Page 225.) — Matth., xiv
93. (Page 227.) — Ce monastère, appelé Saint-Pierre en Vanello, était situé à un mille de la ville, du côté de la porte Sainte-Croix. Il appartenait aux religieux de Sainte-Marie-des- Grâces, qui permirent volontiers à nos Pères de s'y loger. Cf. Cartas de san Ignacio, XIII ; Acta Sanctorum, Jul. tom. vu, pag. 663, n° 94.
94. (Page 230.) — « Quo tempore vidit quadam die baccalaureum Hozes « intrantem in cœlum ; qua in visione multas (Ignatius) effudit lacrymas et « magna spiritus consolatione fuit affectus. Hoc vero adeo clare intuitus est, ut « si contrarium diceret, mendacium sibi dicere videretur.» Cf. Acta Sanctorum, Jul. tom. vu, pag. 664, n° 98.
95. (Page 231.) — Cette noble veuve eût voulu, en souvenir de son fils et par estime pour Simon Rodriguès et Le Jay, les assister largement ; mais ils refusèrent toujours d'accepter autre chose que le modeste entretien qui convenait à des pauvres. A leur départ, elle insista pour leur faire accepter un secours considérable, en vue de leurs besoins à venir ; elle ne put vaincre leur résistance. Toutefois, pour ne point constrister leur bienfaitrice, ils consentirent à emporter quelques mouchoirs ; mais, arrivés dans un hôpital de Venise, ils constatèrent une pieuse fraude habilement dissimulée. En dépliant les mouchoirs qu'ils avaient acceptés, des pièces d'or roulèrent à terre ; cette aumône inattendue fut, pour tous les compagnons de saint Ignace, un secours providentiel dans les urgentes nécessités, qui ne tardèrent pas à se produire. Cf. Simon Rodriguès, De orig. et prog. Soc. comment., pag. 58.
96. (Page 233.) — Cf. Pages, Lettres de saint Fratiçois Xavier, tom. 1, lett. 2.
97. (Page 235.) — Cette petite chapelle porte le nom de Notre-Dame de la Storta. D'après Ribadeneira et Garcia, Notre-Seigneur apparut chargé d'une lourde croix : Como estaba con la cruz; estaba alli cargado de una cruz muy pesada, lib. m, c.14. Le divin Sauveur se servit de paroles encore plus expressives : Je serai avec vous, àRome;Io saro convoi, promesse assurément plus tendre et plus encourageante. Aussi, lorsqu'il parlait de cette apparition mémorable, saint Ignace ne disait pas : JÉSUS me pro)nit sa protectio?i ; mais : Je fus mis avec JÉSUS ; Pater apud filium me collocavit ; El Padre me puso con el Hijo. Cf. Acta Sanctorum, Jul. tom. vu, pag. 470, n° 96. «Je dis au Pèlerin (Ignace) qui « me racontait le fait,que Laynez donnait d'autres détails: tout ce que vous a dit « Laynez, me répondit-il, est exact ; pour moi, je ne me souviens plus des par- « ticularités, mais je suis certain que lorsque je l'ai raconté à Laynez, je ne lui « ai rien dit qui ne fût vrai. Pour divers autres points, ajoute Gonçalvès, Ignace « me renvoya encore à Laynez (ibid., n° 96). » On conserva la copie d'une exhortation domestique que Laynez fit à Rome, le 2 juillet 1560. Celui-ci traitade l'estime que l'on doit avoir pour l'Institut, et, venant à parler du nom de
Jésus donné par le Fondateur à la Compagnie, il ajouta ce qui suit : « Ce qui « porta notre Père à lui donner ce nom de préférence à tout autre fut, ce me « semble, le fait que je vais rapporter. Nous venions à Rome, par la route de « Sienne, le P. Maître Ignace, le P. Maître Le Fèvre et moi. Le P. Ignace, ces « jours-là, était favorisé de grands sentiments surnaturels et de dons célestes, <( surtout après avoir reçu Notre-Seigneur dans la communion. Le Fèvre et moi « nous disions la messe ; Ignace ne la disait point. Or, arrivé à un certain en- « droit du chemin, il me dit que Dieu avait profondément imprimé, dans son « cœur, ces paroles : Ego vobis Romce propitius ero ; dont il ne comprenait pour- « tant pas bien la signification ; et dès lors, disait-il, je ne sais ce qu'il en sera « de nous, à Rome. Peut-être, qui le sait ? serons-nous là attachés à une croix ! « Peu après, il ajouta qu'il lui avait semblé voir Jésus Notre-Seigneur portant « sur les épaules une lourde croix et,à ses côtés, le Père éternel lui disant: Je « voudrais,ô mon Fils,que tu acceptes celui-ci pour ton serviteur. Et JÉsus,l'appe- « lant aussitôt à lui et le serrant contre la poitrine et contre la croix, lui disait : « Oui, je veux que tu sois mon serviteur. Puis, dans le livret où saint Ignace marquait les dispositions de son intérieur, on lit : « Pendant que je revêtais les « ornements sacrés pour dire la messe,le souvenir de l'apparition, dans laquelle « le Père me remit à son divin Fils, me revint à la mémoire. Ayant achevé de « me vêtir, cette vision toujours présente à l'esprit, le nom de Jésus s'imprima « vivement dans mon âme ; je me sentis si fortifié et si prêt à tout événement « futur que les larmes et les sanglots m'envahissaient. » Sur la porte d'entrée de cette chapelle on lit :
