‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 162 sur 351 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

Landau; bientôt, sans doute, il sera délivré; voilà le terme de notre mission ; tout nous invite à le hâter. Saint-Just est presque aussi empressé que moi de revoir Paris. Je lui ai promis à dîner de ta main. Je suis charmé que tu ne lui en veuilles pas; c'est un excellent homme; je l'aime et je l'estime de plus en plus tous les jours. La République n'a pas de plus ardent, de plus intelligent défenseur. L'accord le plus parfait, la plus constante harmonie ont régné parmi nous. Ce qui me le rend encore plus cher, c'est qu'il me parle souvent de toi et qu'il me console autant qu'il peut. Il attache beaucoup de prix, à ce qu'il me semble, à notre amitié, et il me dit, de temps en temps, des choses d'un bien bon cœur.

» Adieu, chère amie ; je vais écrire quelques lignes à Henriette. Je présume que vous vous aimez toujours bien. Quel trio charmant nous allons faire en attendant que la partie devienne plus nombreuse!... Pour Dieu, prends soin de ta santé. Adieu, ma chère femme; reçois l'assurance du tendre et invariable attachement de ton fidèle. Le Bas. »

Quelque temps après l'envoi de cette lettre, Saint-Just et le Bas, qui depuis six semaines n'avaient pas pris un seul instant de repos, demandèrent et obtinrent un congé de quelques jours. Tout était tranquille à Strasbourg : la contre-révolution vaincue à l'intérieur, l'ennemi tenu en échec au dehors, la confiance ranimée, l'espérance dans tous les cœurs : ils pouvaient s'absenter. Ils partirent donc et revinrent à Paris où les attendaient avec impatience, l'un sa femme, toujours inquiète et tremblante, l'autre sa fiancée, tout entière alors à ces beaux rêves d'avenir et de bonheur qui devaient bientôt disparaître comme un brillant et rapide éclair.

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