‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 198 sur 351 · II · texte numérisé non relu

II

la France ne traiterait pas les partisans de la tyrannie comme on traite, ailleurs, les partisans de la liberté. Il invoque alors le souvenir de Margarot, qui venait d'être déporté à Botany-Bay et dont les biens avaient été confisqués par le Parlement d'Angleterre, parce qu'il avait commis le crime de convoquer à Edimbourg une convention nationale.

« Que Margarot revienne de Botany-Bay ! s'écrie-il ; qu'il ne périsse point ! que sa distinée soit plus forte que le gouvernement qui l'opprime ! Les révolutions commencent par d'illustres malheureux vengés par la fortune. Que la Providence accompagne Margarot à Botany-Bay! qu'un décret du peuple affranchi le rappelle du fond des déserts ou venge sa mémoire ! On arrête en vain l'insurrection de l'esprit humain, elle dévorera la tyrannie. »

Rappelant ensuite les attentats renouvelés chaque jour contre la République, il examine si le temps de l'indulgence est venu, et déclare que la sévérité est commandée par la confiance même des ennemis de la Révolution.

« La première loi de toutes les lois, dit-il, est la conservation de la République... 11 est une secte politique, en France, qui joue tous les partis; elle marche à pas lents. Parlez-vous de la terreur, elle vous parle de clémence; devenez-vous clément, elle vous vante la terreur... Ainsi, dans un gouvernement où la morale n'est point rendue pratique par des institutions fortes qui rendent le vice difforme, la destinée publique change au gré du bel esprit et des passions dissimulées. Éprouvons-nous des revers, les indulgents prophétisent des malheurs; sommes-nous vainqueurs, on en parle à

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