‹ Histoire de Saint Ignace de LoyolaChapitre 19 sur 31 · TOME ir · texte numérisé non relu

TOME ir

118 CINQtJIÉME PARTIE.

le cardinal de Burgos', qui nous protège tout spécialement en Notre-Seigneur, et qui m'a confirmé dans mon opinion par une parole qui n'est pas pour mon âme une médiocre consolation : « Dernièrement, me dit ce cardinal, je parlai de cette affaire avec quelqu'un qui s'oublia jusqu'à me dire : Le roi de Portugal paraît vouloir se soustraire à l'obéissance et au-ponvoir du pape. Je ne pus supporter une telle supposition, et je répliquai avec une vive indignation: Qui ose dire cela ? Quand le pape foulerait aux pieds le roi de Portugal, ce prince ne s'abaisserait jamais jusqu'à manquer d'obéissance au vicaire du Christ ! Pensez-vous donc que la nation portugaise soit semblable à la vôtre, et qu'il faille comparer notre roi à celui de la Grande-Bretagne, qui, avant sa séparation publique d'avec l'Églisej avait déjà passé à l'ennemi avec la moitié de son royaume? Ne vous arrêtez donc jamais à une telle pensée, au sujet d'un prince qui met si fort au-dessus de tout ses sentiments de religion et de piété chrétienne.» Voilà ce que m'a dit le cardinal.

« J'avais le désir d'écrire au roi, mais, outre mon indignité, il m'a semblé que ce serait inutile. Vous êtes là, cela doit me suffire : c'est à vous à lui témoigner, en notre nom à tous et au vôtre, notre profond respect pour sa personne. Mais, si vous jugez différemment, je ne veux rien omettre, en Notre-Seigneur, pour témoigner notre gratitude jusque dans les moindres choses, à un prince à qui nous avons tant et de si grandes obligations. »

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