In hoc Sacello
Deus pater
S. Ignacio Romam petenti
ad societatem Jesu instituendam
anno MDXXXVII
apparuit,
ipsum ejusque socios
Christo Filio crucem bajulanti
bénigne commendans ;
qui sereno vultu Ignatium in-
tuens
his verbis affatus est :
Ego vobis Roms propitius ero.
Thyrsus Gonzalez
Prsepositus Generalis Societatis
sacello refecto et ornato.
Sancto Parenti
Anno MDCC Au Dieu très bon et très grand. Dans cette chapelle Dieu le Père apparut, l'an j537j ^ saint Ignace qui se rendait à Rome pour fonder la Société de Jésus, le recommandant, avec bonté, lui et ses compagnons à Jésus-Christ son fils, chargé de sa croix qui, le regardant d'un visage serein, lui dit ces paroles: Je vous serai pro-
pice A Rome. Thyrse Gonzalez, prépose General de la Société a réparé et orné cette chapelle en l honneur de son saint Père, Van 1700.
98. (Page 235.) — « Je vois toutes les fenêtres fermées », dit-il, à un de ses compagnons, pour lui indiquer qu'il s'attendait à des épreuves. Il recommanda à tous la plus grande prudence.et surtout d'éviter toute relation avec les femmes, à moins qu'elles ne fussent de très haute condition et, par suite, à l'abri de tout soupçon. L'avis de saint Ignace n'était par donné sans raison. François Xavier entendait en confession et visitait quelquefois une dame pour l'entretenir de choses de piété ; cette personne tomba dans une grave faute et fut un sujet de grand scandale. Le même désagrément arriva au P. Codure. Toutefois, ni lui, ni Xavier, ne furent compromis. Cf. Acta Sanclonim,Jul. tom. vu, pag. 664, n° 97.
1. (Page 236.) — Saint Ignace venait de donner les Exercices spirituels, dans la solitude du Mont-Cassin, à Ortiz, ambassadeur de l'Empereur quand, sur la route de Naples, il rencontra le jeune Strada. Dégoûté de la Cour, où il avait passé une partie de sa jeunesse, Strada rêvait d'arriver plus vite et plus sûrement aux honneurs et à la fortune, par la carrière des armes. Saint Ignace le ramena avec lui, à Rome, et lui fit faire les Exercices spirituels. Strada y reçut de si abondantes lumières qu'il devint un homme nouveau et fut, dans la suite, particulièrement pour la première semaine, un des cinq ou six membres de la Compagnie auxquels saint Ignace reconnaissait le talent de donner ces Exercices,a.vec toute leur efficacité. L'année suivante, le Saint l'envoya à Sienne,pour se former à la vie apostolique. Strada avait à peine vingt ans ; il ne connaissait guère la langue, n'avait pas fait encore d'études et il était vêtu d'une vieille casaque bleue et d'un petit manteau de bure que saint Ignace avait plus d'une fois porté pour se faire tourner en ridicule. Il fit des prodiges et opéra de nombreuses conversions à Sienne et à Montepulciano, où on accourait en foule à ses prédications. Quand, pour retourner à Rome, il voulut quitter cette dernière ville, plus de soixante Dames très honorables vinrent assiéger toutes les issues et le supplier de rester encore, pour leur donner, comme à leurs maris, les Exercices spirituels. Le P. Strada fut le plus célèbre des prédicateurs espagnols de la Compagnie, sous le généralat de saint Ignace et de ses premiers successeurs. « Il faudrait des volumes, dit le P. d'Outreman son biographe, pour « retracer sa carrière, véritablement triomphale, en Belgique, en Portugal, en « Espagne, pendant près de quarante années. » Il mourut à Tolède, le 26 octobre i584.Cf. Hist. Soc, P.i, \\b.1-1 4 passim; P. 11, lit). 11, n° 5; lib. iv, n° 196; lib.v, n° 14; lib. vu, n° 19 ; Tellez, P. 1, lib. 1, cap. xxxi 11, n° 3, 6, 7 ; lib. 11, cap. ix, n° 1, 2; cap. xlii, n° 6-1 1 ; Tanner, Apost. imit., pag. 184; Patrign., tom. iv, 26 octobre, pag. 191.
