‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 112 sur 351 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Un mot de Danton. — Le Comité de Salut public. — Première mission de Saint-Just. — Grandes mesures d'utilité générale et de salut public.

— Rapport de Barère. — La loi des suspects. — Rapport de Saint-Just.

— Le gouvernement révolutionnaire jusqu'à la paix. — La Terreur. —

Modération des amis de Saint-Just.

« Soyons terribles, faisons la guerr&en lions!» s'écriait Danton, dans la séance du 1er août 1793, en demandant à l'Assemblée d'ériger son Comité de Salut public en gouvernement provisoire. 11 y avait, en effet, une nécessité absolue, au moment où la France semblait si près de sa perte, d'imprimer aux moyens de défense une direction centrale et uniforme. Si la Convention, jalouse de son autorité, Robespierre en tête, ne consentit pas, ce

jour-là, à donner à son comité le nom de gouvernement, elle lui concéda, de fait, un immense pouvoir, augmenta de jour en jour ses attributions, et cessa de le renouveler afin que la marche des affaires ne fût pas compromise et l'unité rompue.

Ce second Comité de Salut public, qu'il ne faut pas confondre avec celui du mois d'avril, dont Cambon, Lacroix et Danton avaient fait partie, datait du 10 juillet. Composé d'abord des neuf membres suivants : Jean- Bon-Saint-André, Barère, Gasparin, Couthon, Thuriot, Saint-Just, Prieur (de la Marne), Hérault-Séchelles et Robert Lindet, il fut successivement porté à douze. Robespierre y était entré vers la fin du mois de juillet, à la place de Gasparin, sur la proposition de Jean-Bon-Saint- André ; Carnot et Prieur (de la Côte-d'Or) y furent appelés peu de jours après; enfin l'Assemblée y adjoignit plus lard Collot d'Herbois et Billaud-Varennes. Réduit à onze membres par la démission de Thuriot et par la mort de Hérault-Séchelles, il fut continué, de mois en mois, dans ses pouvoirs, sans renouvellement jusqu'au 9 thermidor, c'est-à-dire pendant une année environ.

Carnot et Prieur (de la Côte-d'Or) s'occupèrent plus particulièrement des affaires militaires; Jean-Bon-Saint- André eut dans ses attributions la marine. Qui ne sait avec quel zèle et avec quel talent ces grands hommes remplirent leur tâche! Les relations extérieures, la correspondance générale, la correspondance avec les départements et les représentants en mission furent confiées à Billaud-Varennes, à Barère, à Robespierre, à Collot d'Herbois et à Couthon; l'approvisionnement et les subsistances furent remis entre les mains de Robert Lindet et de Prieur (de la Marne); quant à Saint-Just, on le

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