‹ Histoire de Saint Ignace de Loyola d'après les documents originauxChapitre 5 sur 168 · PREFACE. XIII · texte numérisé non relu

PREFACE. XIII

très dans les manuscrits soit du saint Fondateur, soit des PP. Pierre Le Fèvre, Jacques Laynez, Simon Rodriguez, Pierre Ribadeneira, Jean Polanco, Louis Gonçalvès, Jérôme Natal, Olivier Manare, Jacques Miron, Edmond Auger, Annibal Codret, Jacques de Guzman et autres, qui avaient vécu avec lui. Une volumineuse correspondance et les dépositions de six cent soixante-cinq témoins dans le procès de canonisation, m'ont souvent été d'un grand secours.

Enfin, dans ce premier travail, je me permettrai quelquefois ce que faisait le pape saint Grégoire, lorsqu'il se comparait à ces fleuves qui, rencontrant le long de leurs rives quelque terrain creux, le remplissent et poursuivent leur cours. Sans me détourner de mon sujet principal, je hasarderai quelque digression quand elle sera nécessaire ; car, suivant la remarque de saint Augustin, les lyres ne se composent pas seulement de cordes qui leur donnent les sons et l'harmonie, mais encore d'autres parties sourdes et muettes par elles-mêmes. Celles-ci, cependant, unies aux cordes qu'elles tendent, deviennent à leur tour sonores et harmonieuses. Ainsi, continue-t-il, certaines descriptions des choses matérielles faites par les prophètes, ne parlent pas ouvertement de Jésus-Christ ; mais ses mystères s'y trouvent liés par des figures allégoriques dont on peut dire qu'elles proclament le Christ : Christum sonant. Contre Faust., lib. 22, c. 94.

La même observation pourrait s'appliquer aux détails que je donne sur les Exercices spirituels, sur les persécutions que nous avons subies, sur la protection que nous a accordée la Mère de Dieu, sur le but et le plan de notre Institut. Ici, la liaison naturelle entre les effets et les causes est évidente, et l'on peut dire de ces différents sujets : Ignatium sonant.

Mais, outre la relation intime que toutes ces particularités ont avec mon sujet, relation qui ne me permettait pas de les taire, je devais encore en parler pour les expliquer, et par là les justifier. J'ai dû surtout m'étendre sur le plan de l'Institut. Il a été si différemment jugé par ceux qui l'ignorent et par ceux qui le connaissent, qu'on peut lui appliquer ce qu'un ancien rapporte de l'opinion des deux philosophes Pythagore et Anaxagore sur le soleil : L'un le regardait comme un Dieu, Vautre comme %me pierre. Maxim. Tyr., serm. 9.

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