‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 151 sur 351 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

» Le comité de surveillance est chargé de l'exécution du présent arrêté. »

Le comité de surveillance, chargé d'établir la répartition de l'emprunt, choisit parmi les riches ceux dont le civisme et l'attachement à la République étaient douteux. L'ancien maire Diétrich, qui jouissait d'une grande fortune, et dont la conduite avait déjà été l'objet d'un blâme public en 1790, sous la Constituante, fut taxé à la somme de trois cent mille livres. Sur les fonds provenant de cet emprunt, six cent mille livres furent immédiatement employées à soulager les patriotes indigents, les veuves et les enfants orphelins des soldats morts pour la cause de la liberté.

La contribution ne fut pas perçue sans résistance; beaucoup cherchèrent à s'en affranchir ; d'autres essayèrent de se libérer au moyen d'assignats démonétisés. En conséquence, le 16 brumaire, l'ordre de n'accepter en payement qu'une monnaie ayant cours fut enjoint aux receveurs par Saint-Just et le Bas, qui, le lendemain, pour effrayer les récalcitrants par un exemple, firent afficher cette proclamation :

« Les représentants du peuple arrêtent que le particulier le plus riche imposé dans l'emprunt des neuf millions, qui n'a point satisfait dans les vingt-quatre heures à son imposition, sera exposé demain, 18 du deuxième mois, depuis six heures du matin jusqu'à une heure, sur l'échafaud de la guillotine. Ceux qui n'auront point acquitté leur imposition dans le jour de demain, subiront un mois de prison par chaque jour de délai, attendu le salut impérieux de la patrie. »

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