2. (Page 238.) — Cf. Simon Rodriguès, De orig. et prog. Soc/es. pag. 59.
3. (Page 238.) — Le Pape était à Nice, occupé à arranger un différend survenu entre Charles-Quint et François Ier.
4. (Page 238.) — S. Ignace prêchait, en espagnol ; en lengua castel/ana, dit Ribadeneira. Vida, lib. 11, c.xm.
5. (Page 238.) — Le vénéré P. Jacques d'Eguia, confesseur de saint Ignace, se consacrait, raconte le P. Manare, à ce ministère difficile. Sa vertu et son âge avancé le mettaient à l'abri de tout danger ; néanmoins, il n'allait jamais trouver ces sortes de personnes qu'il ne fût accompagné par des hommes d'une vertu éprouvée ou par des femmes très respectables. Le plus souvent, il les attirait habilement, par des présents ou des promesses, dans des lieux plus convenables, pour les entretenir en présence de deux on trois témoins. Cf. Oliv. Man., De reb. Soc. comment, cap. vin, § 18.
6. (Page 245). — Dans une lettre adressée, le 19 décembre 1538, à Isabelle Roser, Ignace raconte, en détail, toutes ces épreuves et leur heureuse issue. « Nous venons de soutenir, pendant huit mois, la plus violente contradiction ou « persécution que nous ayons jamais essuyée en cette vie. Je ne veux pas dire « qu'on nous ait personnellement vexés ou traduits devant les tribunaux, ni « qu'on nous ait fait quelque autre mauvais traitement : non; mais, par des bruits « semés dans le public, et par des qualifications inouïes, on nous rendait sus- « pects et odieux aux fidèles ; ce qui a fini par produire un grand scandale. En « l'absence du Pape, nous nous sommes présentés devant le légat et le gou- « verneur de cette ville, et nous avons cité à comparaître quelques-uns de ceux « qui se déchaînaient contre nous, les sommant de déclarer, devant nos supé- « rieurs, ce qu'ils trouvaient de mauvais dans notre doctrine et notre vie. Les « deux principaux auteurs de cette persécution déclarèrent qu'ils avaient entendu « nos sermons, nos leçons de théologie, et leur témoignage justifia complète- « ment notre doctrine et nos moeurs. Quoique le légat et le gouverneur eus- « sent beaucoup d'estime pour nous, ils voulurent, par égard pour ces personnes « et pour d'autres encore, assoupir l'affaire. Nous demandâmes, au contraire, « à plusieurs reprises, qu'on déclarât d'une manière authentique, si notre doc- « trine était bonne ou mauvaise ; mais nous ne pûmes jamais l'obtenir, ni par « la justice, ni au nom du droit. Le 2 fév. 1539. »Cf. Cartas de san Ignacio. XIV.
