Page 220.) — C'était Simon Rodriguès
87. (Page 222.) — La faculté d'être ordonnés par un évêque de leur choix, hors des temps déterminés par les saints canons, dans trois jours de fête, avec dispense d'âge pour Salmeron,leur fut délivrée, de la part du Pape,par le cardinal
Antoine Pecci, grand pénitencier. Elle est datée du 27 avril 1537, et on la conserve encore aux archives de la Compagnie ; saint Ignace reçut les Ordres mineurs, le 10 juin; le sous-diaconat, le 17; le diaconat, le 17, et la prêtrise, le 24 du même mois, des mains du même évêque Monseigneur Vincent Nigusanti de Fano, évêque d'Arba. Les lettres d'ordination sont signées du 27 juin 1537.
88. (Page 222.) — Simon Rodriguès parle d'une double aumône, faite spontanément par le pape, et d'un don plus considérable offert par quelques espagnols, en tout deux cent dix ducats. Des négociants leur firent toucher, sans frais, cette somme à Venise. Cf. Simon Rodriguès, De orig. et prog. Soc. comment., pag. 49.
Dans une lettre qu'il écrivit de Venise, le 24 juillet 1537, au P. Verdolay, à Barcelone, Ignace rend compte des heureux résultats de ce voyage, à Rome. « Vers la mi-janvier, arrivèrent ici neuf de mes amis... ils se rendirent à Rome, « au plus fort de l'hiver, à pied et en mendiant, pour assister aux cérémonies « de la semaine sainte. Sans argent, sans lettres de recommandation, mais se « confiant en Dieu seul, ils obtinrent plus qu'ils n'espéraient. Ils furent admis « auprès du pape, et eurent, sans effort aucun, occasion de discourir avec des « cardinaux,des évêques et des docteurs ; en particulier avec le Dr Ortiz,qui s'est « montré favorable à leur cause. Ils ont obtenu l'autorisation d'aller à Jérusalem; « le pape les a bénis une et deux fois ; il les a exhortés à persévérer dans leur « entreprise et leur a donné 60 ducats. Avec ce qu'ils ont reçu des cardinaux et « d'autres personnes, ils ont eu 260 ducats. Le Saint-Père a donné aux prêtres « le pouvoir de confesser et d'absoudre de tous les cas réservés : à ceux qui « n'étaient pas prêtres, la faculté de se faire ordonner, pendant trois jours de « fête ou trois dimanches, par un évêque quelconque, avec tout autre titre que « celui de patrimoine ou de bénéfice... Deux évêques s'offraient à nous ordonner, « le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste ; nous acceptâmes les offres de ' « l'un d'eux, l'évêque d'Arba. » Cf. Cartas de san Ignacio, XI.
89. (Page 222.) — Peu de temps après, saint Ignace écrivait à son frère Bertrand : « Le jour de Noël, dans l'église de Sainte-Marie-Majeure et dans la cha- « pelle où se trouve la crèche qui servit de berceau à l'Enfant Jésus, j'ai célébré, « avec le secours de sa grâce, ma première messe. » Ignace ignorait encore la « mort de son frère Martin, survenue le 19 novembre 1539. » Cf. Cartas de san Ignacio, XV.
90. (Page 222.) — Saint Ignace et ses compagnons, voyant qu'il n'y avait plus d'espoir de s'embarquer pour la Terre-Sainte, résolurent d'un commun accord de rendre les aumônes que le Souverain-Pontife et d'autres bienfaiteurs leur avaient données, à Rome, pour ce voyage, « afin, écrit Ignace au P. Verdolay à « Barcelone, que personne ne pense que nous avons faim ou soif des choses pour « lesquelles le monde meurt. » Cf. Cartas, XL Ils les firent remettre par l'entremise d'Ortiz. Le pape en fut dans l'admiration, mais ne voulut rien recevoir ; de leur côté, Ignace et ses compagnons refusèrent de s'en servir. Cf.Simon Rodriguès, De orig. et progr. Soc, comment., pag. 49.
91. (Page 224.) — Les anciens historiens ne donnent aucun nom, mais il paraît certain que c'était bien Rodriguès. Ribadeneira, dans un de ses écrits, raconte que le même Père se laissa tromper plus tard de la sorte. Un peintre
Histoire de S. Ignace de Loyola. 26
estimé de Bassano, Jacques del Ponte, surnommé le Bassano, \ov\ax\X. peindre-le passage de la Mer rouge par les Hébreux, et cherchant deux physionomies vénérables pour figurer Moïse et Aaron, prit les traits d'Ignace pour représenter Moïse et ceux de l'ermite Antoine pour peindre Aaron. Bartoli, dans ses Mémoires sur les hommes et les choses de la Compagnie, dit avoir trouvé ce détail dans l'histoire manuscrite de Bassano, composée par le docteur Mario Sale.