‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 113 sur 351 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

chargea surtout des institutions et des lois constitutionnelles, qui avaient été l'objet des méditations de sa studieuse jeunesse.

Tel fut ce fameux comité, qui, ayant trouvé la République dans la situation la plus déplorable, la laissa grande, forte, victorieuse et respectée, quand il fut décapité, le 9 thermidor, dans la personne de ses plus illustres membresv

Saint-Just était à peine entré définitivement au comité, quand, le 18 juillet, il fut chargé par ses collègues d'une première mission : « Le Comité de Salut public de la Convention nationale charge Saint-Just , l'un de ses membres, de se rendre promptement dans les départements de l'Aisne, de l'Oise et de la Somme, pour y remplir un objet d'intérêt public. — Signé : Couthon, Thuriot, Saint-Just, Hérault-Séchelles, Gasparin, Barère, Prieur (1). »

Je n'ai trouvé aucun document officiel concernant cette mission ; elle fut, au reste, de très-courte durée, car, moins de dix jours après son départ, Saint-Just était de retour à Paris. Divers ordres de mise en liberté, à la date du 30 juillet, portent sa signature ; et, le même, jour il signait avec Prieur, Robespierre, Delamarre, Laignelot, Amar et Legendre, l'arrêté suivant : « Les Comités de Salut public et de Sûreté générale réunis arrêtent que Beffroi, député de l'Aisne, et Courtois, député de l'Aube, seront amenés sur-le-champ au Comité de Salut public pour être entendus. Le maire de Paris est chargé de l'exécution du présent arrêté (2). » Courtois avait été accusé de dilapidations; en thermidor, il se souviendra de cet arrêté.

(1) Archives nationales.

(2) Id.

Comme l'ascendant de Saint-Just fut considérable au sein du Comité de Salut public, comme il fut son rapporteur dans les occasions les plus difficiles, il est indispensable de rappeler sommairement ici les grandes mesures d'utilité générale et de salut public, adoptées par l'Assemblée, dans les deux mois d'août et de septembre, presque toujours sur la proposition de ce comité, mesures qui doivent lui mériter à tout jamais, ainsi qu'à la Convention, la reconnaissance des hommes.

Beaucoup d'entre nous ignorent, c'est fâcheux à dire, à qui revient de droit l'honneur de tant de belles institutions qui font la gloire de notre pays. Combien, sur la foi de quelques déclamateurs, chargent d'imprécations la période de quatorze mois connue sous le nom d'ère de la Terreur, sans se douter qu'au milieu des décrets de rigueur nécessités par les circonstances, elle a vu naître les lois les plus humaines et les plus utiles. C'est l'éternel sic vos nos vobis. Rendons à la Convention et au Comité de Salut public ce qui leur appartient, et que nos enfants sachent bien à qui doivent remonter leurs remercîments.

Nous avons déjà parlé de l'institution des écoles primaires, rappelons seulement ici une phrase du rapport de Lakanal : « L'instituteur portera dans l'exercice de ses fonctions, et aux fêtes nationales, une médaille avec cette inscription : Celui qui instruit est un second père. »

Dans la séance du 15 septembre 1793, le même Lakanal proposa et fit adopter l'établissement de trois degrés successifs d'instruction; le premier pour les connaissances indispensables aux artistes et aux ouvriers de tous les genres; le second pour les connaissances ultérieures, nécessaires à ceux qui se destinent aux autres professions de la société ; et le troisième pour les objets

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