‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 186 sur 351 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Première mission dans le Nord. — Saint-Just et le Bas a Lille, à Réunion-sur-Oise, à Maubeuge.— L'Anglais Faëding.— Il faut des armes! — Pichegru est nommé général en chef de l'armée du Nord. — Sa lettre aux Jacobins. — Le général Jourdan. — Lettre de Saint-Just au Comité de Salut public. — Le maître de poste de Saint-Pol. — Arrêté contre les ci-devant nobles. — Saint-Just et André Dumont.

Au commencement du mois de pluviôse de l'an n, la République était victorieuse partout, dans l'Ouest, au Midi, sur le Rhin, partout, excepté sur la frontière du Nord, où le sol français était encore foulé par les armées étrangères. Là cependant , comme ailleurs, nos troupes avaient accompli des prodiges; là, nos jeunes soldats avaient balancé la fortune de Brunswick, et battu les vieilles bandes de la Prusse et de l'Autriche. L'héroïque défense de Lille et la victoire d'Hondschoote les cou-

vraient d'une auréole que ne pouvaient effacer d'insignifiants revers. Mais, affaiblie par les renforts qu'on avait tirés de son sein pour les envoyer dans la Vendée et sur les bords du Rhin, désorganisée par l'intrigue et la trahison, l'armée du Nord était inactive depuis quelque temps, lorsque le Comité de Salut public jugea à propos d'y envoyer des commissaires habitués à mettre dans leurs proclamations la victoire à l'ordre du jour.

11 y avait alors à Lille le représentant du peuple Chasles, dont la conduite avait donné lieu à de nombreuses plaintes. Une députation de Lillois s'était rendue au sein de la Convention pour y dépeindre les dangers que courait la place, et demander qu'on y exerçât une active surveillance. Chasles fut rappelé. Comme il était encore malade des suites de blessures glorieuses, il fut décrété, sur la proposition de Couthon, que, pour concilier la justice avec l'humanité, les Comités de Salut public et de Sûreté générale prendraient toutes les mesures que nécessiterait son état physique, afin d'assurer son retour dans la Convention.

Saint-Just et le Bas arrivèrent à Lille le 10 pluviôse, par une neige effroyable. Là comme à Strasbourg, à un degré beaucoup moindre cependant, ils trouvèrent du mal à réparer et du bien à faire. De concert avec le représentant Florent Guyot, ils interdirent à toute personne, sous peine de six mois de détention, de se promener dans l'enceinte des fortifications , sinon pour cause de service. Us ordonnèrent que les portes de la ville fussent ouvertes à huit heures du matin et fermées à trois heures de l'après-midi , et ils enjoignirent aux membres du comité de surveillance de la ville d'être, à tour de rôle, de service aux portes, et d'accompagner les rondes de nuit. Ils arrêtèrent que les officiers qui ne

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