Page 218.) — C'était Simon Rodriguès
84. (Page 218.) — Qu'on nous permette de citer ici un prodige singulier, survenu aux environs de Padoue, et que Simon Rodriguès, ouvrant une parenthèse dans son Commentaire (pag. 37), raconte, après en avoir reconnu lui-même l'authenticité. Au temps où Ignace et ses compagnons vinrent exercer leur zèle, dans les États de Venise, la fréquentation des sacrements était fort rare parmi les fidèles. Si quelqu'un venait par exception à s'approcher, tous les huit jours, du tribunal de la Pénitence et de la Table sainte, il devenait le sujet de toutes les conversations, et l'on en parlait même dans les lettres, comme d'une chose tout à fait étrange. Il était en outre d'usage de porter le saint Viatique aux malades, sans aucune solennité. Or, il plut à Dieu de donner aux chrétiens de ce temps une leçon de respect pour l'auguste Sacrement, et il se servit à cet effet d'un troupeau de bêtes de somme. Interroga iumenta et docebunt te. Job, xn, 7. Un curé de paroisse portait, un jour, le saint Viatique hors de la ville à un infirme' sans autre assistance qu'un enfant. Arrivé dans la campagne, il rencontra un troupeau d'ânes qui,le voyant venir, accoururent vers lui et, fléchissant les genoux, comme s'ils étaient doués de raison, se prosternèrent sur son passage des deux côtés du chemin. Surpris par la singularité du fait, le prêtre poursuivit son chemin : les ânes de se lever aussitôt et de le précéder jusqu'à la maison du malade. Comme on le conçoit, les gens qui entouraient le malade furent dans la stupéfaction, en entendant raconter au prêtre et au jeune clerc le fait dont ils venaient d'être les témoins. Les sacrements administrés, le prêtre quitta la demeure, et, en sortant, donna la bénédiction aux personnes qui stationnaient devant la porte. Aussitôt les ânes, qui paraissaient attendre cette bénédiction, partirent et regagnèrent tout fringants leur pâturage. Une sérieuse enquête fut faite sur cet événement, et, après avoir reçu les dépositions de nombreux témoins, le fait fut consigné sur un document public. A l'époque où Rodriguès se trouvait à Padoue, on citait ce prodige dans les prédications. C'est à la suite de ce miracle qu'une confrérie du Saint-Sacrement fut fondée en vue d'honorer l'Eucharistie et d'accompagner le saint Viatique. Le fait arriva, dans un village situé non loin de la maison de campagne du collège de Padoue. Simon Rodriguès ajoute : « Comme « je me trouvais là et que je mis, à m'éclairer sur le prodige, une diligence peu « commune, j'ose insérer ce récit dans mon commentaire. » Cf. Hist. Soc, p. 1, lib. 1, n° 27.
85. (Page 220.) — Cf. Simon Rodriguès, De orig. et progr. Soc. comment., pag. 45. — A Ravenne Simon Rodriguès, demandant l'aumône de porte en porte, entra dans une maison habitée par trois femmes de mauvaise vie. Dès qu'il s'en aperçut, il recula jusqu'au seuil de la porte, et là, se retournant, il parla à ces malheureuses avec tant de zèle et d'éloquente conviction qu'il les convertit. Cf. Simon Rodriguès, De orig. et progr. Soc, comment, pag. 42.