7. (Page 247.) — Cf. Cartas de san Ignacio. XIII. Dans cette même lettre, Ignace reconnaît devoir la solution de cette grave affaire à l'intervention du cardinal Contarini. « Le cardinal, votre oncle, n'eut pas plus tôt lu la lettre que vous « lui adressiez, pour nous recommander à lui, qu'il envoya un de ses serviteurs « au gouverneur de la ville, afin qu'à sa prière il daignât juger notre cause pen- « dante à son tribunal. Peu de jours après, l'affaire fut entièrement terminée de « la manière que nous le souhaitions, pour la plus grande gloire de Dieu et pour « le plus grand bien des âmes. Une sentence fut portée, déclarant qu'après une « diligente enquête, on n'avait rien trouvé ni dans notre vie, ni dans notre doctrine « qui pût exciter le moindre soupçon. »
8. (Page 247.) — Ignace fit parler au Pape par un ami, lui envoya deux de ses compagnons et enfin alla l'entretenir lui-même de ses désirs : « Comme il « nous était impossible d'obtenir une sentence juridique, un de nos amis parla « au Pape, dès qu'il fut de retour de Nice, et le pria de vouloir bien nous donner « la déclaration que nous désirions. Il promit de le faire ; mais, comme la chose
« ne se faisait point, deux des nôtres lui en parlèrent de nouveau. Le Pape étant « parti aussitôt, après cette entrevue, pour un de ses châteaux, aux environs de <{ Rome, je m'y rendis et je parlai seul avec Sa Sainteté, une heure entière, dans « son appartement. Après lui avoir exposé au long notre dessein et nos projets, « je lui racontai franchement combien de fois en Espagne et à Paris on avait « procédé contre moi,combien de fois j'avais été en prison,à Alcala et à Salaman- « que, ne voulant pas qu'il apprît ces choses d'un autre que de moi. J'espérais « ainsi le décider à ordonner une enquête, à notre sujet, afin que, d'une manière « ou d'une autre, nous eussions un jugement ou une déclaration sur notre « doctrine. Le Pape, comme je pouvais l'augurer de mon entretien avec lui, « accueillit ma demande avec bonté, louant nos talents et l'usage que nous en « faisions pour le bien. Dans une courte exhortation qu'il nous fit, il nous parla « en père et en véritable pasteur. Peu de temps après, il se hâta d'adresser au « gouverneur, lequel était évêque et la plus haute autorité judiciaire et civile « de Rome, l'ordre de poursuivre, sans aucun retard, notre affaire. >> Cartas de san Ignacio. XIV ; tom. i, append. il, page 421.
9. (Page 251.) — Les Pères étaient venus habiter cette nouvelle maison, plus vaste et plus centrale, qu'on leur avait abandonnée, comme étant infestée par les mauvais esprits. Le P. Simon Rodriguès raconte dans son commentaire toutes les vexations que le démon fit subir aux Pères. Ceux-ci le dédaignèrent et ne voulurent même pas recourir aux prières, en usage dans l'Eglise, pour le chasser. Les bruits et les vexations cessèrent après quelque temps. Cf. Simon Rodriguès, De orig. et prog. Soc. comment., page 67.
10. (Page 252.) — Cf. Simon Rodriguès, De orig. et prog. Soc. comment., page 65.
11. (Page 254.) — Les Bollandistes donnent, d'après une traduction du P. Pine, de longs extraits de ce document, écrit de la main même de saint Ignace et conservé dans les archives de la Compagnie. Le document tout entier, plus fidèlement traduit en Castillan par le P. Alcazar dans sa Crono-Aisioria, lib. pnelim. c. 7, § 2, 3, est cité par les éditeurs des Lettres de saint Ignace, tom. i, append. 11, page 423-433-
12. (Page 254.) — Dans la seconde réunion, ils se demandèrent si, aux vœux ' de chasteté et de pauvreté, ils ajouteraient le vœu d'obéissance, fait entre les
mains de celui qui serait choisi pour chef et Père de la Société qu'ils voulaient constituer. La question étant d'une grande importance; ils résolurent avant de prendre une détermination : i° de recommander cette affaire à Dieu dans leurs prières et leurs saints sacrifices, chacun se montrant plus désireux d'obéir que de commander ; 20 de ne point se communiquer l'un à l'autre leur avis ; 30 de se dépouiller de toute affection particulière, pour prononcer avec indépendance et comme dans une affaire qui ne les toucherait pas. Tous signèrent la formule suivante, écrite de la main du P. Le Fèvre et qu'on pouvait lire naguère encore dans un cadre suspendu aux murs de la chambre, habitée autrefois à Rome, par saint Ignace : « Moi, N. soussigné, j'atteste devant Dieu tout-puissant, et la « bienheureuse Vierge Marie et toute la cour céleste, après avoir imploré les « lumières du Seigneur et mûrement réfléchi, que j'ai spontanément jugé plus « expédient, pour la gloire de Dieu et la perpétuité de la Compagnie, qu'on fît
« dans cette Compagnie le vœu d'obéissance. Je me suis donc offert librement, « sans pourtant faire de vœu, ni contracter d'obligation, à entrer dans cette « société, si, avec la grâce de Dieu, le Pape l'approuve ; en souvenir de cette « même détermination que je reconnais être un bienfait de Dieu, je m'approche « quoique très indigne de la très sainte Communion. Le 15 avril 1539. » Suivent les signatures : R. Cacrès, Jean Codure, Laynez, Salmeron, Bobadilla, Paschasius Broèt, François, Pierre Le Fevre, Ignace, Simon Rodriguh, Claude Le Jay. Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, page 475, n° 288 ; Carias de san Ignacio, tom. 1, append. 11, page 423. Ce R. Cacrès (abréviation pour Caceres), dont on conservait une lettre écrite à saint Ignace de Paris, le ufévrier 1541, n'est autre, ce semble, que l'un des trois premiers compagnons de saint Ignace, à Alcala, Jacques Cacerès de Ségovie, qui témoigna à Paris en faveur d'Ignace, et qui, après l'avoir quitté une première fois, se joignit à lui, à Rome, pour l'abandonner de nouveau et aller courir le monde. Dans un écrit inédit, sur les apostats de la Compagnie, le P. Ribadeneira nous a laissé son histoire.
