LIVRE TROISIEME
ployez dans ce moment-ci toute l'énergie dont vous êtes capables. Il n'y aura pas de seconde campagne si l'Alsace est sauvée (1). »
La prise des lignes de Wissembourg était due à la désorganisation des troupes, au défaut d'ordre et de discipline qui s'était glissé dans leurs rangs; l'indiscipline des soldats tenait à la mauvaise conduite des chefs ; mille abus déplorables avaient envahi les diverses administrations de l'armée. Le mal était arrivé à un tel point, qu'il devait paraître sans remède. Saint-Just et le Bas vinrent à bout de ce qui était considéré comme impossible. « La situation des affaires n'est pas belle, à cette armée, écrivait le Bas à sa femme, nous ferons notre possible pour qu'elle change promptement. » Tout céda bientôt à leur inflexible volonté. Une commission militaire extraordinaire, composée de cinq membres, fut établie par eux au sein même de l'armée, à Saverne, où était le quartier général, « jusqu'à ce que l'ennemi soit repoussé, » dit l'arrêté, afin de réprimer les crimes, les désordres, les abus de toutes sortes; et l'arrêté suivant avertit les traîtres, les dilapidateurs et les malveillants que le jour de l'inexorable justice était arrivé :
« Les représentants du peuple envoyés extraordinairement à l'armée du Bhin, convaincus que la mauvaise administration, l'impunité des vols et les intelligences de l'ennemi avec les mauvais citoyens ont été l'une des causes des désastres de l'armée du Rhin; convaincus en même temps de la nécessité de punir promptement et sur les lieux, arrêtent ce qui suit :
(1) Presque toutes les lettres et arrêtés que nous citons sont tirés soit des archives de l;i guerre, soit des archives nationales.