SE DEO
in perpetuum consecrarunt.
Ad majorem Dei gloriam.
Sur le haut d'une petite colonne, à l'entrée de la chapelle, on lisait : Sacra et
PIA SOCIETATIS JESU — INCUNABULA — PARENTIBUS OPTIMIS FILII — PO- SUERE.
C'est ici le vétiéré et pieux berceau de la Société de Jésus. A d'excellents pères, leurs fils.
Dans sa vie de saint Denis (pag. 300), le P. Binet signale dans une chapelle de Montmartre « un beau tableau, où cette action est représentée, comme un € fruit de celte montagne et une chose mémorable, pour l'honneur de Dieu et « du précieux sang de saint Denis ». A son tour, dans la vie des saints, le P. Géry dit que, de son temps, on voyait « à Montmartre dans une chapelle, « cette importante cérémonie... représentée dans un tableau que les dames « religieuses de ce monastère avaient fait faire, afin qu'on n'en perdît jamais la « mémoire. Le 31 juillet, édit. 1719. » Cf. Acta Sanctorum, Jul., t. vu, pag. 455, n° 181.
25. (Page 160.) — L'Eglise du Japon essuya, pendant plus de cent ans, les persécutions les plus cruelles que l'histoire ait mentionnées depuis les trois premiers siècles de l'ère chrétienne. On ne s'en tint pas longtemps, contre les nouveaux adorateurs de Jésus-Christ, aux peines ordinaires : exil, emprisonnement, confiscation de biens. Les divers supplices, infligés jusqu'alors aux criminels, parurent trop légers. Les décapiter, les fendre par le milieu du corps, les crucifier, les percer à coups de lance, ces tortures furent réputées insuffisantes. La haine inventa des tourments plus raffinés. On imagina de brûler les patients à petit feu, de les faire mourir de froid, en les plongeant dans des étangs glacés ; de leur arracher la peau, les muscles, les nerfs avec des tenailles, et de les déchiqueter avec des couteaux mal aiguisés. A plusieurs, on sciait le cou avec des éclats de bois, de manière à faire durer le supplice une semaine entière. On faisait avaler aux uns une énorme quantité d'eau ; en pesant ensuite violemment sur eux, on se donnait l'affreux plaisir de les faire éclater tout vivants. D'autres étaient suspendus par les pieds, dans des fosses infectes ; et cette barbarie se réitérait trois et quatre jours de suite. On en descendait lentement quelquesuns dans les eaux sulfureuses et brûlantes du mont Ungen, jusqu'à ce que leurs chairs fussent réduites en bouillie.
Le P. Antoine François Cardim, envoyé à Rome comme procureur de la mission du Japon, donne avec des gravures représentant les divers genres de supplices, les notices biographiques de tous ces martyrs, dans son Fasciculus e japponicis fioribus, imprimé à Rome en 1646.
26. (Page 162.) — Dans la Bibliographie historique de la Compagnie de Jésus ou Catalogue des ouvrages relatifs à V histoire des Jésuites, depuis l'origine jusqu'à nos jours, 1864, le P. Aug. Carayon a réuni plus de 4337 titres d'ouvrages et de brochures écrits pour ou contre la Compagnie. Les livres hostiles sont plus nombreux que les livres inspirés par le sentiment d'une légitime défense ; cette longue énumération est loin d'être complète. Il faudrait de nombreux volumes pour signaler tous les pamphlets, tous les articles de journaux, toutes les insinuations, tous les jugements que la jalousie, la malveillance et la haine ne cessent de répandre, à pleines mains, contre les enfants de Saint-Ignace. « La « Compagnie de Jésus, dirons-nous avec le P. Carayon, n'a point à s'émouvoir « à la vue de ce déluge d'injures. Elles ont honoré son berceau, elles n'ont « jamais cessé de la poursuivre, et, nous l'espérons, elles ne lui manqueront « jamais. Cette guerre lui est bonne, ces malédictions la rassurent aussi sur la
« rectitude de sa voie. Si la haine de certains hommes venait à lui manquer, « elle devrait trembler et se demander si elle n'a pas dégénéré, si elle n'est point « devenue ce sel affadi, dont parle, en son Évangile, Celui dont elle a l'insigne « honneur de porter le nom. y> Préface, pag., vu.
27. (Page 163.) — « Dejesuitis, plures fartasse fabulae feruntur, quam olim « de monstris. De origine enim horum hominum et génère vitse et instituto, de « moribus ac doctrina, de consiliis et actionibus, varia simul et contraria, ac <i somniorum simillima, non privatis tantum colloquiis, sed, publicis concionibus « librisque impressis, publicantur. » De Schism. Aug., lib. m.
28. (Page 163.) — « Illi vero etiam epulas detestandas et concubitus incestuo- « sos fingere de nobis audent : partim ne temere nobis infensi videantur, partim « quod ita existiment, vel nos metu perculsos, a nostra professione abduci, vel « Principum animos, propter flagitiorum magnitudinem, adversus nos concitari, « etexasperari posse. Nos vero illudi vos intelligimus et non contra nos tantum, « sed omnibus rétro saeculis morem hune fuisse scimus, divina quadam lege ac « ratione ut contrariam sibi virtutem improbitas impugnaret. » Athrenag.
29. (Page 163.) — Cf. Instit. Litt. apostol. Ascendente Dominons mai 1584, pag, 88. — Florentiae, 1886.
30. (Page 165.) — Dans sa traduction latine de la vie de sainte Thérèse, imprimée à Mayence, en 1603, chez J. Albini, un religieux Augustinien, Antoine Kerbek, omit tout ce qui, dans cet écrit de sainte Thérèse, était à l'éloge delà Compagnie de Jésus. Dans un chapitre général, tenu le 6 mai 1650, les Pères Carmes déchaussés protestèrent hautement, par un décret, contre ces mutilations du texte de leur sainte Mère, mutilations également outrageantes pour la fondatrice des Carmélites et pour les enfants de Saint-Ignace, et défendirent à tous les religieux de leur Ordre la lecture de cette traduction. Cf. Acta Sanctorum, JuL, tom. vu, pag. 861, n° 463, 454.