II
d'engouement pour le despotisme militaire. Mais alors il fallait se battre pour la défense de la patrie, lutte sainte et a jamais sacrée ! et rien de ce qui fut nécessaire au triomphe de nos armées ne fut négligé par Saint-Just. Il n'omettait aucun détail : vivres, approvisionnements, munitions, comme cela se peut voir dans une note de lui, très-longue et insérée en entier dans les Mémoires de Barere, note où Saint-Just énumère les chiffres exacts des quatorze armées de la République, et fournit des renseignements sur nos principales places fortes.
Ainsi initié aux choses de la guerre, il pouvait donner des conseils aux généraux ; et ceux-ci ne dédaignaient pas de lui en demander. Dans les camps, sa sphère d'action se trouvait singulièrementélargie ; là, au moins, son loyal et impétueux patriotisme ne se heurtait pas contre les mille intrigues qui le désespéraient à Paris. Vers la fin de janvier, au moment où s'amoncelait l'orage prêt à fondre sur les hébertistes , il fut chargé d'une nouvelle mission par ses collègues, et le, 7 pluviôse, il partit avec le Bas pour l'armée du Nord.