‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 174 sur 351 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

chef de la Moselle et du Rhin de concerter sans délai leur plan pour débloquer Landau; nous donnâmes à Pichegru le commandement du rassemblement. Les deux généraux conférèrent, en effet, et le lendemain la première attaque eut lieu. Le rassemblement fat victorieux. Nous espérions beaucoup de bien de l'accord qui semblait régner entre les généraux. Hoche était ardent et jeune; Pichegru, plus mûr, plus expérimenté; ses premiers ordres nous avaient valu un succès décisif. Hier, nous arrivons à Haguenau. Pichegru nous fait part d'un arrêté de Lacoste et Baudot qui donne le commandement en chef des deux armées de la Moselle et du Rhin à Hoche, qui l'a accepté.

» Pichegru nous communiqua les ordres en conséquence de Hoche. La circonstance était délicate; il a fallu, dans cet instant, ne se ressouvenir que de la patrie, apaiser l'amertume, ôter le découragement et prévenir les suites des passions qui s'élèvent en pareil cas. Nous agirons prudemment; nous partons de suite pour voir Hoche. Pourquoi, lorsque vous envoyez de vos membres pour surveiller l'exécution de vos plans, pourquoi, quand vous et nous sommes responsables, abandonnez-vous la patrie à l'exercice imprudent et léger du pouvoir? Vous n'ignorez pas que ceux qui ont détruit notre arrêté ignorent vos vues. Comptez sur nos cœurs; ils sont incapables de compromettre par une faiblesse l'intérêt public. Vous savez ce que vous avez à faire.

» Nous espérons que tout ira bien. Rendez justice à Pichegru, il a envoyé quinze mille hommes de son armée à Hoche; il lui a fallu avec le reste réparer les trahisons de Wissembourg. Il a fait une diversion vigoureuse, pendant que Hoche agissait avec le premier rassemblement. Faites connaître au plus tôt l'intention du

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