 11, c. 5.

99. (Page 99.) — Ignace invoqua le nom de Jésus sur le corps du suicidé. Dès qu'il eut donné signe de vie, il lui dit : Veux-tu te confesser, malheureux ? Quicreste confesar, misérable ? Cf. Garcia, Vida, lib. 11, c. v.

Lisano était-il réellement mort et fut-il ressuscité à la prière de saint Ignace? ou bien Ignace obtint-il de Dieu simplement qu'il recouvrât assez de forces, pour se confesser avant de mourir ? Il n'a pas été possible d'élucider pleinement la question, parce que l'enquête n'eut lieu que 50 ans après la mort de saint Ignace, et 80 ans après le fait. On peut voir une longue discussion sur la réalité de ce prodige dans les Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 443, n° 1 19-129.

100. (Page 100.) — « Ignace aurait voulu prolonger encore ses études de « latin. Il se fit examiner par un illustre docteur en théologie, qui lui conseilla de « suivre l'avis de ses maîtres et de passer à l'étude de la Philosophie. » Ribadeneira, Vida, lib. 1, c. 13.

101. (Page 100.) — Diego de Cacerès était attaché à la cour du vice-roi de Catalogne. A ces trois compagnons, il faut ajouter un jeune français, Jean, page de D. Martin de Cordova, vice-roi de Navarre.

102. (Page 102.) — Pendant son séjour à Barcelone, saint Ignace avait beaucoup fréquenté cette chapelle.

103. (Page 103.) — Le Dr Martin Olave, originaire d'une noble et pieuse famille de Vitoria, en Espagne, devint chapelain d'honneur de Charles-Quint et théologien du cardinal d'Augsbourg, au concile de Trente. Là, il fut comme frappé de stupeur devant la science de Laynez et de Salmeron, mais leur genre de vie ne lui inspirait que de l'aversion. Il forma le projet d'aller évangéliser le nouveau monde et consulta par lettre le P. Polanco, son ancien ami, sur les industries apostoliques de nos premiers Pères dans les Indes. Le P. Polanco l'invita à passer par Rome, pour apprendre de vive voix ce qu'il désirait. Olave soupçonna un piège pour l'attirer dans la Compagnie. Il résolut donc de n'avoir aucun rapport avec les membres de la Société d'Ignace. Pendant tout un carême, il se retira dans un monastère, sur les rives de lac de Garde, pour chercher, dans la prière, le moyen de concilier la volonté de Dieu avec ses desseins.

Tous les jours, à l'autel, il répétait avec larmes : « Seigneur, que voulez-vous que « je fasse ? Dans quel ordre vous plait-il de me voir entrer ? Je n'excepte absolu- « ment que la Compagnie de Jésus. » Enfin, le jour de Pâques, tandis qu'il tenait entre ses mains le corps de Notre-Seigneur et lui renouvelait la même offrande, il entendit, au plus intime de son âme, cette réponse de Sauveur : « C'est là « précisément que je te veux ! c'est là qu'il te faut vivre et mourir. Est-il juste « que tu te rendes à ma volonté, ou que j'obéisse à la tienne ? Durum est tibi « contra stimulum calcitrare ! » — « Ah ! mon Seigneur et mon Dieu, répondit « Olave, en versant un torrent de larmes », me voici prêt à vous obéir ! Servus <L tuus ego sum, et filius ancillœ tuœ, Societatis Jesu ! Je suis votre serviteur et le <ï fils de votre servante, la compagnie de Jésus. » A partir de ce jour, le P. Olave ne sut plus rien refuser à Dieu. Il fut professeur et recteur du Collège Romain, et avec Laynez, un des conseillers intimes du Pape Marcel II. Il mourut à Rome, le 17 août 1556. Cf. Olivier Manare, De reb. Soc. comm., cap. vin, §, 15 ; Hist. Soc. P. 1, lib. vu, xii, xiii, xiv, xv, xvi, passim ; P. 11, lib. m, n° 33; Nierember, Claros Varones, tom. iv, pag. 684 ; Alcazar, Chrono-Hist. P. 1, pag. xcv; Drews, Fast. Soc. /es., pag. 316; Patrign. tom. m, 17 août, pag. 152.

104. (Page 104.) — Jacques d'Eguia, qui habitait chez son frère, imprimeur, et vivait dans l'aisance, lui donnait libéralement pour les pauvres.Un jour, Ignace vint lui demander l'aumône pour quelques nécessiteux. Jacques d'Eguia, se trouvant sans argent pour le moment, ouvrit une armoire, et lui dit de prendre les vêtements et les divers autres objets qui lui étaient nécessaires. Ignace en fit un paquet et l'emporta sur ses épaules. Les deux frères allèrent en pèlerinage à Jérusalem, et, à leur retour, rencontrèrent Ignace à Venise, suivirent les Exercices, sous sa direction, et entrèrent dans la Compagnie. Jacques,qui était prêtre, devint le confesseur de saint Ignace et mourut trois jours avant lui. Cf. Garcia, lib. 11, c. 7; Acta Sanctorum, Jul., tom.vn, pag. 446, n° 134; pag 657, n° 57.