13. (Page 255.) — Pour que l'obstination d'un seul ne pût faire écarter une conclusion admise par tous les autres, on décida, à la suite de cette résistance du P. Bobadilla, qu'en pareil cas l'opinion d'un seul serait considérée comme nulle. Cf. Acta Sanctorum, Jul., tom. vu, page 476, n° 290.
14. (Page 255.) — Les profès des quatre vœux et ceux des trois vœux font le vœu spécial d'instruire les enfants dans la mesure où l'obéissance le leur demandera. Mais ce vœu n'impose pas une obligation différente de celle de se livrer aux autres œuvres de zèle, comme sont les confessions et les prédications. Cf. Instit. constit., P. v, c. 3, § 3, Decl. B. Les Recteurs, dans l'année de leur entrée en charge, doivent enseigner le catéchisme, pendant 40 jours : Rector ipse légère aut docere christianam doctrinam, quadraginta dies} débet ; P. iv, c. 10, § 10 : Les profès des quatre vœux, les profès des trois vœux, et les coadjuteurs formés sont tenus aussi à cet enseignement, pendant 40 jours, dans l'année qui suit leur profession et leurs derniers vœux : Quivis Professus quatuor vel tnum votorum post éditant professionem, quivis etiam coadjutor spiritualis formatus ppst sua vota, intra annum per quadraginta dies, continuos, vel interpolatos doctrinam christianam pueros atque rudes personas docere teneaiur. Congreg. ri, can. 20. Les Régents, dans les classes, doivent faire réciter et expliquer le catéchisme le vendredi ou le samedi soir, pendant la dernière demi-heure de la classe. Cf. Ratio stud. reg. comm., n° 4, 5. Enfin ce ministère important dans la Compagnie est recommandé à tous les religieux sans exception : Prœterea vero hoc tam sanctum exercitium visum est admodum R. P. Generali commendandum, ne ullo unquam tempore illius oblivïo in nostros animos irrepat, cum illud in votorum nostrorum formula complectamur. Duret itaque idem R. P. Generalis, ut nos tris frequeniius, quem admodum ipsi in Domino expedire visum fuent, in hoc pio opère exerceantur. » Decr. 58, can. 21, congreg. 1.
15. (Page 255.) — « Révérend Don Ignace. — Hier, j'ai reçu par votre « espagnol, M. Antoine, toute la suite des chapitres, avec un billet du R. Maître « du sacré Palais. Aujourd'hui, je suis allé avec N. trouver Sa Sainteté, et, « après lui avoir adressé ma supplique de vive voix, je lui ai lu les cinq chapitres « en entier. Sa Béatitude en a été très satisfaite et les a bénignement approuvés <L et confirmés. Vendredi, nous irons, à Rome, avec Sa Béatitude et avec le
« Révérendissime Guinucci ; on s'occupera de rédiger le Bref ou la Bulle. « Je me recommande à vos prières. Saluez M. Lattanzio. Portez-vous bien dans « le Seigneur. De Tivoli, le 3 septembre 1539. »
« Votre très affectionné G. card. Contarini. » Cf. Cartas de san Ignacio, tom. 1 append. 11, page 433.
