‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 175 sur 351 · II · texte numérisé non relu

II

Comité; nous ferons tout ce qui nous sera possible pour accorder toutes les passions; il est impossible que ce coup ne vienne pas d'une intrigue pour diviser et décourager des armées triomphantes. Souvenez-vous de presser les fournitures. »

Rappelons ici les belles paroles que Pichegru, si honnête alors, répondit à Saint-Just et à le Bas, au moment où ceux-ci lui témoignaient la crainte qu'il ne fût blessé d'être subordonné à un général plus jeune que lui et qu'il avait eu sous ses ordres : « Je n'ai qu'un chagrin, c'est que vous pensiez que cet événement puisse influer sur mon zèle à servir la République (1). »

Tant d'efforts et de dévouement ne tardèrent pas à être couronnés des plus immenses résultats. La nouvelle de la prise de Toulon, annoncée par les commissaires de la Convention, avait communiqué aux troupes une indicible ardeur. Le 6 nivôse, au matin, les deux armées de la Moselle et du Rhin, ayant au milieu d'elles les représentants Saint-Just, le Bas, Lacoste, Baudot et Denlzel, s'ébranlèrent aux cris mille fois répétés de Landau ou la mort! et commencèrent une furieuse attaque contre les lignes ennemies. Au retentissement des clairons et des tambours battant la charge, au bruit du canon et de la mousqueterie, se mêlaient, dominant la foudre, les accents de cette immortelle Marseillaise, ce chant éternel de la patrie en danger, qui, dans ces parages où elle retentissait si solennellement alors, s'était un jour échappée, comme un cri sublime, de la poitrine de Rouget de Lisle. Les commissaires delà Convention, le sabre a la main, donnaient à tous l'exemple de Fin- Ci) Moniteur du 18 pluviôse un m, n° (38,

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