105. (Page 108.) — La secte des Illuminés (Los Alumbrados), ne fut pas complètement étouffée dès son apparition; car on la retrouve, quarante ans plus tard, dans l'Andalousie. Le tribunal de Cordoue la condamna, en 1566, et déclara que ses principes étaient contraires à l'esprit de Jésus Christ, de l'Eglise et des saints. Ses partisans, adonnés à un faux mysticisme, prétendaient recevoir les illuminations d'en haut dans l'oraison de quiétude. Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, pag. 657, notef.

106. (Pag. 113.) — La captivité de saint Ignace dura très probablement 42 jours. Le Saint lui-même le dit, dans une de ses lettres, au Roi de Portugal. « Après mon retour de Jérusalem, étant à Alcala, par suite d'une triple enquête « de mes supérieurs contre moi, je fus pris et mis en prison, pendant quarante- « deux jours. A Salamanque, par suite d'une nouvelle enquête, je fus non « seulement mis en prison, mais chargé de chaînes, et j'y passai vingt-deux « jours. » Cf. Carias de san Ignacio, lu. Le pèlerinage de Marie et de Louise dura 42 jours, et le Saint, jeté en prison peu de temps après leur départ, ne fut délivré que 13 ou 14 jours après leur retour à Alcala.

107. (Page 113.) — Figueroa lui demanda entre autres choses, s'il observait le sabbat. Saint Ignace répondit : « Oui, sans doute, j'observe le sabbat, en « l'honneur de la sainte Vierge ; du reste, je ne connais aucunement les usages

Histoire de S. Ignace de Loyola. 24

« des Juifs, car il n'y a point de Juifs dans mon pays. » Le Grand-Vicaire lui ayant demandé s'il connaissait les deux femmes qui étaient parties en secret, il répondit affirmativement; mais, lorsqu'il voulut savoir s'il avait su leur dessein avant la mise à exécution, il lui répondit : « Par le serment que j'ai fait, avant « de commencer cet interrogatoire, non. Ces dames m'ont exprimé le désir « d'aller par le monde servir les pauvres tantôt ici et tantôt là. Je les ai toujours « dissuadées surtout à cause de la fille qui est jeune et belle, ajoutant que, si « elles tenaient tant à se consacrer au service des pauvres et à accompagner le « Saint-Sacrement, elles pourraient le faire à Alcala. » Cf. Acta Sa?ictorum, Jul., tom. vu, pag. 657, n° 61.

108. (Page 114.) — « Le soir de ce jour, une pieuse veuve, Mencia de Eenavente, avait Ignace à sa table. Après souper, Mencia dit à Ignace : Père, Père, Lopez de Mendoza s'est brillé ! — 77 l'avait dit ce matin, répondit Ignace tout affligé. Puis, après quelques moments de réflexion, il ajouta: Assurément, il Fa cherché lui-même ; pour moi, je ?ie F aurais pas voulu. Garcia, Vida, lit)., il, c. 9.

109. (Page 115.) — Ignace se rendit d'Alcala à Valladolid, où se trouvait alors l'Archevêque de Tolède. Le Prélat reçut Ignace et ses compagnons avec beaucoup de bienveillance, et, les voyant résolus d'aller à Salamanque,il pourvut généreusement aux frais du voyage.

110. (Page 116.) — « Il dit entre ses dents (entre dientes) : Charilas incipit « a seipsa ; la charité commence par soi-même. Ensuite, s'adressant à Ignace : « Attendez, dit-il, je saurai bien vous faire répondre à mes questions. Les « Frères sortirent alors, et Ignace demanda avec calme, s'il devait attendre « à la chapelle ou ailleurs. — A la chapelle, lui fut-il répondu. Le sous-prieur « fit fermer les portes du couvent et conduire Ignace dans une cellule. » Garcia, Vida, lib. 11, c. 10.

111. (Page 117.) — « Ignace demeura trois jours dans cette sainte maison, « et ce fut avec une grande consolation. Il était admis à la table des religieux « et un grand nombre d'entre eux allaient s'entretenir avec lui. » Ribadeneira, Vida, lib. 1, cap. 15.

112. (Page 118.) En l'interrogeant sur les exercices, on insista surtout sur l'impossibilité où il se trouvait, n'ayant pas étudié la théologie, de déterminer quand une pensée est péché mortel ou péché véniel, ce dont il est question, au commencement du livre, dans la méthode de l'examen de conscience. Saint Ignace qui a raconté en détail toute cette affaire au P. Gonçalvès.leur répondit : Ce que je dis là est exact ou non ; à vous d'en juger ; si cela n'est pas exact, condamnez-moi. Cf. Acta Sanctorum. Jul. tom. vu, pag. 659, n° 68.

113. (Page 119.) — De Salamanque Ignace se rendit à Barcelone, et de là, à Paris. « Il faisait marcher devant lui, dit Ribadeneira, un petit âne chargé «C de livres et suivait à pied ; llevando un asnillo delante cargado de libros. » Vida, lib. 1, c. 16.

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