16. (Page 257.) — Après sa profession, Le Jay fut envoyé à Faenza et à Brescia où, par ses prédications et la fréquentation des sacrements, il contribua grandement à la réforme des mœurs.Delà, sur l'ordre de Paul III, il se rendit à Ratisbonne avec Bobadilla, pour combattre les progrès incessants de l'hérésie. Reçu avec défiance par les faux catholiques et par le clergé, il sut bientôt dans ses relations particulières, par les Exercices qu'il persuada à plusieurs de suivre, par ses conférences publiques sur l'Épître aux Galates, se concilier l'estime et les sympathies de la haute classe qu'il s'attachait surtout à ramener dans la bonne voie. Ses succès furent si marqués qu'après une année de séjour à Ratisbonne, les hérétiques complotèrent de le jeter dans les eaux du Danube. On l'en prévint, et il répondit : // m1 est indifférent d'aller au ciel par eau ou par voie de terre. Il assista à la diète de Spire et de Worms, et s'opposa énergiquement à la convocation d'un concile provincial en dehors de l'autorité du Souverain- Pontife. Envoyé au concile de Trente comme représentant de l'évêque d'Augsbourg, il y attira par sa vertu et sa science les regards, au point que Ferdinand insista vivement auprès de lui et du Saint-Père, pour qu'il fût nommé évêquede Trieste. Il revint à Ingolstadt où il succéda au célèbre docteur écossais Jean Eckius. Avec lui enseignaient, dans l'Université, le B. Le Fèvre et le B. Canisius. Le roi Ferdinand demanda à saint Ignace de fonder un collège, à Vienne, et d'y envoyer Le Jay, avec une douzaine d'autres Pères. A Vienne, Le Jay s'adonna, comme à Ratisbonne et à Ingolstadt, à tous les ministères du zèle,prédications, retraites, conférences sur l'Épître aux Romains, enseignement de la jeunesse catholique que le roi Ferdinand appelait de tous les points du royaume. Il mourut au milieu de ces apostoliques travaux, le 6 août 1532. Cf. Simon Rodriguès, De orig. et prog. Soc, pag. 30 ; Ribadeneira, lib. iv, 5 ; Hist. Soc, p. 1, lib. i-xii, passim ; Rho, Var. virt., pag. 865 ; Nadasi, Ann. dier. rnem., 6 août; Tanner, Aposl. imil., pag. 41 ; Alcazar, Chron. Hist., p. 1, p. xlix, lxxxx; Drews, Fast. Soc Jes., pag. 301 ; Patrign., tom. III, 6 août, pag. 60.
17. (Page 257.) — A Sienne, pour attirer la jeunesse des écoles, un des Pères entreprit de commenter publiquement une lettre de saint Paul. La nouveauté de ce genre de prédication attira les étudiants en nombre, et bientôt on les vit se confesser et communier fréquemment, visiter les malades dans les hôpitaux et travailler à ramener les pécheurs avec un zèle et une ardeur qui faisaient l'admiration des habitants de Sienne. Pour agir plus efficacement sur cette jeunesse, on loua, hors de la ville, une maison retirée où se réunirent des étudiants. Un Père allait, tous les jours, leur donner les Exercices. Le bruit se répandit que d'étranges mystères se passaient dans cet asile. Une foule ameutée se porta vers cette première maison à? Exercices, pour délivrer les captifs et renverser la maison. Mais prévenu à temps, l'un des Pères la fit évacuer. La foule furieuse, ne trouvant personne, rentra tranquille dans la cité et ne songea plus aux retraitants qui continuèrent à suivre en paix les Exercices. Cf. Simon Rodriguès, De orig, et prog. Soc comment., pag. 78.
18. (Page 258). — Saint François Xavier, avant de partir pour les Indes, écrivait de Lisbonne aux PP. Le Jay et Laynez : « Le nombre des messes que « nous avons déjà célébrées pour le cardinal Guidiccioni s'élève à deux cent « cinquante, depuis notre départ de Rome jusqu'à ce jour : que Dieu Notre- « Seigneur nous accorde la grâce d'acquitter le surplus, dans les Indes ! En vé- « rite, lorsque je considère en mon âme avec quel fruit et avec quelle joie « spirituelle j'ai offert jusqu'à ce jour le Saint-Sacrifice pour ce très révérend « prince de l'Église, je me sens encore plus encouragé à le recommander tou- « jours à Dieu Notre-Seigneur, pendant le reste de ma vie, aussi souvent que « j'aurai le bonheur de célébrer les saints Mystères. » Cf. Pages, Lettres de saint François Xavier, tom. 1, liv. 1, lett. 9. — Cf. Insiit. litt. apost. Regimini militantis, 27 déc. 1540, page 1 ; Injunctum nobis, 14 mart. 1543, pag. 5.